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Le casse-tête financier se complique encore

Pauline Marois devra composer avec une croissance au ralenti, mais elle garde le cap sur l’équilibre budgétaire à atteindre en 2013-2014

La première ministre Pauline Marois a pris rapidement des décisions ayant des incidences budgétaires importantes. Elle savait déjà que le gouvernement précédent lui laissait un trou de 800 millions, mais, lundi, les nouvelles données sur la croissance ont montré que le fossé s’élargissait encore, peut-être jusqu’à 450 millions.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre Pauline Marois a pris rapidement des décisions ayant des incidences budgétaires importantes. Elle savait déjà que le gouvernement précédent lui laissait un trou de 800 millions, mais, lundi, les nouvelles données sur la croissance ont montré que le fossé s’élargissait encore, peut-être jusqu’à 450 millions.
0,8% La croissance au Québec au deuxième trimestre sur une base annualisée est, pour le moment du moins, bien inférieure à la prévision sur laquelle Raymond Bachand avait fondé son budget.

800 millions, c’est le montant que le ministre libéral des Finances a dit qu’il manquait pour boucler le budget pour l’année en cours. Mais ce chiffre est modéré, s’il faut en croire le gouvernement Marois.

450 millions, c’est le montant supplémentaire que le nouveau ministre des Finances, Nicolas Marceau, pourrait devoir trouver pour terminer l’exercice financier si la croissance n’est pas au rendez-vous.

 

Une croissance économique plus faible que prévu fait gonfler l’impasse financière à laquelle fait face le gouvernement Marois et qui dépasse désormais le milliard.

 

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié lundi les données sur la croissance économique au Québec au deuxième trimestre de l’année. Elle s’est établie à 0,8 % sur une base annualisée. Pour le premier semestre de l’année, cette croissance n’a été que de 0,6 %. Or le dernier budget présenté par Raymond Bachand tablait sur une croissance annuelle de 1,5 %, une moyenne des prévisions des économistes des institutions financières.


Tout écart de 1 point entre la croissance réelle et la prévision sur laquelle est basé le budget signifie un manque à gagner d’environ un demi-milliard. L’écart actuel laisse entrevoir une impasse financière qui pourrait se situer entre 300 et 450 millions par rapport au budget 2012-2013.


Cette somme s’ajoute au dépassement dans les dépenses du gouvernement de l’ordre de 800 millions que Raymond Bachand a révélé il y a dix jours. La première ministre, Pauline Marois, a même indiqué jeudi dernier que le dépassement des dépenses dans les ministères était supérieur à cette somme, sans donner de détails.


Selon l’économiste de l’ISQ Richard Barbeau, il est pratiquement impossible que la croissance économique rejoigne d’ici la fin de l’année les prévisions budgétaires. « Ça prendrait un miracle », a-t-il dit.


Les économistes des institutions financières ont tous revu à la baisse leurs prévisions pour le Québec. Ainsi, l’économiste principal de la Banque Nationale, Marc Pinsonneault, a ramené la prévision de croissance à 0,9 % pour l’année. Et encore faut-il que l’économie reprenne du mieux au cours des deux derniers trimestres. « Ce n’est pas sûr », estime l’économiste. Il suffirait que les entreprises diminuent leurs stocks pour que la situation se détériore. « On se croise les doigts. C’est du domaine du faisable, mais c’est une prévision avec un risque de révision à la baisse. »


Cette croissance poussive est due à la faiblesse de la consommation personnelle. L’économiste note d’ailleurs que la dernière hausse de la taxe de vente du Québec (TVQ) a eu pour effet de ralentir l’ardeur des consommateurs. La croissance de la demande intérieure est due avant tout aux investissements des entreprises, des administrations publiques et à la construction résidentielle, a relevé Marc Pinsonneault.


Rappelons que le dernier budget Bachand contenait une réserve pour éventualités de 300 millions pour pallier notamment une croissance économique plus faible que prévu. Mais, déjà, le dépassement des dépenses constaté en cours d’année est plus important que dans les dernières années alors qu’il pouvait s’élever à 500 ou 600 millions.


Malgré tout, Pauline Marois, tout comme le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a donné l’assurance que le nouveau gouvernement atteindrait impérativement l’équilibre budgétaire pour l’exercice 2013-2014, comme s’y était engagé le précédent gouvernement.


Toujours privé d’attaché de presse, Nicolas Marceau n’a pas réagi, jeudi, à la diffusion des dernières données économiques de l’ISQ.

 
 
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