Développement international Desjardins - Dans les années 1970, c’était le Burkina Faso
«Chacune de nos interventions s’adapte au contexte»
En ouverture, quelle est la mission et quelles sont les valeurs de DID ? « Notre finalité et notre expertise se retrouvent dans le développement de l’accès aux services financiers dans les pays en développement, ce qu’on appelle aujourd’hui la finance inclusive, soit de faire en sorte que l’ensemble des populations aient un accès à des services financiers formels qui soient réglementés et supervisés », souligne Anne Gaboury.
Une approche, précise la grande patronne de DID, qui s’inscrit dans une démarche « d’intercoopération et de partages d’expertises stratégiques et pertinentes, en collégialité avec les acteurs du Sud, pour qu’ils puissent développer leurs propres institutions financières ». Certes, mais est-ce que tout cela a porté fruit ? « Écoutez, on travaille tous les jours à tenter de réussir quelque chose de concret. Et aujourd’hui nous avons des partenaires dans le cadre d’un réseau coopératif qui ont profité de l’appui du Mouvement Desjardins. »
Interventions
En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes. DID et ses dizaines de partenaires, parmi lesquels on retrouve l’Agence canadienne de développement international, la Banque africaine de développement, la Banque interaméricaine de développement et l’Organisation internationale du travail, sont présents dans une vingtaine de pays. Une présence internationale qui touche 8,8 millions de familles par l’entremise de 2514 points de services. Les actions de DID et ses partenaires ont, avec le temps, engendré des actifs de 3,1 milliards de dollars, un volume d’épargne de 2,41 milliards de dollars et un volume de prêts de 2,46 milliards de dollars. Le crédit moyen offert est de 507 $.
On notera aussi au passage que Développement international Desjardins, basé à Lévis, peut compter sur une équipe de plus de cent employés, dont une trentaine sont postés à l’étranger (Sénégal, Tanzanie, Bénin et Haïti, entre autres). Cela dit, le défi de DID, fondé en 1970, est de mettre à la disposition de ses partenaires sur le terrain une expertise de pointe qui couvre toutes les dimensions associées à la microfinance. À ce titre, DID s’appuie sur quatre axes d’intervention : structurer l’industrie, protéger l’épargne des déposants, professionnaliser et pérenniser les institutions et élargir la portée des services financiers.
Un vaste réseau
L’action principale de DID repose sur la mise sur pied de réseaux de coopératives d’épargne et de crédit, et ce, dès ses débuts, raconte Anne Gaboury. « Nos premières interventions ont été faites dans les années 1970 au Burkina Faso. On est allé dans les collectivités pour rencontrer les gens en leur demandant s’ils étaient prêts à se donner une caisse populaire. Il fallait donc leur expliquer ce qu’était une caisse populaire, il fallait trouver les leaders de la collectivité, puis convaincre les gens de mettre leur épargne dans cette institution financière. Et, par la suite, accorder des prêts à la collectivité. » Et aujourd’hui, ajoute Mme Gaboury, « il y a au Burkina Faso un grand réseau, appelé le Réseau des caisses populaires du Burkina, qui dessert plus de 1,6 million d’individus membres [sur une population active de cinq millions de personnes]. C’est un réseau qui est par ailleurs entièrement autosuffisant et qui est possédé et géré par les Burkinabés. »
Or l’apport de DID à ce réseau prend aujourd’hui une autre forme. « Aujourd’hui, on les appuie en mettant sur pied un centre financier pour les entreprises », fait remarquer Mme Gaboury.
La contribution de DID peut s’exprimer d’une autre manière. À titre d’exemple, il y a la mise sur pied d’un régime d’assurance agricole indexé au Sri Lanka, qui a reçu l’appui financier du Fonds pour l’innovation en microassurance du Bureau international du travail. Ce projet vise à offrir et à rendre accessible aux fermiers sri-lankais un produit novateur en assurance agricole qui permet la mitigation des risques associés aux conditions météorologiques défavorables. À maturité, cette initiative pourrait venir en aide à près de 60 000 fermiers. « Notre premier champ d’intérêt, rappelle Mme Gaboury, est l’épargne et le crédit. Mais les besoins sont élargis, on travaille aussi à développer des produits d’assurance et cela montre bien que chacune de nos interventions s’adapte au contexte. »
Si le déploiement des actions et des services conduits par DID et ses partenaires à l’échelle planétaire semble bien se porter, il existe toutefois une embûche qui est récurrente, admet Anne Gaboury. « En fait, les coopératives font encore face à des préjugés. Les gens ont la perception que le modèle coopératif est un vieux modèle, alors que, au contraire, c’est un modèle qui est contemporain et pertinent. C’est un modèle d’affaires et de développement. »
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