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    Université Concordia - Et si la crise économique de 2008 avait aussi du bon…

    13 octobre 2012 |Claude Lafleur | Actualités économiques
    L’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia forme depuis peu une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs et investisseurs. Ces futurs gens d’affaires se considèrent comme avant tout responsables à l’égard des enjeux écologiques, sociaux et éthiques.

    «J’ai complété mes études de MBA il y a cinq ans et ce genre de préoccupation n’apparaissait pas sur le radar !, lance David Lank, assistant de recherche au Centre d’études David-O’Brien sur la durabilité des entreprises de l’École de gestion John-Molson. Il y avait bien un cours sur l’éthique et la gouvernance, poursuit-il, mais il n’y avait rien concernant la durabilité des entreprises. Or nous avons aujourd’hui affaire à une génération d’étudiants qui se préoccupent non seulement de faire des profits, mais aussi de s’y prendre de la bonne façon. C’est là un important changement que nous voyons poindre. »


    La durabilité des entreprises est le fait que, de nos jours, pour croître et prospérer, les entreprises doivent de plus en plus se préoccuper des conditions dans lesquelles elles sont actives, notamment leurs impacts écologiques et sociaux, ainsi que le bien-être de leurs employés.


    David Lank rapporte que diverses recherches réalisées un peu partout, à propos des facteurs de réussite pour les entreprises, montrent que plus celles-ci font preuve de responsabilité à l’égard des enjeux écologiques et sociaux, meilleur est leur rendement sur les marchés boursiers.


    C’est pourquoi, en 2009, l’école de gestion de l’Université Concordia a créé le Centre d’études David-O’Brien sur la durabilité des entreprises. Au cours des années 2000, relate M. Lank, « nous avons vu se développer un intérêt pour les questions de durabilité des entreprises. Nos étudiants désirent acquérir davantage d’habileté, de connaissances et de formation en ce domaine. On assiste donc à un changement, à un changement de génération dans la façon de faire des affaires et des profits. Il s’agit maintenant pour eux de se montrer responsables envers l’environnement et la société.»


    Tout se passe donc comme si, après les abus auxquels a mené la recherche du profit coûte que coûte durant les années 2000, une nouvelle façon de faire des affaires - plus rentable à long terme - est en train d’émerger.


    « Et on ne parle pas seulement de se préoccuper de l’environnement, poursuit David Lank. Bien sûr, les entreprises cherchent à réduire leur empreinte écologique, à utiliser moins d’énergie et de matières, à recycler, etc. - ce qui réduit leurs coûts - mais elles se doivent également de se préoccuper des enjeux sociaux et éthiques. Elles se doivent de considérer leurs impacts sur la collectivité où elles oeuvrent, de même que de se soucier de la santé, de la sécurité et du bien-être de leurs employés.»


    « C’est ainsi que nous observons que, pour obtenir de véritables résultats, il faut générer un lien affectif, poursuit-il. Et l’un des bons moyens de créer ce lien, c’est de passer par l’art. » Il peut s’agir, par exemple, d’installer des oeuvres d’art dans l’entreprise puisque, dans un bel environnement, on devient plus sensible à ce qui nous entoure. De même, un bel immeuble stimule la productivité des employés.

     

    Un MBA en durabilité des entreprises ?


    À titre de responsable de la recherche au centre O’Brien, David Lank s’occupe à la fois d’organiser la recherche universitaire et de développer de nouveaux programmes de formation. Ces derniers s’adressent autant aux étudiants réguliers qu’aux gens d’affaires et investisseurs qui viennent y suivre une formation spécialisée.


    « Nous offrons déjà des programmes en gestion de l’environnement et affaires durables, dit-il. Ainsi, l’an dernier, nous avons amorcé un programme de certification professionnelle en investissement durable qui s’adresse aux conseillers en investissement, aux gestionnaires de portefeuille, aux professionnels qui s’intéressent aux investissements rentables tout en étant respectueux de l’environnement. Nous développons actuellement un programme s’adressant aux professionnels de l’immobilier. On peut ainsi penser que des immeubles conçus en fonction de l’environnement, bien implantés dans leur collectivité, esthétiques et agréables pour ceux qui y travaillent, etc., devraient être de bons investissements. »


    « Par ailleurs, nous constatons que de plus en plus de gens qui oeuvrent dans l’industrie minière désirent transformer leur secteur en une activité plus durable, poursuit David Lank. En collaboration avec eux, nous sommes en voie de développer une formation de gestion durable de l’industrie minière. Nous observons que de plus en plus de gens oeuvrant dans différents secteurs viennent nous voir afin qu’on assemble pour eux des formations sur la durabilité de leur secteur. »


    Le centre O’Brien cherche en outre à sensibiliser davantage la communauté des affaires de Montréal à l’importance de prendre en compte les facteurs de durabilité dans la poursuite de leurs activités.


    Et qui sait, poursuit-il, peut-être un jour prochain l’École John-Molson offrira-t-elle des diplômes en durabilité des entreprises ? « C’est quelque chose que nous examinons, rapporte-t-il. Il y a déjà des écoles de gestion au Canada qui offrent de tels diplômes. C’est une tendance qui devient de plus en plus présente, et nous, au centre O’Brien, nous participons à l’aventure ! »













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