Dans l’achat d’Astral - Telus s’oppose à Bell
Telus joint sa voix aux télédiffuseurs s’opposant à l’achat d’Astral Media par Bell. Aux yeux du principal concurrent de Bell dans le marché des télécommunications au Canada, cette transaction de 3,4 milliards annoncée en mars provoquerait une trop grande concentration dans l’offre de contenu. Telus s’en remet au CRTC et rappelle que Bell est déjà « la plus grande entreprise de communications et de médias verticalement intégrée au pays ».
Québecor, Cogeco et Eastlink avaient déclenché les hostilités la semaine dernière en demandant au CRTC et au Bureau de la concurrence de « barrer la route à l’acquisition d’Astral par Bell », en dénonçant la nature anticoncurrentielle de cette transaction. Telus en a rajouté ce mardi en soulevant « le risque que poserait une concentration de marché sans précédent dans le secteur de la télédiffusion sur les consommateurs canadiens ». Le principal concurrent de Bell en télécommunication a déposé une soumission au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes. Il a également donné son appui à la coalition « Dites non à Bell », lancée la semaine dernière : « Telus se joint à la discussion et s’oppose à l’achat d’un des plus importants derniers groupes indépendants de télévision au Canada. »
Riche en contenu
Bell est déjà riche en contenu avec, notamment, CTV, TSN et RDS. Astral viendrait enrichir son offre de contenu francophone, avec un réseau abritant 22 chaînes spécialisées et payantes, dont huit figurant parmi les plus populaires au Québec, telles Canal Vie, Canal D et Vrak. Sans oublier un univers radiophonique composé de 84 stations. Selon Telus, si l’on tient compte de Teletoon et de Maple Leafs Sports Entertainment, détenues en coentreprises, Bell exercerait sa mainmise sur 49,5 % de l’auditoire de la télévision diffusée en langue anglaise. « La possibilité d’abus est réelle et le risque envers les consommateurs est important », a martelé Telus. « Sans mesures de protection appropriées, les consommateurs pourraient bientôt être confrontés à une augmentation des frais et à une réduction de sélection télévisuelle. »
La semaine dernière, Bell avait réagi à l’offensive de Québecor et de Cogeco en parlant de « campagne de désinformation » orchestrée par des concurrents inquiets. Le géant canadien a plutôt estimé qu’avec Astral, sa part de l’auditoire canadien serait de 33,5 % pour la télévision anglophone et de 24 % pour la télé francophone, soit sous la limite de 35 % imposée par le CRTC. Bell avait également fait ressortir la position dominante de Québecor au Québec en soutenant que « même après la transaction, Québecor détiendra toujours 30 % de l’auditoire francophone ».
Après l’achat d’Astral, « Québecor sera encore plus grosse, mais tout simplement moins dominante ». Les audiences prévues par le CRTC doivent débuter à Montréal le 10 septembre.








