L’action de Facebook est au plus bas
New York - L’action de Facebook a plongé à son plus bas niveau jeudi depuis son entrée en Bourse en mai, à l’expiration de la période pendant laquelle certains actionnaires majoritaires ne pouvaient céder leurs titres.
Parmi ces détenteurs susceptibles de délester leur portefeuille de titres du site de réseautage se trouvent des groupes comme la banque Goldman Sachs, le p.-d.g. de la société de jeux en ligne Zynga, Mark Pincus, ou les membres du conseil d’administration de Facebook James Breyer, Peter Thiel et Reid Hoffman. Si plusieurs d’entre eux décident de vendre leurs actions, le titre de Facebook pourrait décliner encore davantage car lesmarchés seraient inondés d’un flot d’actions de près du deux tiers plus importants. Pour sa part, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, devra attendre jusqu’en novembre pour pouvoir se défaire de ses titres.
Le cours de la société californienne n’a cessé de dégringoler depuis mai pour atteindre jeudi environ 48 % de sa valeur initiale de 38 $US. À la clôture jeudi, l’action se trouvait à 19,88 $US, en recul de plus de 6 % par rapport au cours de clôture de la veille.
Sur les 1,91 milliard de titres supplémentaires qui pourraient se retrouver sur le marché dans les prochains mois, 271 millions étaient débloqués à compter de jeudi.
Jeudi, la capitalisation boursière de Facebook tombait à environ 42,5 milliards contre une valorisation maximale de 104 milliards, toutes options d’achat d’actions comprises, lors de son introduction en mai. De très loin le numéro des réseaux sociaux avec plus de 955 millions de membres, Facebook était entré en Bourse le 18 mai en mettant sur le marché 421 millions d’actions, au cours d’une opération ayant permis de lever 16 milliards $, l’une des plus grosses jamais enregistrées aux États-Unis.
Pour le spécialiste des réseaux sociaux Lou Kerner, « tout cela n’est que du bruit. Ça ne change rien aux données de bases du groupe », insiste-t-il. « Le grand problème des investisseurs est de voir comment Facebook va réussir à amener sa based’utilisateurs de l’ordinateur jusqu’au téléphone mobile, et pour notre part, nous sommes très confiants dans la capacité du groupe de gérer cette transition. »
Plus critique, Trip Chowdhry, de Global Equities Research, juge que « les actions [de Facebook] ne devraient valoir que 10 à 13 $US », au vu des difficultés auxquelles est actuellement confronté le groupe pour monétiser sa base d’utilisateurs. Pour l’analyste, le réseau social fait face à quatre problèmes majeurs : en devenant si gros, Facebook n’est plus aussi privé et exclusif et n’assure plus la même liberté et le même respect de la vie privée qu’auparavant, ce qui pousse les utilisateurs à échanger moins d’informations.
En outre, le retour sur investissement pour les publicitaires choisissant Facebook reste incertain. Par ailleurs, Facebook ne dispose toujours pas de la technologie pour monétiser l’activité de ses utilisateurs. Enfin, l’analyste pointe le début d’une « fuite des talents » du groupe vers d’autres sociétés.








