Espagne - Les banques ont besoin de 62 milliards
Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, en visite au Brésil, s’est réjoui des résultats des audits et a demandé que l’aide européenne soit versée «le plus rapidement possible».
L’Eurogroupe s’est mis d’accord le 9 juin sur un plan de sauvetage des banques espagnoles d’un montant maximum de 100 milliards d’euros.
Mais la demande d’aide officielle de l’Espagne, d’abord attendue pendant une réunion jeudi de l’Eurogroupe à Luxembourg, sera finalement déposée «dans les jours qui viennent», a annoncé le ministre de l’Économie, Luis de Guindos. Le résultat des audits «garantit que l’assistance financière mise à disposition par nos partenaires européens est plus que suffisante», a déclaré M. Rajoy lors d’une rencontre avec des chefs d’entreprises à Sáo Paulo. «C’est pour cette raison que je réitère mon souhait que l’aide financière soit approuvée le plus tôt possible, parce que l’assainissement de notre système bancaire est un pas indispensable dans le processus de récupération de l’économie», a dit le chef du gouvernement espagnol.
Quelques heures plus tôt, la quatrième économie de la zone euro avait envoyé un message rassurant en levant un peu plus que prévu (2,22 milliards au lieu des un à deux milliards visés) mais, encore une fois, elle a payé le prix fort. Pour emprunter à cinq ans, l’Espagne a notamment franchi, pour la première fois depuis la création de l’euro, la barre symbolique des 6 %.
La Royale décotée
Malgré ce rapport, la Bourse de New York a lourdement chuté hier, déprimée par des statistiques américaines décevantes et toujours plus inquiète pour l’économie mondiale, alors que le marché s’attendait à une action de Moody’s contre des banques: le Dow Jones a cédé 2 % et l’indice élargi Standard Poor’s 500, de 2,3 %. La Bourse de Toronto a également plongé, de 3 %, réalisant sa plus importante dégringolade en une seule séance depuis novembre. L’indice phare du parquet torontois a été plombé par les actions liées aux ressources naturelles.
L’agence de notation Moody’s a abaissé hier la note de 15 grandes banques occidentales possédant des activités de marché mondiales, parmi lesquelles cinq américaines, trois françaises, deux suisses, trois britanniques, une canadienne (Banque Royale) et une allemande. Les plus durement affectées sont les américaines Bank of America et Citigroup, dont les notes ne se situent plus que deux crans au-dessus de la catégorie dite spéculative.








