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    L’Italie, prochain domino de la zone euro à tomber?

    Mario Monti assure que son pays n’aura pas besoin d’aide, en dépit des pressions insistantes des marchés

    Mario Monti, chef du gouvernement italien
    Photo : Agence France-Presse (photo) Vincenzo Pinto Mario Monti, chef du gouvernement italien
    Le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a affiché sa sérénité et rejeté tout besoin d’un plan d’aide malgré le bond des taux d’emprunt du pays, qui constitue de nouveau une source d’inquiétude pour les marchés, tout autant que la Grèce.

    Lors d’une émission obligataire test, Rome a emprunté comme prévu 6,5 milliards d’euros à un an, mais a vu ses taux flamber à 3,972 % contre 2,34 % lors de la dernière opération similaire le 11 mai. Le Trésor italien procédera à une nouvelle émission demain. « Les marchés se disent que l’Italie va suivre le même chemin que l’Espagne », a commenté pour l’AFP Cyril Regnat, stratégiste obligataire de Natixis, qui juge toutefois la situation de Rome « beaucoup moins préoccupante » que celle de Madrid.


    Malgré ce retour de la méfiance, Mario Monti a balayé toute idée de plan d’aide même à l’avenir et répété qu’il n’était pas question de « céder de façon asymétrique une partie de la souveraineté » du pays. Se disant « très serein », il a mis en avant, devant les députés, les points forts du pays.


    M. Monti a tenu le même discours à Berlin, où il a reçu un prix de la part d’une école de commerce, assurant que son pays n’était pas fragile et vantant ses mérites. Il a fait valoir que l’endettement des ménages italiens était faible et que le pays disposait d’un solide tissu de petites et moyennes entreprises. Le déficit public de la péninsule, largement inférieur à la moyenne européenne, devrait reculer à 1,7 % cette année et le pays s’approcher de l’équilibre budgétaire en 2013 tandis que les banques sont pour la plupart stables, avait-il souligné devant les députés.


    Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, semblait en tout cas convaincu. Chargé de prononcer l’éloge de M. Monti à Berlin, il a jugé qu’il était « le bon dirigeant, au bon endroit, au bon moment ». M. Schäuble a par ailleurs assuré que l’Italie connaîtrait une reprise économique l’an prochain, à condition qu’elle ne dévie pas de sa politique de rigueur et de réformes.


    Mais depuis que Madrid a accepté samedi un plan d’aide pour ses banques, qui peine à convaincre les investisseurs, l’Italie est revenue dans la ligne de mire des marchés, pourtant séduits en début d’année par les décisions de M. Monti. Et certains analystes craignent que le pays, dont la dette colossale dépasse les 120 % du PIB, ne soit le prochain domino de la zone euro à tomber.


    M. Monti, qui veut jouer un rôle de médiateur entre Paris et Berlin, a appelé à l’adoption d’un « paquet crédible de mesures pour la croissance » lors du sommet européen des 28 et 29 juin, mais précisé dans la capitale allemande que ces mesures ne devraient pas générer d’inflation ni de déficits. À ce propos, le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a affirmé que les points de vue entre la France et l’Allemagne étaient en train de se rapprocher.


    Estimant que l’Union européenne était à un moment « crucial », le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a décoché de son côté des flèches à l’encontre de capitales qui ne mesurent pas l’urgence de la situation. « Je ne sais pas si l’urgence est bien comprise par toutes les capitales aujourd’hui », a-t-il déclaré devant le Parlement européen à Strasbourg.


    Premier foyer d’inquiétudes, la Grèce tient de nouvelles élections dimanche et l’Europe doit « se préparer à toutes les éventualités », a jugé le ministre français de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici. Le chef de la droite grecque, Antonis Samaras, qui est au coude-à-coude avec la gauche radicale antirigueur Syriza, a estimé que les changements en Europe offraient l’occasion à la Grèce de renégocier le plan de rigueur.


    Le président français, François Hollande, a adressé une mise en garde claire aux partis grecs hier, dans une interview à la télévision grecque Mega channel. Si à l’issue du scrutin « l’impression est donnée que les Grecs veulent s’éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute la perspective de redressement, alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce » dans la monnaie unique, a-t-il dit.


    Dans ce contexte de vives tensions, les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé, l’indice CAC 40 à Paris cédant 0,6 %, l’indice Dax à Francfort 0,1 % tandis que l’indice FTSE-100 à Londres a gagné 0,2 % et Madrid +1,4 %.


    À Madrid le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a défendu le plan d’aide aux banques de son pays, face à l’opposition de gauche qui craint de lourdes conséquences pour la population. « C’est un crédit aux banques que les banques elles-mêmes vont payer et nous devons nous réjouir que nos partenaires européens nous aient aidé », a déclaré M. Rajoy.

     
     
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