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    Le mythe du pauvre francophone mis à mal par le Conference Board

    Les Québécois restent malgré tout moins nantis que les Canadiens

    Les francophones s’en tirent généralement mieux économiquement que les autres Canadiens dans chacune des provinces, conclut une étude.


    Les taux de chômage des francophones sont plus bas et leurs salaires sont plus élevés que la moyenne des Canadiens, constate un rapport de 61 pages dévoilé hier et commandé au Conference Board du Canada par le Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale. Cet « espace économique francophone canadien » présente, de plus, un « produit intérieur brut par habitant » supérieur à la moyenne dans chacune des dix provinces.


    Ainsi, la contribution économique moyenne attribuable à un Québécois ayant le français pour langue maternelle (36 400 $ par année en dollar de 2002) était plus élevée en 2006 que la moyenne québécoise (32 300 $). C’était vrai aussi, par exemple, du Franco-Ontarien (44 200 $, contre une moyenne ontarienne de 39 900 $), du francophone du Nouveau-Brunswick (34 000 $, contre 29 200 $) et du Franco-Manitobain (41 600 $, contre 32 700 $).

     

    Forte présence dans le secteur public


    Outre les différences en matière de chômage, cet écart favorable aux francophones tient aux secteurs industriels où ils se retrouvent le plus, disent les chercheurs. De manière générale, cette distribution est assez similaire à celle des autres Canadiens (31 % dans les industries productrices de biens, 69 % dans celle des services). On remarquait tout de même, en 2006, que les francophones étaient un peu moins présents dans les secteurs des mines et de l’extraction pétrolière et gazière, ainsi que dans le secteur des finances, de l’assurance et de l’immobilier. À l’inverse, ils occupaient une place un peu plus grande dans les secteurs manufacturiers ainsi que ceux des services publics et de l’administration publique. Ce dernier écart devenait beaucoup plus prononcé si l’on excluait le Québec du portrait, le secteur de l’administration publique comptant pour 11,5 % de « l’activité économique de l’espace francophone » hors Québec, contre une moyenne de 5,4 % dans le « reste du Canada».


    « La différence est peut-être attribuable au fait que bon nombre des emplois dans la fonction publique exigent la connaissance du français en plus de l’anglais, ce qui favorise la main-d’oeuvre francophone, disent les auteurs du rapport. En outre, étant donné les salaires relativement élevés de la fonction publique, il est possible que cette plus forte proportion de travailleurs francophones dans ce secteur explique, du moins en partie, la supériorité des revenus de la main-d’oeuvre francophone par rapport à l’ensemble des travailleurs. »

     

    Le poids dans le Canada


    Le poids économique global des francophones demeure néanmoins inférieur dans l’ensemble canadien, avec 19,5 % du produit intérieur brut du Canada pour 22 % de sa population. Cette apparente contradiction avec la tendance observée dans chacune des provinces prises individuellement s’explique par le fait que près de 80 % des Canadiens francophones se trouvaient au Québec en 2006 et que le revenu par habitant (32 300 $) y était toujours globalement inférieur à la moyenne canadienne (38 100 $).


    Les chercheurs estiment tout de même que le PIB de l’espace économique francophone s’élevait à 230,5 milliards en 2006. 120 milliards additionnels devraient y être ajoutés à titre de retombées économiques indirectes et induites. En matière d’emplois, il était question de 3,3 millions d’emplois directs et de 1,6 million d’emplois indirects.


    Le Conference Board se flatte d’avoir dressé « le tableau le plus complet jamais réalisé de l’apport économique direct de l’espace économique francophone au pays ». « Nous avons d’ailleurs été très étonnés de constater que ce travail n’a jamais été fait dans le passé », a observé Joanne Lefebvre, la présidente-directrice générale du Regroupement des gens d’affaires. « L’idée n’est pas de faire l’apologie de l’espace économique francophone, note-t-on dans l’étude, mais de montrer toute la complémentarité entre l’activité économique de [cet espace et de celle] de l’ensemble du pays. »

     

    Moins de chômeurs


    En matière d’emploi, les auteurs observent que le taux de chômage des francophones en 2006 était plus bas que la moyenne dans chacune des provinces, à l’exception du Nouveau-Brunswick. Les francophones affichaient, par exemple, un taux de chômage de 6,2 % au Québec, contre une moyenne provinciale de 7 %. Ces proportions étaient de 5,7 % contre 6,4 % en Ontario, de 4,8 % contre 6 % en Colombie-Britannique et de 3,7 % contre 4,3 % en Alberta.


    On remarque aussi que le PIB par habitant de l’espace francophone a crû « beaucoup plus rapidement » que dans l’ensemble du Canada entre 2001 et 2006.


    Le Conference Board rappelle cependant que la population francophone hors Québec avait stagné entre ces deux années.


    Le Québec comptait, au terme de cette période, 5,9 millions des 6,9 millions de Canadiens ayant le français pour langue maternelle. Il était suivi de très loin par l’Ontario (497 000 francophones) et le Nouveau-Brunswick (233 000). Venaient ensuite l’Alberta (63 000), la Colombie-Britannique (57 000) et le Manitoba (44 000).

     
     
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