Après Aveos - Air Canada s’attend à économiser
La compagnie ira de l’avant en 2013 avec son transporteur à bas tarifs
Le transporteur, qui a dévoilé hier les résultats de son deuxième trimestre terminé fin juin, a annoncé lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers qu’il est proche d’une « entente à long terme » avec six fournisseurs qui s’occuperont de la totalité de ses 205 avions.
« Ces nouvelles ententes négociées à des tarifs de marché devraient donner lieu à des économies significatives, bien que nous ne puissions pas encore en évaluer l’ampleur », a dit aux analystes le président d’Air Canada, Calin Rovinescu.
Aveos, filiale d’Air Canada jusqu’en 2007 lorsque le transporteur s’en est départi dans une transaction de 700 millions, a fermé ses portes subitement le 19 mars. Sur les quelque 2600 employés à Montréal, Winnipeg, Vancouver et Toronto, environ 1500 travaillaient au sein de cette division d’entretien de fuselages qu’aucune autre société n’a voulu racheter.
Affaires difficiles
Quand la direction d’Aveos a fait son annonce par communiqué, elle a affirmé que les affaires étaient devenues difficiles, entre autres à cause des volumes de travail « incertains » que lui confiait Air Canada, son principal client. Le transporteur a toujours affirmé avoir honoré toutes les obligations et les contrats. Des trois principales divisions d’Aveos (carlingues, composantes et moteurs), seule celle faisant l’entretien de composantes a été reprise par un acheteur intéressé. Il s’agit de la société britannique AJ Walter Aviation. Le prix de la transaction, qui a été sousmise récemment à un juge de la Cour supérieure pour approbation, demeure sous scellé.
La direction a par ailleurs indiqué lors de la conférence téléphonique qu’elle a obtenu il y a seulement neuf jours l’autorisation pour aller de l’avant avec son projet de transporteur à bas tarifs, prévu l’an prochain. M.Rovinescu ne s’est pas avancé dans les détails, mais il voit là une occasion de « pure croissance ».
Pour Air Canada, les derniers mois n’ont pas été de tout repos. Le deuxième trimestre terminé fin juin s’est conclu par une perte nette de 96 millions, deux fois plus que la perte de 46 millions enregistrée à pareille date en 2011.
« Les activités ont été touchées défavorablement par des conflits de travail en mars et en avril 2012, facteur qui s’était traduit dans l’immédiat par un fléchissement des réservations des voyages au départ du Canada. Notre marque a du ressort et nous sommes encouragés de voir les tendances en matière de réservations revenir à la normale », a dit la compagnie.
Les conflits de travail ont opposé Air Canada à ses 8600 mécaniciens, bagagistes et agents de fret, mais aussi à ses 3000 pilotes. Ces derniers craignent notamment l’intention d’Air Canada de mettre sur pied un transporteur à bas taris. Après des mois de négociations et de médiation, les deux causes se sont retrouvées en arbitrage.
« Nous sommes maintenant en mesure de nous concentrer davantage sur nos quatre priorités qui sont la clé de notre transformation, à savoir la mise à profit de notre réseau mondial, la transformation des coûts, l’engagement auprès de nos clients et le changement de culture », a affirmé Calin Rovinescu.
La direction d’Air Canada a dit hier que les finances ont aussi souffert de la fermeture d’Aveos, car cela a eu un impact direct sur le nombre d’avions disponibles et, par conséquent, sur les revenus. La compagnie, qui peine à revenir aux profits, croit même qu’elle aurait réalisé un profit n’eût été les conflits de travail et d’Aveos.
Les revenus de l’entreprise ont atteint 2,99 milliards au cours du deuxième trimestre, comparativement à 2,92 milliards l’an dernier.
Par ailleurs, Air Canada est en discussions avec le gouvernement fédéral au sujet de son régime de retraite qui est présentement sous-financé. La compagnie veut davantage de temps - 10ans - pour régler le problème.








