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Le Québec se distingue dans l’univers de l’insolvabilité

Faiblesse des taux d’intérêt aidant, le nombre de dossiers d’insolvabilité a continué de se résorber en 2012. La performance du Québec à ce chapitre est cependant de loin inférieure à la moyenne canadienne. Il en va de l’insolvabilité impliquant des consommateurs, qui diminue moins rapidement, et du poids des propositions concordataires dans le règlement des dossiers, plus faible ici.

Selon les données du Bureau du surintendant des faillites, le nombre de dossiers d’insolvabilité était en baisse de 0,7 % au Québec au premier trimestre de 2012. Un recul de 4,8 % du nombre de faillites a été amoindri par un bond de 9,4 % des propositions par rapport à avril 2011. Au Canada, dans l’intervalle, l’insolvabilité était en recul de 3,8 % selon le volume, une diminution de 8,9 % des faillites étant en partie contrebalancée par une hausse de 5,2 % des dossiers aboutissant à une proposition.


Ces statistiques, qui s’insèrent dans un environnement de taux d’intérêt se maintenant à des niveaux historiquement bas, s’ajoutent à l’embellie observée en 2011. Ainsi, l’an dernier, le nombre total de dossiers d’insolvabilité a reculé de 5 % au Québec, l’actif en jeu atteignant les 2,12 milliards contre un passif de 5,13 milliards. Si le nombre de faillites était en recul de 8,2 %, le règlement par proposition concordataire comptait plus d’adeptes, avec une progression de 4,4 % par rapport à 2010. À titre de comparaison, au Canada les cas d’insolvabilité ont reculé de 8,9 % entre 2010 et 2011, impliquant un actif de 11,24 milliards et un passif de 20,81 milliards. Les faillites étaient en baisse de 15,6 % alors que sa principale alternative, le dépôt d’une proposition aux créanciers, était en hausse de 6,1 %.


Si les tendances de fond demeurent les mêmes, le Québec tire tout de même de l’arrière avec des dossiers d’insolvabilité diminuant moins rapidement que la moyenne canadienne. Et en proportion, les faillites occupent un poids plus important au Québec. En 2011, les propositions ne comptaient que pour 28 % des 37 895 dossiers d‘insolvabilité au Québec, contre 36 % des 127 774 dossiers comptabilisés à l’échelle canadienne. Après trois mois en 2012, les propositions concernaient 32 % des 9847 dossiers au Québec, contre 40 % des 31 605 dossiers au Canada.


Autre comparaison, le portrait de l’insolvabilité s’améliore davantage et plus rapidement en Ontario qu’au Québec, notamment pour les consommateurs. En 2011, le nombre de dossiers touchant les consommateurs était en baisse de 5,3 % au Québec et de 10,9 % en Ontario, contre un recul moyen de 8,9 % au Canada. L’écart s’est creusé au premier trimestre de 2012, avec un recul de 0,4 % du nombre de consommateurs québécois se déclarant insolvables, contre une diminution de 5,9 % en Ontario et de 3,8 % selon la moyenne canadienne. Pour se poursuivre en avril, avec une diminution de 1,6 % au Québec, mais de 8,8 % en Ontario et de 5 % à l’échelon canadien par rapport à avril 2011.


Dans le segment des entreprises, l’amélioration de l’insolvabilité se fait également davantage ressentir en Ontario. Alors qu’une hausse de 1,3 % des dossiers d’insolvabilité d’entreprise a été mesurée au Québec en 2011, la province voisine a plutôt affiché un recul de 13,2 %, contribuant à un repli de 8,6 % au niveau canadien. Après trois mois en 2012, le nombre de dossiers d’entreprise était en baisse de 5,3 % au Québec et de 10 % en Ontario, pour une moyenne canadienne de 5,8 %. L’écart s’est inversé en avril avec un repli de 14,9 % au Québec, contre 8 % en Ontario et 9,5 % pour l’ensemble canadien.


Quant à la conjoncture touchant les taux d’intérêt, les analystes de BMO Groupe financier ont joint leurs voix, hier, aux analystes prolongeant à plus tard en 2013 la période de maintien du loyer de l’argent à ses niveaux historiquement bas. L’économiste principal de BMO, Michael Gregory, prévoyait une action haussière de la Banque du Canada dès janvier prochain. Il prévoit désormais que la banque centrale n’augmentera pas son taux directeur avant juillet 2013.

 
 
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