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L’Europe promet d’agir vite

L’Espagne est désormais au coeur des préoccupations du G7

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Le chef de gouvernement espagnol, Mariano Rajoy

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Photo : Agence France-Presse Pierre-Philippe Marcou

Le chef de gouvernement espagnol, Mariano Rajoy

Les Européens ont promis hier à leurs partenaires du G7 d’agir rapidement contre la crise de la dette, au moment où la zone euro, en pleine réflexion sur son avenir, est aux prises avec l’urgence espagnole.

 

«Le camp européen a déclaré qu’il répondrait rapidement» à la crise, a déclaré le ministre japonais des Finances, Jun Azumi, après une conférence téléphonique avec ses homologues des autres pays industrialisés membres de ce forum (États-Unis, Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie).


En revanche, aucune mesure n’a été annoncée par les grandes puissances, alors que l’espoir d’une hypothétique action des banques centrales avait un temps soutenu les marchés financiers dans la matinée. Dans la foulée de la téléconférence, l’euro reculait par rapport au dollar tandis que les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé.


Les États-Unis, qui président le G7 cette année, se sont bornés à publier un communiqué laconique selon lequel les ministres et banquiers centraux ont évoqué «les réponses politiques à l’étude, notamment les progrès vers une union financière et budgétaire en Europe». Et dans toutes les capitales, les commentaires étaient à l’unisson, minimisant la portée de cet «échange d’informations régulier».


Pour autant, un responsable d’un pays du G7 a admis que l’Espagne était «au coeur des discussions», ainsi que «ce qui se passera après les élections grecques» du 17 juin.


À la veille de la réunion, le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, avait expliqué qu’elle porterait sur «la véritable préoccupation» du moment: «l’Europe et la faiblesse de certaines banques». Il a estimé que la zone euro n’avait pas agi suffisamment pour répondre à la sous-capitalisation bancaire et pour bâtir un pare-feu adéquat.


La Maison-Blanche a également affirmé hier qu’elle espérait que l’Union européenne adopterait des mesures accélérées dans les semaines à venir pour lutter contre la crise de la dette dans la zone euro, avant le sommet du G20 au Mexique. «Les dirigeants européens semblent agir avec un sens de l’urgence plus prononcé, et nous saluons cela. Nous espérons que des mesures accélérées seront prises par l’Europe dans les prochaines semaines» face à cette crise, a déclaré le porte-parole du président américain Barack Obama, Jay Carney. «Des mesures de renforcement du secteur bancaire européen seront particulièrement importantes dans ce laps de temps», a ajouté M. Carney lors de son point de presse quotidien.


Ce sont les banques espagnoles qui sont au coeur des inquiétudes. Et l’Union européenne peine à s’entendre sur la meilleure manière d’y faire face. L’Europe «doit soutenir les pays en difficulté», a lancé hier le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, plaidant pour plus d’intégration budgétaire et bancaire. Mariano Rajoy espère en fait voir aboutir les réflexions en cours pour permettre au fonds de secours de la zone euro de recapitaliser directement les banques en difficulté, sans passer par une négociation. Ce plan est poussé par la Commission européenne et plusieurs pays, dont la France. Mais il se heurte aux réticences de l’Allemagne.


Un tel mécanisme s’inscrit dans une réflexion plus profonde menée par les Européens sur l’avenir de la zone euro, en vue du sommet de l’UE des 28-29 juin.


La chancelière allemande, Angela Merkel, ne ferme pas totalement la porte à la mise en place d’une union bancaire, voire à des euro-obligations pour mutualiser une partie des dettes publiques, mais n’y voit pas une solution à court terme et l’aboutissement d’un processus de longue haleine qui passerait par une perte de souveraineté budgétaire.

 
 
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