Les hôtels lancent un cri d’alarme
Les négociations avec la CSN traînent, affirme la partie patronale
Relativement discrètes depuis le début des pourparlers avec les syndicats de leur secteur, trois associations hôtelières se sont inquiétées de l’état des négociations lundi en affirmant qu’un certain nombre de tables observent des reculs plutôt que des progrès.
Dans une lettre commune, l’Association des hôteliers du Québec (AHQ), celle de Québec et celle de Montréal écrivent que « les pourparlers s’étirent depuis plusieurs semaines » tandis que « les moyens de pression s’intensifient ».
Au total, 35 hôtels doivent renouveler leur convention collective avec quelque 5500 employés dans plusieurs régions du Québec. De ce nombre, deux hôtels ont convenu d’une entente avec leurs travailleurs.
« Il semble y avoir un manque d’urgence du côté de la CSN à faire avancer les choses », a affirmé lors d’un entretien un porte-parole de l’AHQ, Nicolas Korfage. « En fait, il y a une semaine ou deux, ça allait très bien, mais là, ils reviennent sur des choses qui étaient réglées. On croit qu’ils ont des intentions, qu’ils préparent des grèves. »
Trois conflits ont jusqu’ici éclaté. Les employés de l’hôtel Espresso (80 personnes) et du Holiday Inn Sinomonde (environ 100) sont en lockout. Au Hyatt Regency du Complexe Desjardins (environ 300 employés syndiqués), la situation est plus complexe : une décision de la Cour a récemment interdit aux employés d’utiliser le mot « lockout » tandis que la direction évoque plutôt une grève.
« On comprend mal leur sortie », a déclaré le porte-parole du secteur de l’hôtellerie à la Fédération du commerce de la CSN, Michel Valiquette. « Ça fait 25 ans qu’on négocie de manière collective. C’est la huitième ronde de négociation coordonnée. Ils ont accepté ça les sept dernières fois et on a quand même conclu des ententes. »
Les négociations portent sur des demandes à la fois locales et communes. Elles concernent notamment les salaires, la participation de l’employeur au régime de retraite et la protection des emplois.
Lors de la dernière série de négociations, un seul lockout avait été décrété, soit celui du Holiday Inn à Longueuil.
« Aucun hôtelier n’a intérêt à voir traîner les négociations. On ne peut demeurer silencieux devant cette stratégie », a écrit le vice-président exécutif à l’Association des hôteliers du Grand Montréal, William Brown. « La CSN prend en otage non seulement des clients, mais aussi plusieurs hôteliers qui ne sentent aucune ouverture pour régler. Plusieurs employés qui ne désirent pas de moyens de pression se sentent aussi impuissants devant la situation. C’est sans compter l’impact négatif pour l’industrie touristique qui connaît déjà une saison difficile. »
La partie patronale a affirmé qu’il est insensé pour les syndicats de vouloir faire du « copier-coller » avec les demandes auprès de plusieurs hôtels puisque les conditions financières ne sont pas toujours les mêmes d’un établissement à l’autre.
« Le coût d’une augmentation de salaire de 3 % n’est pas le même selon le taux horaire déjà
Les salaires des préposées aux chambres oscillent entre 14 $ et 20 $, selon les porte-parole patronaux. La CSN ne nie pas qu’il puisse y avoir des différences d’un hôtel à l’autre, mais M. Valiquette a dit que « les revenus varient aussi, alors c’est pour ça qu’on fonctionne avec des demandes en pourcentage ».








