Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Merkel campe sur ses positions

Pas question d’en faire plus pour soutenir la relance

Prenant la parole hier devant le conseil économique de son parti, la chancelière allemande, Angela Merkel, a une fois de plus soutenu que l’Allemagne était l’exemple à suivre.
Photo : Agence France-Presse Johannes Eisele Prenant la parole hier devant le conseil économique de son parti, la chancelière allemande, Angela Merkel, a une fois de plus soutenu que l’Allemagne était l’exemple à suivre.
La croissance, oui, mais via des réformes de long terme et sans toucher à la rigueur budgétaire : l’Allemagne n’a pas dévié de sa ligne hier, résistant aux pressions internationales pour davantage de relance, appelées à culminer lors du sommet du G20.

Vantant comme souvent les réformes du marché du travail menées en Allemagne, la chancelière Angela Merkel a estimé qu’il serait « fatal pour l’Europe d’interrompre [ce type de réformes] juste au moment où quelques pays ont commencé à travailler dans la bonne direction ».


Les résultats de l’Allemagne ont montré qu’il s’agissait du bon chemin, a-t-elle dit. Mais les réformes ont besoin de temps pour agir sur la croissance, a-t-elle martelé, appelant à la patience lors d’un discours devant le conseil économique du parti conservateur CDU, dont elle est présidente. « En Allemagne non plus, les effets des réformes ne sont pas apparus du jour au lendemain », a-t-elle dit.


La patience des marchés financiers, elle, semble bien épuisée : hier les taux à 10 ans de la dette espagnole ont atteint leur plus haut niveau depuis la création de l’euro. Le soulagement né de l’annonce dimanche d’un plan d’aide européen aux banques espagnoles n’est plus qu’un vague souvenir. Inquiétude aussi pour l’Italie : la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, vient de jeter un pavé dans la mare en évoquant publiquement un possible recours de Rome à l’aide internationale.


C’est d’ailleurs d’Italie que venait hier l’appel le plus vibrant à davantage de générosité de l’Allemagne, première économie européenne et première contributrice aux mécanismes de secours déjà en place. L’influent quotidien économique italien Il Sole 24 Ore titre ainsi « Schnell, Frau Merkel » [Vite, madame Merkel], reprochant à la chancelière son indifférence face aux souffrances de nombreux Européens et la pressant d’agir pour sauver la zone euro, notamment via une unification des dettes publiques.


Un appel à la rapidité déjà lancé par la directrice du FMI, Christine Lagarde, qui, sans nommer l’Allemagne, vient d’appeler les Européens à prendre des mesures décisives « sous trois mois ». Plus grinçant, l’hebdomadaire The Economist a caricaturé Mme Merkel en capitaine d’un navire européen en plein naufrage, se refusant toujours à démarrer les moteurs. Il n’y a guère que le Wall Street Journal pour juger injuste et grotesque que la chancelière soit désignée comme « la méchante » de l’histoire.


Malgré cette fébrilité ambiante, une source proche du gouvernement allemand a martelé à des journalistes que Berlin ne veut pas de relance budgétaire à crédit et « restera sur cette ligne » lors du sommet du G20 des 18 et 19 juin au Mexique. Il a pourtant reconnu que les risques pour l’économie mondiale avaient nettement augmenté. Assurant que Mme Merkel n’était pas isolée, la source a affirmé que l’Allemagne défendait une position européenne commune.


Hier, le président français, François Hollande, qui a souvent critiqué la stratégie de sortie de crise de Mme Merkel, a soutenu la chancelière en affirmant que la croissance, qui doit être notre préoccupation et notre engagement, ne naîtra pas de dépenses publiques supplémentaires.


Les dirigeants allemands ne cachent plus leur lassitude devant les pressions répétées dont ils font l’objet : « cette discussion sur la relance budgétaire, nous l’avons eue Dieu sait combien de fois », a soupiré hier la source gouvernementale. Elle a jugé que la responsabilité de la détérioration conjoncturelle mondiale reposait sur de nombreuses épaules et qu’il ne fallait pas réduire la discussion aux problèmes de la zone euro. Et d’évoquer notamment les lourds déficits américains, la valorisation de la devise chinoise ou encore la tentation du protectionnisme dans les pays émergents.


Berlin appelle désormais à la constitution d’un pare-feu mondial face à la crise, passant en particulier par l’augmentation, déjà prévue, des moyens du FMI. La source égratigne au passage les pays émergents, qui ont certes promis d’apporter plus de ressources, mais tardent à préciser leurs engagements.

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel