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L’Europe ne va pas aussi mal qu’on le dit

La Conférence de Montréal salue la détermination des Européens à achever l’union

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	Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, et le président du conseil et co-chef de la direction de Power Corporation du Canada, Paul Desmarais fils, comptaient parmi les nombreux membres de la table d’honneur lors du lancement, hier, de la 18e Conférence de Montréal.</div>
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, et le président du conseil et co-chef de la direction de Power Corporation du Canada, Paul Desmarais fils, comptaient parmi les nombreux membres de la table d’honneur lors du lancement, hier, de la 18e Conférence de Montréal.
L’avenir du projet européen n’est pas aussi compromis qu’il n’y paraît, a-t-on affirmé hier au premier jour de la 18e édition de la Conférence de Montréal. La crise permet à l’Europe, au contraire, de voir les réformes qui étaient nécessaires et de commencer, sans plus attendre, à les mettre en branle.

« L’Europe est en train de prendre les bonnes décisions », a déclaré le commissaire européen au Marché intérieur et aux services, Michel Barnier. Il en veut notamment pour preuve l’aide offerte à la Grèce, les réformes économiques en cours au Portugal et en Irlande, les mesures d’assainissement des finances publiques dans plusieurs pays, ou encore l’entente intervenue le week-end dernier pour venir en aide aux banques espagnoles. Les Européens « ont retrouvé la confiance les uns avec les autres », et le reste du monde en fera de même bientôt à l’égard de l’Europe.


Il est vrai que les Européens ont la fâcheuse manie d’attendre que surviennent des crises avant de se pencher sur les problèmes qui minent leur projet commun. « Ce virage auquel on assiste enfin en faveur d’une gestion plus responsable des finances publiques aurait été assez improbable il y a deux ou trois années encore », a-t-il admis. « Je ne cherche pas d’excuse pour l’Europe, mais je crois qu’il ne faut pas oublier d’où nous venons, et ce que nous faisons », a-t-il toutefois précisé. « Il n’y a pas d’autre exemple de continent entier dont les pays ont cherché à mutualiser leurs destins de façon démocratique et volontariste. »

 

« Progrès impressionnants »


Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, est venu dire sensiblement la même chose aux 3000 participants de la conférence quelques minutes plus tard. Les efforts d’assainissement des finances publiques européennes sont notamment en train de porter leurs fruits. « Non seulement le niveau absolu du déficit de la zone euro est deux fois plus bas qu’ailleurs, mais le rythme du redressement budgétaire y est également beaucoup plus rapide. » Quant aux réformes structurelles visant à améliorer la compétitivité économique européenne, « là encore, les progrès réalisés dans de nombreux pays sont impressionnants ».


L’adoption en septembre d’un nouveau Traité sur la stabilité visant une meilleure coordination et discipline budgétaires entre les pays ainsi que la mise en place d’un Mécanisme européen de stabilité et de son pare-feu de près de 1000 milliards $US devraient considérablement renforcer l’Union européenne. La prochaine étape importante, selon lui, devrait être l’établissement d’une union bancaire qui assurerait, à la fois, une supervision centralisée des banques européennes, la mise en place d’un système unique de garantie des dépôts et un mécanisme commun de résolution des défaillances bancaires.


Même Stephen Harper avait de bons mots à dire, hier, sur l’Europe. De passage pour un bref discours, le premier ministre canadien a salué le plan d’aide aux banques espagnoles de la fin de semaine. « C’est le type d’actions, prises par les Européens eux-mêmes, que le Canada favorise. »


Le chef conservateur en a surtout profité pour vanter une nouvelle fois la vigueur de l’économie, la solidité du secteur financier et la bonne santé des finances publiques au Canada. « L’approche canadienne est ce dont le monde a besoin », a-t-il déclaré. Elle est la preuve, a-t-il dit, que « la croissance économique et la saine gestion des finances publiques ne s’opposent pas. Elles sont inséparables ».

 

États-Unis, marchés financiers…


L’Europe n’est pas la seule à mieux se porter que l’on pense, à en croire Mark Zandi, économiste en chef pour Moody’s Analytics. « Je suis plutôt optimiste », a-t-il annoncé d’entrée de jeu avant de dresser un portrait de la situation économique mondiale. La croissance économique devrait rester relativement forte dans les économies émergentes, comme la Chine, selon lui, et s’accélérer aux États-Unis au cours des prochains mois. « On se dirige graduellement vers un alignement des astres qui sera favorable à un assainissement des finances publiques aux États-Unis. Je sais que plusieurs d’entre vous ne me croiront pas, mais je m’attends ce que de grands progrès aient été réalisés à ce chapitre à pareille date l’an prochain. »


Lors d’un autre atelier, il convenait aussi, avec l’ancien président de la Banque européenne de reconstruction et conseiller au président de BNP Paribas, Jean Lemierre, et l’ancien contrôleur de la Monnaie, au Département du Trésor américain, John Dugan, que la réforme des règles du marché financier promise par le G20 est sur la bonne voie. Il est vrai que les États-Unis tirent un peu de l’arrière par rapport aux Européens en la matière, a admis John Dugan, mais ce retard est en voie d’être comblé.


Ces questions reviendront certainement sur le tapis durant la conférence de quatre jours, notamment lors du passage de l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, demain. Sur le thème « Une économie mondiale en transition », la conférence traitera aussi de ressources naturelles et d’énergie, de choc démographique, de commerce, de santé et des nouvelles technologies.

 
 
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