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    100 kilomètres plus au nord

    Dans le cadre de son Plan Nord, Québec prolongera la route 167

    La Transtaïga part de la route de la Baie-James pour se rendre au réservoir Caniapiscau. Elle a été construite pour être utilisée par Hydro-Québec et ne croise ni agglomération ni ville, sauf les camps des travailleurs de la société d’État. Il s’agit de la route située la plus au nord du Québec.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La Transtaïga part de la route de la Baie-James pour se rendre au réservoir Caniapiscau. Elle a été construite pour être utilisée par Hydro-Québec et ne croise ni agglomération ni ville, sauf les camps des travailleurs de la société d’État. Il s’agit de la route située la plus au nord du Québec.
    Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, l’a de nouveau souligné cette semaine : le gouvernement Charest songe déjà à prolonger la route 167 au-delà du projet déjà lancé et financé presque entièrement par des fonds publics. Il serait ainsi question d’ajouter une centaine de kilomètres supplémentaires de route de façon à rejoindre la Transtaïga, située plus au nord.

    Cette route très isolée part de la route de la Baie-James pour se rendre au réservoir Caniapiscau. Elle a été construite pour être utilisée par Hydro-Québec et ne croise ni agglomération ni ville, sauf les camps des travailleurs de la société d’État. Il s’agit de la route située la plus au nord du Québec.


    Mais cet immense secteur pourrait aussi receler certains potentiels miniers. Et le ministre Clément Gignac ne cache pas que le gouvernement souhaiterait que la 167 rejoigne un jour la Transtaïga. Celle-ci sera déjà prolongée de 243 kilomètres, jusqu’aux monts Otish, de façon à rejoindre le site de la minière Stornoway Diamond Corporation. Cette entreprise de Vancouver exploitera, d’ici 2016, la première mine de diamants de l’histoire du Québec. Elle paiera 44 millions de dollars pour la construction de la route. L’État assumera le reste de la facture de 331 millions de dollars, soit 287 millions. Et paiera aussi les dépassements de coûts, s’il y en a.


    Le prolongement actuellement en cours ne pourrait donc être qu’une première étape. Dans le cadre de la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 27, qui doit déboucher sur la création de la Société du Plan Nord, le ministre Gignac a de nouveau fait savoir que Québec souhaite éventuellement prolonger d’environ 100 kilomètres supplémentaires la route 167, pour se rendre jusqu’à la Transtaïga.


    Ce n’est pas la première fois que le ministre des Ressources naturelles mentionne cette idée. Il en a été question pour la première fois le 29 février dernier, toujours dans le cadre des discussions autour du projet de loi 27. M. Gignac soulignait alors que ce projet s’inscrivait dans une volonté d’« ouvrir » le territoire et qu’il nécessiterait un prolongement de « moins de 100 kilomètres » pour « aller rejoindre la route est-ouest, la Transtaïga ».


    Il avait aussi rappelé l’existence de la Transtaïga, une route plutôt méconnue des Québécois. « C’est une route qui existe déjà. Elle est là. Elle n’est pas à construire, elle est là. Est-ouest, en gravier. Donc, la 167 qui va se construire, 243 kilomètres, on va être rendus bientôt à moins de 100 kilomètres. Ça fait qu’éventuellement, dans une autre phase, on va aller rejoindre la route. » Selon Clément Gignac, un tel projet favoriserait le « développement économique » de cette région où il n’existe aucune ville.


    Au ministère des Ressources naturelles et de la Faune, on a référé Le Devoir au ministère des Transports (MTQ). Le porte-parole Guillaume Lavoie a confirmé que le prolongement nécessaire serait effectivement d’une longueur d’environ 100 kilomètres. Mais il a tenu à préciser qu’il s’agit d’un projet « à long terme ». Pour le moment, le ministère n’a pas établi de tracé ou encore un éventuel échéancier de construction, a ajouté M. Lavoie.


    En fait, le ministère des Transports a déjà six projets importants à mener dans le cadre du « chantier d’une génération », a rappelé son porte-parole. En plus des travaux pour diverses routes, dont la 167, il doit étudier un « lien terrestre » qui permettra éventuellement de relier Kuujjuaq au sud de la province. Ce projet, précisé dans le dernier budget, devrait être mené par la Caisse de dépôt et le CN. Selon les évaluations disponibles, un chemin de fer d’une telle ampleur coûterait au moins 2,5 milliards de dollars. Mais le gouvernement n’y injectera pas de fonds publics, a martelé cette semaine Clément Gignac. « On ne mettra pas une cenne, a-t-il dit en commission parlementaire. On n’est pas là pour subventionner les minières. »


    Selon ce qu’a indiqué M. Lavoie, le MTQ doit aussi plancher sur un projet de port en eaux profondes à Kuujjuarapik, à la Baie-James, et un autre dans l’extrême Nord québécois. Ces deux projets pourraient permettre aux minières qui convoitent les ressources du Nord d’exporter leur minerai à l’état brut plus rapidement.


    Quant à la route 167, elle permettra à Stornoway d’exploiter un important gisement diamantifère. Les plus récentes estimations de l’entreprise font état de réserves « probables » de 18 millions de carats, à une valeur moyenne de 180 $ le carat. À cela s’ajoutent des « ressources minérales présumées » de 17,5 millions de carats. De quoi assurer plus de 20 ans d’une production dont la valeur devrait se chiffrer en milliards de dollars. Pour le moment, aucune transformation des diamants n’est prévue au Québec. Ceux-ci seront vendus à l’état brut sur les marchés internationaux.


    En plus de la route, Stornoway mène des « représentations » auprès du gouvernement du Québec en lien avec la construction éventuelle d’une ligne de transport d’électricité qui permettrait d’alimenter sa mine. Hydro-Québec en est à l’étape des études d’avant-projet.













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