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L'Espagne dévoile un nouveau plan d'austérité de 65 milliards d'euros

11 juillet 2012 12h11 | Associated Press | Actualités économiques
Deux femmes passent devant un guichet automatique de Bankia à Madrid.
Photo : La Presse canadienne (photo) Daniel Ochoa de Olza/AP Deux femmes passent devant un guichet automatique de Bankia à Madrid.
Madrid, Espagne – L'Espagne a dévoilé aujourd'hui un nouveau plan d'austérité de 65 milliards d'euros comprenant notamment l'augmentation de trois points de la taxe de vente (TVA) et des coupes budgétaires, au lendemain du feu vert des partenaires de l'Eurogroupe à un nouveau prêt pour les banques espagnoles.

Le premier ministre Mariano Rajoy a déclaré devant le Parlement que l'avenir du pays était en jeu, alors que l'Espagne affronte la récession, un déficit gonflé et une inquiétude des investisseurs face à sa dette souveraine.

Mariano Rajoy a parlé d'un moment crucial, qui déterminera «notre avenir et celui de nos familles, de notre jeunesse et de notre État providence». «C'est la réalité, il n'y en a pas d'autres et nous devons sortir de ce trou, et nous devons le faire aussi vite que possible», a-t-il martelé. «Il n'y a pas d'espace pour le fantasme ou des improvisations parce qu'il n'y a pas le choix», a poursuivi le premier ministre espagnol.

Accusant l'ancien gouvernement socialiste d'avoir laissé un déficit public de 8,9% en 2011, Mariano Rajoy, à la tête du pays depuis novembre dernier, a martelé que «les excès du passé doivent être réglés au présent».

La TVA augmentera de 3 points à 21% sur les produits et les services, comme les vêtements et les voitures, les cigarettes et les services de téléphonie, et de 2 points passant à 10% pour les biens comme les tarifs de transports publics, la nourriture industrielle et les services des hôtels et des bars. Par contre, la TVA sur les biens de consommation courante comme le pain, les médicaments, et les livres reste à 4%.

Les coupes budgétaires, qui devraient représenter une économie de 65 milliards d'euros d'ici à 2015, prévoient également une baisse de traitements pour les fonctionnaires et les membres du Parlement, une réduction de 30% des conseilleurs municipaux, ainsi qu'une nouvelle vague de fermeture d'entreprises publiques.

Soulignant le besoin de réduire l'administration, M. Rajoy a cité en exemple les trois millions d'emplois perdus dans le secteur privé, face à une hausse de 289 000 du nombre d'emplois dans le public.

Enfin, l'âge de départ à la retraite sera progressivement repoussé de 65 à 67 ans.

Quatrième puissance économique de la zone euro, l'Espagne lutte pour réduire son déficit public, dans un contexte de récession, de taux de chômage record (près de 25%) et de crise bancaire.

Dans ce contexte, des milliers de mineurs, partis du nord et de l'est de l'Espagne il y a plus de deux semaines, ont manifesté à Madrid pour la sauvegarde de leur emploi, menacé par ce plan d'économies. Arrivés mardi soir sur la Puerta del Sol et accueillis en héros après 18 jours de marche, les mineurs ont dénoncé les réductions des subventions qui mettent en péril leur emploi.

Leur lutte a reçu le soutien des Espagnols qui y voient le symbole des difficultés du pays et de la charge injuste que les politiques font peser sur les classes moyenne et ouvrière, depuis le début de la crise financière.

Face aux difficultés de l'Espagne, les ministres européens des Finances de la zone euro se sont mis d'accord dans la nuit de lundi à mardi sur les termes d'un nouveau plan de sauvetage des banques espagnoles. Ils ont précisé que 30 milliards d'euros (environ 36,88 milliards $) pourraient être débloqués d'ici la fin du mois de juillet. Par ailleurs, ils ont accepté de reporter d'un an, jusqu'en 2014, la date-limite pour retourner à un déficit budgétaire de 3%.

Le mois dernier, ils avaient déjà donné leur feu vert au déblocage de 100 milliards d'euros pour soutenir le secteur bancaire espagnol, affaibli par des prêts toxiques et l'effondrement de la bulle immobilière.



Par Ciaran Giles et Daniel Woolls




 
 
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