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Davantage d’emplois mais... - Le chômage aux États-Unis grimpe à 8,3%

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	À la recherche d’un emploi en Californie</div>
Photo : Paul Sakuma Associated Press
À la recherche d’un emploi en Californie

Washington - Guettés avec attention à trois mois de la présidentielle, les chiffres de l’emploi aux États-Unis publiés hier ont en apparence dessiné un paradoxe : le pays a créé en juillet bien plus d’emplois que prévu, mais cela n’a pas empêché une légère hausse du taux de chômage.


Prenant de nouveau pour cible le bilan de son rival démocrate Barack Obama, le candidat républicain à la Maison-Blanche, Mitt Romney, a aussitôt déclaré que la hausse du taux de chômage, passé de 8,2 % en juin à 8,3 % en juillet, était un « coup de marteau » pour les classes moyennes, tout en se gardant de commenter les créations d’emplois. Le président Obama lui a répliqué en défendant son action, tout en reconnaissant que « trop de gens étaient encore à larecherche d’un travail » et qu’il restait « beaucoup à faire » pour les aider. « Nous savions, quand j’ai commencé ce travail, que cela prendrait du temps. Nous n’avons pas eu à nous remettre d’une crise d’une telle ampleur et si douloureuse depuis les années 1930 », a-t-il poursuivi.


L’économie américaine a créé en juillet 163 000 emplois de plus qu’elle n’en détruisait, enregistrant une forte poussée par rapport au mois précédent (64 000) et dépassant de loin la prévision médiane des analystes (100 000), selon le rapport mensuel du département du Travail. Ce bond n’a toutefois eu aucun effet sur le taux de chômage, qui a atteint son plus haut niveau depuis février, alors même que la population active reculait.


Au total, les États-Unis comptent désormais 13,8 mllions de chômeurs, 100 000 de plus que le mois dernier.


Plus d’emplois et plus de chômage ? Ce paradoxe, qui s’explique en partie par des différences de bases statistiques entre les deux données, a laissé certains spécialistes sans réponse. « C’est dur de comprendre vraiment ce qui se passe, a commenté l’économiste indépendant Joel Naroff. Les entreprises embauchent davantage, mais c’est le taux de chômage que tout le monde regarde, et sa hausse ne va rien faire de bien pour la confiance. »


Dans leur ensemble, les économistes se sont pourtant montrés relativement optimistes. « Enfin une bonne nouvelle pour le marché de l’emploi », note Harm Bandholz, d’Unicredit, pour qui les créations d’emploi « posent les bases d’une reprise de la consommation des ménages » et d’une accélération de la croissance au second semestre.Dans le détail, l’emploi privé a augmenté en juillet dans la quasi-totalité des grands secteurs d’activité, notamment dans les services et la production de biens durables.


Le secteur public, qui supprime des postes de manière quasi continue, en a détruit 9000 en juillet.


« Ce rapport éloigne les craintes que les États-Unis puissent se diriger vers une récession […] mais les incertitudes sur la croissance économique, la crise de la zone euro […] ou l’élection fournissent de nombreuses raisons d’être prudents », commente Nigel Gault, du cabinet IHS Global Insight.


Alors que la croissance américaine tourne au ralenti depuis fin 2011, les regards se tournent désormais vers la banque centrale américaine, qui a assuré mercredi qu’elle surveillerait « de près » l’évolution du chômage pour décider si elle doit actionner de nouvelles mesures de soutien à l’économie.

 
 
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