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    Obligation européenne

    On le voit avec la Grèce et, maintenant, avec l’Espagne qui vacille et l’Italie sous attaque. Le recours au pare-feu n’empêche pas le feu de couver, et de s’étendre. La résolution de la crise européenne passe par une mutualisation des dettes souveraines dans la zone euro. Le nouveau président français a lancé le mot « eurobonds » lors de sa première visite officielle à Berlin mardi. François Hollande aura à convaincre une Angela Merkel plus que jamais apôtre de l’austérité, mais toujours plus fragilisée politiquement.

    Tant à Berlin qu’au FMI, on évoque le scénario d’une sortie ordonnée de la Grèce de la zone euro. Mais loin de préparer l’opinion publique et l’humeur des marchés à une telle éventualité, ces discours se posent davantage en réplique à cette impossible coalition qui compose désormais le paysage politique grec. Car une telle sortie ayant pour préalable une situation de défaut serait catastrophique pour les Grecs. Pour l’Euroland, ce serait au demeurant un choc très coûteux, mais absorbable ou digérable. Pour les marchés, toutefois, l’effet de contagion serait tel que les plus grosses économies que sont l’Espagne et l’Italie pourraient difficilement résister à l’onde de choc sans elles-mêmes devoir sortir de l’Europe des 17. Le temps presse pour la création d’un marché « eurobonds » élargi à la dette souveraine, confié à une banque centrale démenottée placée sous l’autorité d’un « Trésor européen ». Ne serait-ce que pour donner le temps aux nécessaires mais difficiles réformes de se faire.


    L’histoire se répète depuis deux ans. Et elle confronte désormais l’Espagne et l’Italie. Sur les marchés obligataires, la ruée sur les obligations allemandes engendrait hier un écart record entre le taux allemand de dix ans et celui espagnol de même échéance de plus de 500 points de base. L’Espagne se finance désormais à un taux supérieur à 6 %, intenable en la durée. Et l’Italie s’en approche. S’ajoute à la problématique la décote massive des banques italiennes, la recapitalisation forcée des banques espagnoles croulant sous le poids des mauvais prêts immobiliers et une course vers la sortie de l’épargne déposée dans les banques grecques. Chez ces dernières, les retraits d’argent ont atteint les 700 millions d’euros mardi, gonflant une érosion des dépôts bancaires atteignant déjà les 30 % depuis deux ans. De toute évidence, la Banque centrale européenne ne pourra suffire dans un rôle limité à celui de banque de soutien, de dernier recours.


    L’ajout de 500 milliards d’euros au pare-feu européen et les nouvelles ressources du FMI ne seraient que peu d’utilité si la contagion frappait ces grandes économies et leurs banques. Une BCE verrouillée et impuissante, un mécanisme européen de stabilité disposant de peu de ressources et comptant sur moins de pays garants, perdant l’un après l’autre leur triple A… Tout devrait être en place pour pousser plus loin l’intégration économique et jeter les bases d’un marché euro-obligataire permettant de mutualiser les dettes souveraines dans la zone. Et de permettre à ces économies fragiles de bénéficier d’un taux de financement plus faible. Le mot « eurobonds » est apparu dans le discours de la présidence française mardi. Si M. Hollande ne parvient pas à infléchir Mme Merkel, peut être que les marchés et les résultats électoraux en Allemagne y parviendront.


    Pour la Grèce, qui s’enlise dans la dépression avec une décroissance du PIB de plus de 6 %, une sortie de la zone euro serait encore plus catastrophique. Selon les scénarios évoqués par les médias français, une Grèce hors euro verrait sa monnaie locale dévaluée de 50 %, son PIB chuter de 12 % et ses prix augmenter de 35 % dès la première année. Dans le cas d’un défaut de paiement, le PIB dégringolerait de 35 à 50 %, un effondrement d’autant plus douloureux que la Grèce, en situation de déficit primaire, compte encore sur le financement extérieur pour payer son épicerie. Sans oublier l’effondrement de ce qui reste de système bancaire grec sous le coup d’un retrait massif des dépôts. Sur ce point, Athènes pourrait être tentée d’imiter l’exemple argentin du gel des dépôts bancaires, au prix d’un chaos social sans précédent.


    Toujours selon les médias français, l’engagement de la zone euro face à la Grèce atteint les 340 milliards d’euros. S’y greffent les 100 milliards d’euros en titres achetés par la BCE et garantis par les États. Pour une exposition totale de 440 milliards, soit 5 % du PIB d’une zone excluant la Grèce.


    Mais si la contagion se manifeste et que la panique s’installe dans les marchés, on entre dans l’inconnu aux effets mondiaux difficilement quantifiables.

     
     
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