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L’hypothèse du sauvetage de l’Espagne gagne du terrain

Malgré les propos rassurants de la BCE jeudi, qui ont soulagé dans l’immédiat les tensions des marchés, l’hypothèse d’un sauvetage global de l’économie espagnole, minée par le chômage et la récession, gagnait du terrain vendredi, en dépit des dénégations du gouvernement.


« Il n’y aura pas de sauvetage, ce n’est pas envisagé », a répété à plusieurs reprises la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, après le Conseil des ministres. Dès mercredi, le quotidien El Economista évoquait pourtant un plan d’aide de 300 milliards d’euros, qui permettrait à l’Espagne de financer ses déficits au moins pendant un an et demi. Cette somme s’ajouterait à l’aide financière déjà promise par l’Eurogroupe pour les banques, dont le montant pourrait atteindre 100 milliards.


L’accord sur cette aide n’a pas suffi à apaiser les marchés et il a fallu, jeudi, des déclarations du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, pour faire enfin retomber les tensions. « Il suffisait de quinze mots de [Mario] Draghi », se réjouissait hier le journal ABC, El Mundo saluant ses « paroles magiques », alors qu’il s’est dit prêt à tout pour préserver l’euro.


« Draghi a clairement indiqué que la BCE ne va pas laisser perdurer la situation actuelle des taux obligataires, c’est-à-dire des coûts de financement, des pays du sud de l’Europe qui sont à des niveaux insoutenables à moyen terme, ce qui fait que ces pays, dans la pratique, n’ont plus accès aux marchés », souligne la maison de courtage Link Securities, en référence à l’Espagne et l’Italie. De quoi « donner un ballon d’oxygène aux marchés financiers dans les prochaines semaines », ajoute-t-elle.

 

Liquidités


La BCE laisse entrevoir « la possible réactivation du programme d’achat de dette souveraine ou de nouvelles injections de liquidités », estiment les analystes de Bankinter, qui préviennent : « Ces paroles sont positives, mais nous pensons qu’il est préférable d’attendre les faits ».


«Les tensions du marché pourraient encore s’accentuer et menacer l’accès au marché» du pays, s’est aussi inquiété hier le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport annuel sur l’Espagne, appelant à une action européenne pour apaiser ce climat.


Alors que le gouvernement, semblant chercher des soutiens, multiplie les contacts avec ses partenaires en Europe, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont fait un geste hier en se disant « déterminés à tout faire pour protéger » la zone euro, une déclaration qui a fait grimper les Bourses européennes. Selon le communiqué qui fait suite à un entretien téléphonique entre le président et la chancelière, la France et l’Allemagne sont fondamentalement attachées à l’intégrité de la zone euro. Elles sont déterminées à tout faire pour la protéger et réaffirment la nécessité d’une mise en oeuvre rapide des conclusions du conseil européen des 28 et 29 juin. M. Hollande et Mme Merkel désirent que les États membres, comme les institutions européennes, chacun selon ses prérogatives, doivent remplir leurs obligations à cette fin.

 
 
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