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    Pétrochimie - Une industrie qui n’est plus ce qu’elle était…

    Les procédés industriels ont transformé le paysage des raffineries dans l’est de Montréal

    8 septembre 2012 |Claude Lafleur | Actualités économiques
    Le domaine des procédés industriels a d’une certaine façon peu changé, tout en s’étant radicalement transformé.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le domaine des procédés industriels a d’une certaine façon peu changé, tout en s’étant radicalement transformé.
    Au Québec, le domaine des procédés industriels se transforme du tout au tout. Jadis dominé par la grande industrie pétrochimique - les fameuses raffineries de l’est de Montréal -, voilà qu’aujourd’hui, ce secteur industriel est devenu un vaste éventail de PME en tous genres. Ainsi, certaines traitent et recyclent nos « matières résiduelles » (autrefois appelées déchets domestiques et industriels), tandis que d’autres relèvent du secteur des énergies nouvelles.

    Pour Éric Larrivée et Éric Quilleré, les transformations qu’a connues l’industrie pétrochimique en ont fait un secteur très vivant qui offre une foule d’emplois diversifiés.


    « La chimie des années 1970, qui était très simple et qu’on pouvait effectuer de façon manuelle, est totalement révolue, déclare Éric Quilleré. La chimie d’aujourd’hui nécessite des automatismes poussés qui vont bien au-delà de ce que j’avais appris il y a quinze ans. Il serait impossible de faire la chimie moderne sans l’automatisation complète des procédés. »


    Tous deux oeuvrent à l’Institut des procédés industriels du collège de Maisonneuve, où l’on forme les techniciens qui font fonctionner les installations de production industrielle. « L’Institut existe depuis 1990, indique Éric Larrivée, conseiller pédagogique. À l’époque, elle a été fondée à l’initiative des entreprises de pétrochimie et de raffinage. On y donnait alors qu’un programme : technique de procédés chimiques. Puis, au tournant des années 2000, on en a ajouté d’autres. » C’est ainsi qu’à présent, l’institut offre quatre grands programmes : procédés chimiques, procédés nanométallurgiques, procédés biologiques et chimiques ainsi qu’automatisation industrielle. Notons qu’à l’origine, l’Institut des procédés industriels s’appelait Institut de chimie et de pétrochimie. Il a changé de nom il y a deux ans, « afin de refléter ce qu’on fait réellement », précise le conseiller pédagogique.

     

    « Un métier vraiment intéressant ! »


    Le travail de technicien en production industrielle consiste à faire fonctionner des installations de production de matières et de produits dits chimiques. « C’est très valorisant de se dire qu’on est en train de contrôler un procédé qui vaut 5 millions et que notre petite équipe de quatre personnes produit pour des millions de dollars à l’heure, illustre Éric Quilleré. Il y a une valorisation immense à travers cela, c’est un métier vraiment intéressant ! »


    Après avoir « bourlingué durant une quinzaine d’années » dans l’industrie, ce dernier enseigne depuis un an à l’Institut le contrôle et l’opération des procédés industriels. « Nous montrons à nos étudiants comment être de bons opérateurs, dit-il, à opérer de façon sécuritaire tout en étant productifs. » Soulignant que la plupart de ses collègues comptent une bonne dizaine d’années en entreprise, il précise ainsi que « nous avons une expérience, un vécu qu’on tente de transmettre à nos étudiants afin d’éviter qu’ils ne passent par les chemins ardus qu’on a nous-mêmes traversés ».


    L’un et l’autre rapportent toutefois que le domaine des procédés industriels a d’une certaine façon peu changé tout en s’étant radicalement transformé. « Les tours de distillation, les échangeurs, les pompes, la tuyauterie… tous les principes de l’écoulement des fluides et des gaz restent les mêmes, relate M. Quilleré. En fait, on utilise les mêmes équipements que dans une raffinerie, sauf qu’ils sont plus petits et adaptés aux PME. »


    De son côté. M. Larrivée ajoute qu’« auparavant, la carrière en procédé industriel était ciblée vers la chimie lourde, la pétrochimie et le raffinage, tandis qu’à présent, les étudiants visent davantage les PME qui offrent des emplois plus diversifiés. Toutefois, à la base, la formation que l’on offre demeure la même pour les deux types d’entreprises. »


    « Lorsque je suis sorti de l’Institut, il y a une quinzaine d’années, on rêvait tous de travailler pour l’industrie lourde, se rappelle Éric Quilleré. On pensait à Shell, à Pétro-Canada, aux grandes entreprises… Les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus ce rêve, puisque l’industrie lourde a pratiquement disparu. Aujourd’hui, on voit des sociétés plus petites qui recourent à de nouvelles technologies, comme le traitement des biomasses, des entreprises où ils vont travailler avec la matière qui les intéresse. »

     

    Le Québec, un futur leader ?


    Ils rapportent aussi que, malgré la disparition des raffineries, c’est étonnamment le plein-emploi dans ce secteur. « Nos étudiants n’ont pas de difficulté à se placer, relate le conseiller pédagogique. On a actuellement des offres d’emploi comme on n’en a jamais eu dans des entreprises de pointe. Nous sommes en ce moment dans une très belle période. »


    « Il y a une demande générale constante, puisqu’il y a un bon nombre d’entreprises », ajoute l’enseignant. En outre, c’est un domaine où il y a beaucoup de baby-boomers sur le point de prendre leur retraite. « Je dirais donc que pour les six ou sept prochaines années, la demande risque fortement d’être supérieure à ce que nous serons capables de fournir. »


    « Nous pourrions d’ailleurs recruter bien davantage d’étudiants, enchaîne Éric Larrivée. On est nettement en deçà de notre capacité d’accueil parce que, entre autres, il existe une certaine aura négative autour de ce secteur d’activités - la pétrochimie et le raffinage, c’est sale ! dit-on -, ce qui n’est vraiment pas le cas ! »


    Il souligne même que de jeunes entreprises s’emploient à développer de nouveaux procédés. « Il s’agit d’entreprises comme Éthanol Greenfield, Enerchem ou Kruger Énergie qui exploitent des procédés souvent tout à fait uniques, procédés qui pourraient même devenir la norme dans les prochaines années. Et je crois bien qu’au Québec, on devrait devenir un leader dans le domaine. »


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