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Bell promet 80 millions pour la programmation au Québec

Toute la nouvelle création télé en français sera dirigée par Astral, affirme l’entreprise

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	Ian Greenberg, le président et chef de la direction d’Astral</div>
Photo : La Presse canadienne (photo) Frank Gunn
Ian Greenberg, le président et chef de la direction d’Astral
Alors que ses concurrents craignent que son projet d’acquisition d’Astral lui donne trop d’influence dans le monde des médias, Bell a répliqué mercredi en promettant un nouvel investissement de 80 millions pour la programmation au Québec.

Le diffuseur, qui veut acheter Astral pour 3,38 milliards, a également affirmé que le développement du contenu de langue française sera « entièrement dirigé » par l’équipe d’Astral.


Cet engagement survient une semaine après que Québecor, Cogeco et Eastlink eurent demandé à Ottawa de bloquer la transaction sous prétexte qu’elle procurerait à Bell un trop grand contrôle sur ce qu’écoute et regarde le consommateur.


Le marché québécois - au sein duquel Québecor est un joueur important - en est un « où une réelle concurrence et un regain d’innovation se font attendre depuis longtemps », a déclaré le président de Bell, George Cope.


La société, qui a besoin de l’autorisation du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) pour avaler Astral, a indiqué que celle-ci va augmenter son budget de création de contenu francophone de 5 % par année.


Annoncé en grande pompe au mois de mars, le projet d’acquisition d’Astral a donné lieu à une guerre de relations publiques où les parties s’accusent tour à tour de vouloir devenir trop influentes ou de se plaindre le ventre plein.


Québecor, Cogeco et Eastlink ont martelé leur message à coups de pleines pages de publicité dans les journaux. Entre autres, les trois entreprises laissent entendre qu’un client de Bell qui souhaiterait s’abonner à une chaîne pourrait être forcé de payer pour d’autres chaînes qu’il ne veut pas vraiment.


Ces propos plantent déjà le décor pour les audiences du CRTC, qui doivent commencer le 10 septembre.


Un nouveau joueur s’est ajouté récemment : Telus. Selon le fournisseur de téléphonie sans fil, la fusion mènerait à une concentration « sans précédent » en plus de livrer à Bell 49,5 % du marché de la télé de langue anglaise. Mais les chiffres ne font pas l’unanimité. Bell et Astral ont affirmé mercredi que leur part de ce créneau s’élèverait à 33,5 %, un chiffre que Québecor et Cogeco estiment erroné et trop bas.


Bell possède une trentaine de chaînes spécialisées et plus de 30 stations de radio. De son côté, Astral, dirigée par Ian Greenberg, compte 22 chaînes spécialisées et payantes, dont 8 se classent parmi les plus populaires au Québec, comme Canal Vie, Canal D et Vrak. Aussi, Astral exploite plus de 80 stations de radio dans une cinquantaine de marchés canadiens (NRJ, Rouge FM, Virgin Radio), une centaine de sites Web et près de 10 000 panneaux d’affichage.


Bell affirme par ailleurs qu’elle et Astral auront 24 % du marché de la télé française au Québec. À ce chapitre, Bell s’est de nouveau permis mercredi de critiquer Québecor pour la position que ce dernier détient déjà.


« Il s’agit d’une part moins élevée du marché francophone que celle détenue par Québecor, depuis longtemps le joueur dominant des médias et du câble au Québec, qui contrôle 30 % du marché. La transaction Astral-Bell contribue, enfin, à égaliser les forces dans ce marché », a écrit Bell.


Lorsque Bell a révélé ses intentions au mois de mars, un analyste avait déduit qu’un des facteurs ayant motivé la décision de Bell est celle-ci : l’entreprise estime plus simple d’acheter Astral que de continuer à être un simple revendeur de ses chaînes spécialisées.


D’autres groupes ont également manifesté leur opposition à la transaction, dont l’Union des consommateurs et Option-consommateurs.

 
 
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