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    Le Québec sur le point de redevenir un producteur de lithium

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	Le lithium entre dans la composition des piles utilisées notamment pour les ordinateurs portables.</div>
    Photo: Yan Doublet - Le Devoir
    Le lithium entre dans la composition des piles utilisées notamment pour les ordinateurs portables.

    L’entreprise minière Nemaska Lithium espère se lancer sous peu dans une production québécoise de lithium, une ressource de plus en plus recherchée pour nourrir la demande mondiale effrénée de téléphones cellulaires et d’ordinateurs portables. Les résultats d’une évaluation économique préliminaire publiée mardi indiquent d’ailleurs que le projet situé à l’ouest de Chibougamau pourrait générer des revenus de 4 milliards de dollars sur une vingtaine d’années.


    « Notre objectif est de continuer à progresser vers la mise en production en complétant une étude de faisabilité qui devrait être disponible vers la fin de l’année », a résumé Guy Bourassa, président et chef de la direction de l’entreprise. Une fois en exploitation, le projet Whabouchi devrait permettre de créer environ 300 emplois pour deux décennies.


    Car contrairement à plusieurs autres projets miniers actuellement en développement au Québec, Nemaska Lithium a décidé de procéder à une deuxième transformation de sa production ici. En fait, on prévoit construire un concentrateur près du site d’extraction. La production sera ensuite transportée, à partir de Chibougamau, par voie ferrée vers une usine chimique qui sera construite à Valleyfield.


    C’est là que seront produits le carbonate de lithium et l’hydroxyde de lithium. La demande est forte pour ces deux produits, puisqu’ils sont utilisés dans la fabrication de piles pour les téléphones cellulaires, les ordinateurs portables ou encore les voitures hybrides et électriques. Autant de marchés qui connaissent des croissances fulgurantes, notamment dans les puissances émergentes. Selon les données les plus récentes, la production de batteries avec lithium a augmenté de 20 % par année de 2000 à 2011, dépassant les batteries de type nickel-cadmium sur le marché. La demande pour l’hydroxyde de lithium dans l’industrie devrait croître à un rythme de 30 % par année entre 2012 et 2020 pour atteindre 42 000 tonnes en 2020.


    Sur les marchés, l’hydroxyde de lithium se transigeait entre 7500 $ et 8000 $ la tonne en 2010. Les analystes prévoient que les prix devraient se maintenir au cours des prochaines années et dépasser les 10 000 $ la tonne en 2020. Nemaska estime pouvoir en produire 366 000 tonnes sur une période de 18 ans. Les principaux clients de l’entreprise devraient d’ailleurs se situer en Asie. Son premier actionnaire est chinois, selon les données du registre des entreprises du Québec.


    En raison de la demande planétaire et des projets en développement - dont un deuxième pour Nemaska -, « le Québec est en voie de devenir un joueur important dans le secteur du lithium sur la scène mondiale », selon M. Bourassa.


    Très favorable au développement minier, le gouvernement Charest avait accordé, plus tôt cette année, un soutien financier pouvant aller jusqu’à 60 millions de dollars à l’entreprise minière ontarienne Canada Lithium, qui se prépare à exploiter un très important gisement de lithium au nord de Val-d’Or. L’entreprise estime qu’elle produira pas moins de 20 000 tonnes de carbonate de lithium chaque année, soit l’équivalent de 12 % de la production mondiale.


    Selon les documents de la minière, les réserves prouvées et probables totalisent 17 millions de tonnes. Au prix actuel du marché, cette ressource minérale qui appartient en théorie aux Québécois pourrait donc atteindre une valeur brute de quelque 100 milliards de dollars. Mais pour le moment, la production prévue sur 15 ans pourrait avoir une valeur brute de 1,8 milliard de dollars. Les coûts totaux pour la mise en route de la mine et la construction d’une usine de traitement s’élèvent à 207 millions. La mine devrait employer 200 personnes.


    Le potentiel minier du site que compte exploiter Canada Lithium était déjà connu depuis des décennies. Une mine a d’ailleurs été en exploitation de 1955 à 1965. À l’époque, le lithium était surtout vendu aux États-Unis comme métal « stratégique ». Il était notamment utilisé par l’industrie militaire. La chute de la demande et des prix a forcé la fermeture de la mine. L’arrivée de la technologie portative a ravivé l’appétit des investisseurs.


    Le Canada ne compte qu’une seule mine de lithium en activité. Elle est située au Manitoba. Trois autres compagnies projettent d’extraire du lithium en utilisant la méthode de fracturation par l’eau salée dans une région de l’Alberta située à environ 200 kilomètres à l’ouest d’Edmonton.


    En juillet dernier, un rapport indépendant commandé par Environnement Canada révélait que la réglementation environnementale au Canada tire de l’arrière devant la ruée mondiale vers le lithium. Le règlement sur les effluents des mines de métaux ne régit pas spécifiquement chacune des substances qui peuvent se retrouver dans la nature à partir de l’exploitation minière ou du traitement du lithium et de métaux du groupe des terres rares, souligne le rapport. Il indique que les règles actuelles ne sont pas précisément conçues pour gérer l’aspect écologique de ces procédés miniers.













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