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Les diamants québécois prendront la route d’Anvers

Aucune discussion n’a lieu entre le Gouvernement et Stornoway Diamond Corporation pour favoriser la transformation des pierres au Québec

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	Le vice-président et chef des opérations de Stornoway Diamond Corporation, Patrick Godin, et Matt Manson, le président et chef de la direction de l’entreprise, ont inauguré hier les locaux du nouveau siège social de la minière, à Longueuil.</div>
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le vice-président et chef des opérations de Stornoway Diamond Corporation, Patrick Godin, et Matt Manson, le président et chef de la direction de l’entreprise, ont inauguré hier les locaux du nouveau siège social de la minière, à Longueuil.

Même si le gouvernement Charest a répété à quelques reprises qu’il souhaitait que des diamants de la première mine du genre au Québec soient transformés ici, aucune discussion n’a jusqu’à maintenant été menée avec l’entreprise qui l’exploitera, soit Stornoway Diamond Corporation.


« Nous n’avons pas de discussion avec le gouvernement à ce sujet », a indiqué hier son vice-président et chef des opérations, Patrick Godin, au cours d’un point de presse donné dans les locaux de leur nouveau siège social, à Longueuil.


Il a ajouté que Québec n’a pas, jusqu’à présent, formulé de « demande » afin que les précieuses pierres soient transformées ici, ce qui créerait des emplois. Pour l’instant, les diamants qui sortiront de la mine située dans les monts Otish, et dont Investissement Québec détient 35 % des actions, prendront le chemin d’Anvers, en Belgique. Ils y sont habituellement transigés avant d’être envoyés en Inde ou en Thaïlande pour y être taillés.


Le gouvernement Charest a toutefois indiqué, dans la stratégie minérale dévoilée en 2009, qu’il souhaitait que 10 % des diamants tirés du sol québécois soient traités ici. Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, a réitéré cette intention en avril dernier. Il a alors dit vouloir possiblement instaurer des incitatifs pour permettre l’implantation de l’industrie de la transformation. Pas question d’obliger les minières à le faire.


En 2004, les libéraux s’étaient par ailleurs vantés d’avoir attiré au Québec une société internationale spécialisée dans le traitement du diamant. Celle-ci s’était installée à Matane, grâce à des incitatifs financiers. On avait même mis sur pied un programme de formation de travailleurs affilié au cégep de Matane. Mais les diamants n’étaient pas alors au rendez-vous.


Maintenant, on sait que Stornoway pourrait tirer un minimum de 18 millions de carats de sa mine, et ce, dès 2016. L’entreprise s’attend toutefois à ce que les ressources soient beaucoup plus importantes, a indiqué hier M. Godin. La valeur moyenne de la ressource est de 180 $ par carat.


Mais Stornoway estime que ce n’est pas à elle de prendre les devants pour qu’il y ait de la transformation des pierres précieuses au Québec. « Nous sommes un producteur de diamants bruts, a fait valoir Patrick Godin. Si le gouvernement, dans sa stratégie minérale, veut garder une partie de la production québécoise dans le but de polir des diamants, on n’a rien contre. Le gouvernement est souverain. »


« Nous ne sommes pas un distributeur joaillier, donc ce n’est pas notre sphère d’activités », a ajouté le vice-président et chef des opérations.


Par ailleurs, la minière a indiqué hier qu’il est effectivement question de la construction d’une ligne de transport électrique pour alimenter son projet. Mais même si la minière était obligée d’alimenter son complexe minier avec des carburants fossiles, celui-ci serait rentable avec une « bonne marge de profits », a dit M. Godin.


Stornoway a trois lobbyistes inscrits au registre québécois. Ceux-ci ont notamment pour « mandat » de faire valoir auprès du gouvernement qu’une éventuelle ligne électrique destinée à leur mine serait une « infrastructure socialisable » qui pourrait être partagée avec d’autres utilisateurs.


 

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