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Le FMI s’inquiète des «nouveaux signes de faiblesse»

La grande patronne du FMI, Christine Lagarde, à l’occasion d’une conférence la semaine dernière à Bangkok.
Photo : Agence France-Presse Nicolas Asfouri La grande patronne du FMI, Christine Lagarde, à l’occasion d’une conférence la semaine dernière à Bangkok.

Le Fonds monétaire international (FMI), qui avait relevé ses prévisions de croissance mondiale en avril, les a légèrement abaissées hier, invoquant de « nouveaux signes de faiblesse » notamment en zone euro et aux États-Unis.


« Dans les trois derniers mois, la reprise mondiale, qui n’était déjà pas très forte, a montré de nouveaux signes de faiblesse », estime le FMI dans une mise à jour de ses perspectives économiques mondiales.


Évoquant un « léger recul » par rapport à avril, le Fonds table désormais sur une progression du PIB mondial de 3,5 % (-0,1 point) en 2012 et de 3,9 % (-0,2 point) en 2013, et continue de mettre en garde contre de nouveaux « risques de dégradation » de la situation économique. Déflorée début juillet par la patronne du FMI, Christine Lagarde, cette révision n’est pas une surprise, mais elle recèle une subtilité : les estimations du Fonds étant arrondies, la nouvelle prévision pour 2012 est en apparence identique à celle d’avril.


Sans surprise, le FMI concentre ses inquiétudes sur ce qu’il nomme « la périphérie de la zone euro » : la Grèce, sous assistance financière internationale, et l’Espagne, à qui l’institution prédit désormais une deuxième année de récession d’affilée en 2013. Le Fonds montre du doigt « l’incertitude croissante et politique en Grèce, les problèmes du secteur bancaire en Espagne et les doutes sur la capacité des gouvernements à mettre en oeuvre les réformes ».


Lors d’une conférence de presse hier, les responsables du Fonds ont encore insisté sur les « risques » posés par les pays du sud de d’Europe. « Le principal risque est évident : que les cercles vicieux en Espagne et Italie deviennent plus forts, que la production baisse encore plus que maintenant, et que l’un de ces pays ne puissent plus se financer sur les marchés », a déclaré Olivier Blanchard, directeur du département recherche au FMI. « Les conséquences d’un tel événement pourraient aisément faire dérailler la reprise mondiale », a-t-il ajouté.

 

Assouplissement de la politique monétaire


Pour l’ensemble de la zone euro, la prévision reste inchangée cette année (-0,3 %) mais se dégrade pour 2013 (+0,7 % contre 0,9 % attendu il y a trois mois). La France n’échappe pas à une révision de -0,1 point en 2012 (+0,3 %) et de -0,2 point l’année prochaine (+0,8 %). Pour renverser la situation, le Fonds exhorte les dirigeants à agir sans « retard » et assure, à l’intention la Banque centrale européenne (BCE), que « la politique monétaire peut encore être assouplie » dans la zone euro.


Braquant son regard outre-Atlantique, le Fonds a également fait part de sa préoccupation sur ce qu’il est convenu d’appeler le « mur budgétaire » aux États-Unis : fin 2012, des réductions d’impôts doivent expirer en même temps qu’entreront en vigueur des baisses de dépenses publiques. En l’absence d’accord politique sur ce « fiscal cliff », « la croissance américaine pourrait caler l’année prochaine, avec des retombées significatives pour le reste du monde », s’inquiète le Fonds qui revoit légèrement à la baisse ses prévisions pour les États-Unis (2 % en 2012 ; 2,3 % en 2013).


Pour compléter le tableau, le FMI estime également que le « potentiel de croissance » pourrait être moins fort que prévu dans les pays émergents, et abaisse en conséquence ses prévisions pour la Chine et surtout l’Inde en 2012 et en 2013.


Au rayon peu garni des bonnes nouvelles, le FMI se réjouit que les prix du pétrole aient chuté « ces derniers mois » et que les risques géopolitiques qui pesaient sur la production de brut semblent avoir « décliné ».


***
 

 

Le Canada s’en tire bien


Le FMI prévoit une croissance au Canada de 2,1 % cette année et de 2,2 % en 2013 — des résultats qui seraient supérieurs à ceux de plusieurs autres pays industrialisés.

Cette prévision est en deçà des évaluations précédentes de la Banque du Canada d’une croissance de 2,4 % pour les deux années, mais plusieurs s’attendent à ce que la banque centrale révise à la baisse ses projections, aujourd’hui, à une annonce prévue sur les taux d’intérêt.
 

Dans un nouvel énoncé global, le FMI appelle bon nombre de pays à amplifier leurs politiques économiques à la lumière de ce que l’organisme perçoit comme de nouveaux signes d’affaiblissements à venir. Le FMI incite l’Europe à implanter les mesures de sauvetage des banques déjà introduites et à agir en fonction de plus de regroupements bancaires et fiscaux.
 

Les États-Unis sont appelés à éviter à tout prix un effondrement des finances là où les mesures de stimulation sont stoppées abruptement, et à élever promptement le plafond de la dette afin d’éviter une répétition de la crise manufacturière d’août dernier.
 

Au cœur de l’incertitude et la tourmente, le FMI estime que l’économie du Canada se porte étonnamment bien.
 

La Presse canadienne

 
 
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