Renouvellement des conventions collectives - Un autre hôtel décrète un lock-out
«De notre point de vue, c’est une mauvaise stratégie»
Le renouvellement des conventions collectives dans le monde de l’hébergement a ceci de particulier qu’il implique 35 syndicats représentant 5500 employés à Montréal, à Québec, en Estrie, en Montérégie et en Outaouais. Les demandes sont à la fois locales et communes.
« Aucune table [sur les 35] ne s’approche d’un règlement », a dit le porte-parole du secteur de l’hôtellerie à la Fédération du commerce (CSN), Michel Valiquette, lorsque Le Devoir l’a invité à estimer la vitesse des progrès.
« Je ne sais pas si [les lockouts] sont une stratégie de l’employeur visant à nous intimider ou s’ils pensent qu’on va rentrer au travail au rabais, mais de notre point de vue, c’est une mauvaise stratégie », a-t-il dit.
« Ils sont arrivés aux tables de négociations avec des demandes de recul importantes concernant des gains qui ont été réalisés en 2008 et en 2005, notamment au chapitre des garanties d’heures et des statuts de temps plein. Ça nous ferait reculer de 25 ans, a déclaré M. Valiquette. À certains hôtels, c’est 35 ou 40 demandes de recul. »
Il a été impossible d’obtenir les commentaires du gérant de l’hôtel Holiday Inn Sinomonde, situé à l’entrée du quartier chinois, et de l’Association des hôtels du grand Montréal (AHGM).
Le Holiday Inn Sinomonde compte une centaine de travailleurs, comparativement à environ 300 au Hyatt Regency, qui est situé au Complexe Desjardins.
Il y a quelques jours, l’AHGM, qui compte 77 membres, a publié ses plus récentes données d’occupation et affirmé qu’elle vient de traverser son pire mois de juillet depuis la crise financière qui sévissait en 2009. En entrevue avec The Gazette, son vice-président, William Brown, a déclaré que le mois a été « désastreux », un mot repris « par quelques gérants d’hôtels ».
Selon les données reprises par le quotidien, le taux d’occupation serait en baisse de 12,5 % par rapport à 2011, tandis que le revenu par chambre aurait diminué de 14,5 %. M. Brown a estimé que plusieurs facteurs sont à l’oeuvre, dont un dollar fort, un euro faible, une année électorale aux États-Unis et les conséquences des manifestations étudiantes.
Demandes syndicales
Les demandes globales des syndicats ne sont pas publiques, mais selon des tracts qui ont circulé au printemps, il s’agissait à l’époque d’une hausse salariale de 5 % par année pendant trois ans, d’une meilleure protection des emplois et d’une amélioration de 2 % de la contribution des employeurs au régime de retraite des employés.
En ce qui concerne le Holiday Inn Sinomonde, la CSN affirme que l’employeur veut « mettre fin à la garantie de huit heures de travail, ce qui entraînerait plus de précarité pour les employés ».
Récemment, l’Association des hôteliers du Québec (AHQ) a écrit sur son site Web que le climat n’est pas toujours idéal et qu’elle déplore les « gestes » des employés de certains hôtels.
« Que ce soit des arrêts de travail, le vacarme dans les lobbys d’hôtels ou la distribution de documents de mauvais goût aux clients, ces moyens de pression sont déplacés et certains vont trop loin, a écrit Danielle Chayer, la directrice générale de l’AHQ. Ces gestes peuvent avoir un impact très néfaste sur l’achalandage, non seulement des hôtels concernés mais aussi sur l’ensemble de l’industrie au Québec. »
Les conventions qui ont récemment pris fin étaient d’une durée de quatre ans, ce qui constituait une première lors des signatures en 2008, car elles étaient auparavant de trois ans.
En 2008, la ronde de négociations avait été marquée par des grèves sporadiques - dont quelques-unes de nature générale illimitée -, mais par un seul lockout, soit au Holiday Inn de Longueuil.
Ce dernier s’était étiré sur plus d’un an avant que les parties n’en viennent à une entente grâce à l’intervention d’une conciliatrice.








