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Eurogroupe - Feu vert au sauvetage des banques espagnoles

Le ministre des Finances de l’Espagne, Luis De Guindos (à gauche), cause avec le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker (à droite).
Photo : Agence France-Presse Georges Gobet Le ministre des Finances de l’Espagne, Luis De Guindos (à gauche), cause avec le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker (à droite).

Bruxelles - Les ministres européens des Finances de la zone euro se sont mis d’accord dans la nuit de lundi à hier sur les termes d’un nouveau plan de sauvetage des banques espagnoles. Ils ont précisé que 30 milliards d’euros pourraient être débloqués d’ici la fin du mois de juillet.


Les ministres se réuniront à nouveau à Bruxelles le 20 juillet pour finaliser l’accord. Ils doivent d’abord obtenir le feu vert de leurs gouvernements ou Parlements, a précisé le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Le mois dernier, ils s’étaient déjà mis d’accord sur le déblocage de 100 milliards d’euros pour soutenir le secteur bancaire espagnol, affaibli par des prêts toxiques et l’effondrement de la bulle immobilière.


Dans le cadre de l’accord, les ministres des Finances des 27 pays de l’UE doivent accepter de reporter d’un an, jusqu’en 2014, la date-limite pour un retour de l’Espagne à un déficit budgétaire de 3 %. L’objectif est désormais de réduire le déficit à 6,3 % cette année contre 5,3 % annoncé par le gouvernement espagnol, 4,5 % en 2013 contre 3 % prévu et 2,8 % en 2014, a affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, à l’issue de la réunion à Bruxelles. Mais, a-t-il clairement dit, en échange, Madrid devra présenter d’ici à la fin du mois un plan d’ajustement pour 2013 et 2014. Il y aura des conditions spécifiques pour certaines banques, et le contrôle du secteur financier sera renforcé, a ajouté M. Juncker.

 

Décisions « très importantes »


Le chef du gouvernement de droite doit en effet prononcer aujourd’hui devant les députés un discours où il expliquera notamment le plan de sauvetage européen pour les banques. Il a déjà annoncé samedi des décisions « très importantes » à venir en matière de réduction du déficit et de réformes structurelles. « Certaines seront prises en juillet et d’autres plus tard », avait-il ajouté, sans plus de précisions.


« Il semble qu’il va y avoir une augmentation des taux de TVA réduite, pour tenter d’augmenter les recettes fiscales. Mais surtout il va y avoir une réduction importante des dépenses, via l’administration », explique Daniel Pingarron. Selon lui, « il va y avoir une réduction des salaires de fonctionnaires et des effectifs dans divers organismes ». « C’est le paquet principal de mesures que le gouvernement va présenter vendredi et avec lequel il espère réduire le déficit de 30 à 40 milliards d’euros entre cette année et l’année prochaine », poursuit-il, évoquant également une augmentation des péages routiers ou d’autres taxes.


Après l’avoir rejeté pendant des semaines, le ministre du Budget, Cristobal Montoro, a d’ailleurs admis implicitement lundi cette future augmentation de la TVA, rendue nécessaire selon lui par le manque à gagner important que représente le travail au noir dans l’économie espagnole (environ 20 % du PIB, selon différentes estimations). « Ce débat sur la nécessité ou non d’augmenter la TVA n’existerait pas autant si cette économie souterraine n’existait pas », a déclaré M. Montoro, qualifiant l’économie parallèle de « sport national » en Espagne.

 

Nouveau tour de vis


Le ministre a également évoqué un allongement de la journée de travail des fonctionnaires.


À peine adopté, le budget 2012 de l’État central, déjà d’une rigueur historique, va donc devoir subir un nouveau tour de vis, alors qu’il visait déjà à récupérer 27,3 milliards d’euros entre économies et nouvelles recettes. Le reste de l’effort vient surtout des régions et des villes, à la santé financière fragile depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, qui ont présenté des plans d’austérité pour récupérer 18 milliards d’euros.


Le gouvernement prévoit également des économies de 10 milliards d’euros par an dans les secteurs sensibles de la santé et de l’éducation.


Le nouveau ministre grec des Finances, Ioannis Stournaras, a par ailleurs précisé que son pays ferait tout son possible pour réduire ses dépenses, mais il a plaidé pour une mesure similaire à celle de l’Espagne, avec un report de l’échéance pour atteindre les objectifs fixés. « Je pense que l’étendue de la récession justifie que, comme l’Espagne a obtenu un délai supplémentaire, nous en demandions un également », a-t-il déclaré, reconnaissant qu’il était trop tôt pour s’attendre à une décision. Ses homologues ont confirmé qu’il faudra attendre les conclusions des inspecteurs chargés de contrôler la mise en oeuvre du plan d’austérité.

 
 
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