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    Rendez-vous Québec-Europe - L’économie verte prépare «son» libre-échange

    «On n’attend pas la signature de l’accord pour mettre en relation des intervenants européens avec nos entrepreneurs»

    13 octobre 2012 |Etienne Plamondon Emond | Actualités économiques
    Les entreprises œuvrant dans différents secteurs de l’économie verte, comme l’efficacité énergétique, la valorisation des matières résiduelles et le traitement des sols et de l’eau, sont directement concernées par l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Les entreprises œuvrant dans différents secteurs de l’économie verte, comme l’efficacité énergétique, la valorisation des matières résiduelles et le traitement des sols et de l’eau, sont directement concernées par l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.
    Devant l’imminence d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, la grappe de technologie propre Écotech Québec a pris les devants. Les 3 et 4 octobre derniers, elle a organisé le Rendez-vous Québec-Europe 2012 pour jouer les entremetteurs entre des grappes européennes et des entrepreneurs québécois dans le secteur de l’économie verte.

    Les entreprises dans le secteur des technologies vertes sont directement concernées par l’accord de libre-échange de « nouvelle génération » entre le Canada et l’Union européenne (UE). Pierre Marc Johnson, négociateur du Québec, a expliqué, lors de l’exercice de transparence tenu à Montréal le 5 octobre, que l’accord « permettra d’établir des liens forts entre le Canada et l’UE afin de promouvoir et faire avancer la protection de l’environnement, notamment dans la facilitation et la circulation des produits écologiques, ce que ne fait pas l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui a passé sous silence cette dimension de la production des technologies de l’environnement ».


    Deux jours plus tôt, lors du Rendez-vous Québec-Europe 2012, Denis Leclerc, le président et chef de la direction d’Écotech Québec, a concédé, lors d’une entrevue avec Le Devoir, qu’« il y a toujours des menaces et des occasions propices » par suite de ce type d’exercice. Dans les couloirs du Palais des congrès de Montréal, pendant que des grappes technologiques de l’Allemagne, de l’Autriche, du Danemark, de l’Espagne et de la Finlande présentaient leur marché et leurs projets à l’intérieur d’une salle, il a expliqué que c’est pour cette raison qu’il avait planifié ce Rendez-vous. « On n’attend pas la signature de l’accord pour mettre en relation des intervenants européens avec nos entrepreneurs d’ici, afin de justement créer ces liens et de pouvoir profiter le plus rapidement possible de cet accord, si jamais il est ratifié. »


    D’autant plus que le Canada espère conclure un accord d’ici la fin de l’année 2012, avant que l’UE n’amorce des négociations semblables avec les États-Unis en janvier 2013.


    Malgré la crise de la zone euro, de grands pans de l’économie verte, comme l’efficacité énergétique, la valorisation des matières résiduelles et le traitement de l’eau, semblent se poursuivre en Europe, a indiqué Denis Leclerc, rassuré après avoir consulté ses collègues européens à ce sujet.


    Cette nouvelle l’a même réjoui, puisque les matières résiduelles et l’efficacité énergétique ont été identifiées comme des niches où le Québec possède des avantages concurrentiels sur la scène internationale, selon une étude de Deloitte publiée en mars dernier. D’ailleurs, le Finlandais Tom Sangder, directeur de BMH Technology, a confié, lors de son passage à Montréal, qu’il veut déterminer si des partenariats dans la transformation des matières résiduelles sont possibles avec des entreprises d’ici, puisqu’il vient tout juste d’ouvrir une centrale électrique alimentée par des déchets à Lahti.

     

    Vers l’Europe


    Alain Proulx, directeur général d’Export Québec, a souligné au sujet des exportations québécoises que « l’Europe est prioritaire en matière de technologie propre et les technologies propres sont prioritaires en matière d’entreprises qu’on veut mettre de l’avant ». La stratégie du gouvernement du Québec à l’égard de l’Europe cible déjà la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Belgique pour maximiser les résultats économiques dans le domaine des technologies vertes.D’ailleurs, un article du quotiden The Globe and Mail publié le 9 octobre dernier révélait que 52 % des revenus des entreprises canadiennes de technologies propres provenaient du marché de l’exportation.


