Le Fonds inspire
Le Fonds de solidarité a dévoilé hier des résultats particulièrement intéressants dans une conjoncture de marché on ne peut plus hésitante et volatile. Des sommets en matière d’actionnaires, d’actif et du cours de l’action s’ajoutent à une hausse des souscriptions et à un rajeunissement amorcé de l’actionnariat pour préparer un 30e anniversaire s’annonçant pour être festif.
Le Fonds de solidarité FTQ a annoncé hier un rendement de 2,6 % pour l’exercice clos le 31 mai 2012. Et un rendement de 12,5 % dans le segment titres privés et fonds spécialisés. À lui seul, ce contraste apporte un éclairage inspirant à d’autres grands gestionnaires qui, comme le virage pris récemment par la Caisse de dépôt, entendent s’en remettre davantage aux placements privés et à l’investissement dans l’économie réelle. Le grand patron de la Caisse, Michael Sabia, disait, au début de juin, que « les marchés et les indices ne sont plus un gage de succès, ne sont plus une indication de valeur, mais davantage un facteur de volatilité ». Il estimait que les marchés souffraient de « court-termite », qu’ils étaient prisonniers de l’instantanéité de l’information et des distorsions provoquées par les rumeurs et les modes du moment.
Cette parenthèse étant, le Fonds de solidarité, dans sa mission de partenariat auprès des entreprises québécoises par l’intermédiaire de capital de risque patient, a apporté hier une nouvelle confirmation de sa pertinence. Une raison d’être d’autant plus justifiée que les crises se font plus persistantes et que le Québec doit connaître un vaste mouvement de transferts d’entreprises.
Quant au crédit d’impôt combiné fédéral-provincial de 30 %, ou 1500 $ pour un investissement maximal de 5000 $ par année…
Rappelons les chiffres, et les retombées. Depuis une première étude réalisée par les dénigreurs des fonds fiscalisés, qui faisaient ressortir un coût fiscal de 3,37 $ par dollar investi, ce coût est passé par la suite de 80 ¢ à 94 ¢, ou encore à 1,35 $. Selon une évaluation réalisée par le Groupe Secor sur la période 2004-2009 et commandée par le Fonds de solidarité, il se situerait entre 30 ¢ et 33 ¢.
Quant aux bénéfices revenant aux deux ordres de gouvernement, ils sont estimés par Secor à 11 ¢ par dollar en incluant les éléments parafiscaux (cotisations aux différents programmes). Ces bénéfices étant récurrents alors que les coûts sont un engagement unique, il en ressort une période de recouvrement de 2,7 ans pour les deux gouvernements. Les études antérieures concluaient à une récupération variant entre 1,2 et 3,3 années, selon l’approche et la méthode de calcul utilisées.
Reste l’impact économique. Selon les paramètres du Fonds de solidarité, l’effet multiplicateur peut atteindre les 17 fois si la survie d’une entreprise est en jeu, ou autour de 5 à 7 fois s’il s’agit d’une participation à un projet d’expansion. Lors de la crise de 2008-2009, l’institution a estimé que ce levier atteignait le multiple de 4 dans les secteurs traditionnels, de 7 dans la nouvelle économie. Tout cela avec des frais de gestion inférieurs à 1,5 %, pour un actif net de 8,5 milliards.
Quant aux facteurs qualitatifs, le Fonds parle du développement d’une mentalité de l’épargne. Il estime que le tiers de 594 287 actionnaires n’aurait aucune épargne retraite sans l’incitatif fiscal associé à l’achat de ses actions du Fonds.
Et pour la pérennité de l’institution ? Lors de la dernière assemblée annuelle des actionnaires, le président du conseil du Fonds, Michel Arsenault, se réjouissait de voir que la salle était composée à 30 ou 35 % de jeunes, « ce qui témoigne du renouvellement de notre actionnariat ». Et il ajoutait que des gens en âge de retirer leur épargne du Fonds préféraient rester, pour le rendement offert. Pour les autres, l’institution s’est associée à SSQ Groupe financier pour se doter d’un mécanisme de décaissement permettant d’étaler les versements dans le temps. La formule emprunte au FERR et revêt la forme d’une rente viagère.
Bon 30e !








