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Les banques centrales européennes tentent de stimuler la croissance

La BCE donne le ton en abaissant son taux directeur d’un quart de point

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi (à droite), et son vice-président, Vitor Constancio, lors d’une rencontre avec la presse, hier à Francfort, au cours de laquelle ils ont annoncé une baisse du taux d’intérêt préférentiel.
Photo : Agence France-Presse Frederik Von Erichsen Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi (à droite), et son vice-président, Vitor Constancio, lors d’une rencontre avec la presse, hier à Francfort, au cours de laquelle ils ont annoncé une baisse du taux d’intérêt préférentiel.
Les banques centrales ont assoupli encore un peu plus leurs politiques monétaires en Europe sans pour autant parvenir à rassurer les marchés hier.

Aux prises avec une zone euro tombée en panne économique, la Banque centrale européenne (BCE) a essayé de lui donner un peu d’oxygène en réduisant son principal taux directeur d’un quart de point de pourcentage, à 0,75 %. C’est la première fois que le taux d’intérêt réclamé aux banques en cas de pénurie de trésorerie passe sous la barre de 1 %, jusque-là considérée comme l’extrême limite permise.


Ne pouvant plus vraiment avancer sur ce front, avec son propre taux directeur à 0,50 %, la Banque d’Angleterre a annoncé, au même moment, l’injection de 50 milliards de livres (78,7 milliards $CAN) supplémentaires dans le cadre d’un programme d’assouplissement monétaire totalisant désormais 375 milliards de livres (590 milliards). La banque centrale danoise a abaissé, quant à elle, son taux directeur à 0,20 %, la troisième réduction depuis la fin mai.

 

Marchés en berne


Largement anticipée, l’annonce de la BCE n’est pas parvenue à ensoleiller le coeur des marchés qui avaient le moral en berne sur les principales places boursières hier. Francfort a cédé 0,45 %, Paris 1,17 %, Milan 2,03 %, et Madrid 2,99 %, Londres étant la seule à progresser, un peu, de 0,14 %. L’euro est tombé, quant à lui, à son plus bas niveau en un mois par rapport au billet vert américain, à 1,24 $US.


La Bourse de New York n’a pas fait mieux (-0,47 %), en dépit de bonnes nouvelles sur le marché de l’emploi américain, pas plus que celle de Toronto (-0,81 %).


La baisse d’un taux directeur européen déjà « proche de zéro à encore plus proche de zéro n’aura pas d’effet conjoncturel notable », a commenté Georg Fahrenschon, le président des Caisses d’épargne allemandes.


En revanche, l’annonce d’hier s’accompagnait aussi d’une baisse à 0 % de l’intérêt versé par la BCE aux banques qui préféraient laisser des fonds en dépôt dans ses coffres plutôt que de les prêter à des entreprises ou des ménages, a noté Hendrix Vachon, économiste au Mouvement Desjardins. Cela « pourrait avoir un effet plus stimulant sur l’économie ».


Les investisseurs auraient voulu que la BCE annonce plutôt une nouvelle campagne de rachat massif de titres de dette à long terme des banques, à l’image des deux opérations de refinancement menées en décembre et en février et qui totalisaient 1000 milliards d’euros. Ils ne sont pas les seuls. Le Fonds monétaire international (FMI) le souhaiterait aussi. « Si l’on cherche une vraie solution, l’expansion du programme de rachat de dette publique est la voie à suivre », a estimé sa présidente, Christine Lagarde.

 

Refus de la BCE


Cette option n’a même pas fait l’objet de discussion à la BCE, a répondu son président, Mario Draghi, hier. Ses deux premières opérations de refinancement ont d’ailleurs montré, selon lui, que la faiblesse du crédit en Europe n’était pas seulement imputable à un manque de liquidités, mais aussi à une faible demande de la part des entreprises et des ménages. De toute façon, a-t-il dit, les fonds de secours de 700 milliards d’euros mis sur pied par les pays européens leur permettent déjà de recapitaliser directement des banques et de racheter de la dette publique.


« Cette absence d’action décisive laisse la zone euro vulnérable à une reprise de la tempête financière », a estimé Holger Schmieding de la Banque Berenberg.

 

Sombres perspectives


Or, les prochains mois s’annoncent difficiles pour l’économie de la zone euro, a prévenu Mario Draghi, avec peu ou pas de croissance au deuxième trimestre et le début d’une petite reprise pour la fin de l’année.


Trois instituts de conjoncture (l’Insee français, l’Ifo allemand et l’Istat italien) se sont montrés plus pessimistes encore, prédisant un recul du produit intérieur brut de la zone euro aux deuxième et troisième trimestres, soit une récession technique.


Au coeur de la crise européenne, l’Italie et l’Espagne ont, une nouvelle fois hier, mesuré la précarité de leur situation. Les deux pays émettaient des obligations et ont vu encore une fois remonter les taux d’intérêt réclamés par les marchés.


L’inquiétude ne règne pas seulement en Europe. La Chine a aussi annoncé hier une deuxième baisse de ses taux d’intérêt en un mois dans l’espoir de redonner un peu de tonus à son économie (voir article ci-contre).


La Réserve fédérale américaine a annoncé, il y a à peine deux semaines, le maintien de son taux directeur à 0 % et le prolongement d’un programme d’injection de liquidités de 667 milliards $US.


La Banque du Canada avait laissé entendre, quelques semaines auparavant, que le début de la remontée de son taux directeur (actuellement à 1 %) allait probablement devoir attendre plus longtemps qu’on le pensait encore récemment.


***
 

Avec l’Agence France-Presse

 
 
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