Une aide d’urgence aux banques espagnoles pointe à l’horizon
Officiellement, le gouvernement espagnol est en vacances, mais en coulisses les négociations continuent.
Le ministère de l’Économie a admis hier qu’il travaillait avec Bruxelles à l’octroi anticipé d’une aide pour Bankia et les autres banques nationalisées, Novagalicia, CatalunyaCaixa et Banco de Valencia, au bord du gouffre financier.
Mais il n’a fixé aucune date alors que le journal El País affirme qu’une aide d’urgence aux banques devrait survenir « dans les prochains jours ».
« Nous travaillons à une demande d’injection de fonds dans Bankia. Il y a une somme de 30 milliards d’euros et l’option d’une injection anticipée. Nous travaillons à cela pour Bankia et les autres banques nationalisées », ont déclaré les services du ministère à l’AFP.
Mais « les délais sont ouverts », ont-ils ajouté. La Bourse de Madrid anticipait cette demande, le titre de Bankia terminant sur un bond de 24,44 %, dans un marché en baisse de 0,84 %.
Reste que la Commission européenne n’a pas « reçu à ce stade de demande d’activation de l’aide d’urgence dans le cadre du programme d’assistance financière aux banques » espagnoles, a déclaré Olivier Bailly, un porte-parole de l’exécutif européen. Or, ce type de demande devrait être approuvé par la Commission, la Banque centrale et la zone euro, précise-t-on à Bruxelles.
Interrogé sur le délai nécessaire, M. Bailly a indiqué que « cela dépendrait de la nature de la demande, du montant, de la réaction d’autres acteurs, les États membres et la Banque centrale européenne », évoquant « plusieurs jours ou une à deux semaines ». L’annonce en mai du sauvetage public historique d’un coût de 23,5 milliards d’euros de Bankia, née en 2010 de la fusion de caisses d’épargne espagnoles, a précipité un plan d’aide européen au secteur qui croule sous plus de 150 milliards de créances douteuses issues de l’éclatement de la bulle immobilière en 2008.
Ce plan de 100 milliards d’euros maximum prévoit une première enveloppe de 30 milliards qui devait être mise de côté fin juillet afin de parer à toute urgence pendant l’été.
Mais les montants précis dont auront besoin les banques ne seront connus qu’après la publication des résultats d’un audit à la rentrée.
En échange, Madrid a dû accepter de strictes conditions pour son secteur bancaire placé sous haute surveillance, et bien au-delà.
Le gouvernement a annoncé vendredi un plan, exigé par Bruxelles, prévoyant 102 milliards d’euros d’économies d’ici à 2014 pour réduire le déficit public de 8,9 % du PIB en 2011, à 6,3 % cette année.
Pour l’heure, le gouvernement espagnol refuse tout nouveau tour de vis s’il devait se résoudre à une demande de sauvetage plus large.
Le chef du gouvernement Mariano Rajoy « est pressé de toutes parts mais il ne veut pas aller trop vite », a indiqué mardi une source diplomatique européenne. La veille, M. Rajoy avait reçu un appel téléphonique du président américain Barack Obama sur la crise de la dette.
« Il considère que tout ce qu’il a présenté, y compris le budget 2013-2014, les efforts de consolidation budgétaire, la réforme du marché du travail et [les conditions associées à] l’aide aux banques, correspond déjà à un mémorandum », a relevé cette source.
Des analystes « pronostiquent que finalement le gouvernement espagnol va solliciter l’aide des fonds de secours européens », est-il écrit dans une note de Link Analysis. Elle entraînerait, selon ce cabinet d’analyses, « une intervention de ces fonds et de la BCE sur les marchés de la dette pour mettre une fois pour toutes fin aux taux d’intérêt exorbitants » auxquels est confrontée l’Espagne pour se financer.