    Plusieurs aspects soulevés dans les pourparlers entre le Canada et l’UE préoccupent les entreprises de technologies vertes. Au premier chef, les marchés publics.


    Dossier-charnière dans l’accord de libre-échange, il s’agit aussi d’un marché ciblé par Écotech Québec. Dans une autre étude réalisée par Deloitte en avril dernier, les marchés publics étaient pointés comme « un outil de dynamisation […] particulièrement adapté au contexte des technologies propres ».


    Les gouvernements, ministères, municipalités, organismes publics et parapublics, avec un marché qui avoisine les 29 milliards de dollars au Québec, peuvent jouer un rôle important dans la mise à l’essai et la démonstration de certaines nouvelles technologies, accélérer l’adoption de certaines innovations dans l’ensemble de la société, permettre aux PME du domaine d’atteindre une taille critique et contribuer à donner une vitrine sur le marché international.


    Denis Leclerc est revenu sur les innovations québécoises dans la transformation des matières résiduelles en énergie. « Peut-être qu’on n’en vendra pas beaucoup au Québec, puisque l’énergie et l’électricité sont moins en demande ici par rapport à d’autres pays, reconnaît-il. Mais si on fait la démonstration de cette technologie ici, ça devient une plateforme incroyable pour nos entreprises afin de faire rayonner leurs innovations. »


    Dans l’exercice de transparence tenu le 5 octobre, il a été décortiqué qu’environ 11 milliards de dollars du marché public québécois seraient accessibles aux entreprises européennes. Mais Denis Leclerc ne semblait pas s’inquiéter de voir ce marché québécois s’ouvrir aux entrepreneurs du Vieux Continent. « Les innovateurs vivent dans un milieu de concurrence continuelle. Ça vient parfois stimuler davantage l’innovation lorsqu’on a de la concurrence. »

     

    Partenariats européens


    Il lorgne plutôt du côté des partenariats possibles sur le territoire de l’UE. Des collaborations d’affaires pourraient selon lui se nouer autour de grands projets mobilisateurs mis en branle dans certains pays. Par exemple, les importants besoins de décontamination dans certaines régions de l’Europe pourraient devenir un terreau fertile pour l’expertise québécoise dans ce domaine, croit M. Leclerc.


    Un autre point majeur dans les négociations entre le Canada et l’UE touche particulièrement les entreprises innovantes : la propriété intellectuelle. « C’est important de […] démontrer qu’on peut protéger la propriété intellectuelle plus facilement et, à l’inverse, que nos entreprises, quand elles arrivent avec une technologie verte en Europe, puissent être rassurées et que ce soit plus facile de faire enregistrer leur propriété intellectuelle », a insisté Alain Proulx. Il espère par la même occasion que ces démarches déboucheront sur une meilleure harmonisation dans l’attribution des différentes certifications. « Je pense que, au niveau de nos entreprises, ça va être encore plus important qu’elles se familiarisent davantage avec des stratégies - parce que cela peut être stratégique, la propriété intellectuelle - de façon à pouvoir non seulement sécuriser leurs avoirs, mais aussi à les faire valoir », a prévenu de son côté M. Leclerc.


    Finalement, les discussions sur la mobilité de la main-d’oeuvre préoccupent aussi. Denis Leclerc a souligné que plusieurs membres d’Écotech Québec accueillent des chercheurs provenant de l’étranger. « Cela représente des coûts pour l’entreprise. Si la gestion de la mobilité de la main-d’oeuvre ressemblait à ce qu’on a présentement entre le Québec et la France, ce serait beaucoup plus simple pour nos entrepreneurs. Les échanges et les partenariats pourraient probablement croître grâce à cette mobilité de la main-d’oeuvre ». M. Proulx a aussi exprimé son espoir de voir cet accord de libre-échange inciter des investisseurs européens à développer des fonds au Québec pour financer des entreprises partenaires avec celles de l’UE.













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