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    SNC-Lavalin affronte la critique

    La société aimerait un jour reprendre du service en Libye

    Gwyn Morgan
    Photo : - Le Devoir Gwyn Morgan
    Sommée par des actionnaires de remettre l’entreprise sur les rails le plus vite possible, la direction de SNC-Lavalin affirme qu’elle veut « aller au fond de toutes violations de la loi », que ses clients continuent de l’appuyer et qu’il n’y a pas d’exode d’employés.

    Aux prises avec un torrent de mauvaise publicité depuis l’éclatement d’un scandale entourant des commissions irrégulières de 56 millions, SNC-Lavalin a ajouté hier qu’un resserrement des règles est en cours et, côté affaires, qu’elle aimerait bien « retourner » en Libye pour reprendre la réalisation de projets.


    La journée a commencé sur les chapeaux de roues, l’assemblée annuelle permettant aux actionnaires réunis à Toronto d’exprimer leur insatisfaction sans aucun intermédiaire. Le président du conseil, Gwyn Morgan, leur a dit que cette année serait le plus grand défi de l’histoire de la compagnie, qui a célébré son centenaire l’an dernier.


    « J’aimerais connaître le genre de mesure nouvelle et innovatrice qu’Ian Bourne [le président par intérim] va mettre en place pour […] revitaliser ce qui était un chef de file canadien en matière d’ingénierie, a dit l’un d’eux, cité par CBC News. Il faut que vous opériez un virage, Monsieur, et très vite. »


    Les membres du conseil d’administration ont tous été réélus.


    SNC-Lavalin a fait état d’un bénéfice net de 67 millions au cours du premier trimestre, une baisse de 12 % par rapport au profit de 76 millions de l’an dernier à pareille période.


    Tel que les médias l’ont rapporté au début du mois d’avril, la société a versé une enveloppe de départ de 5 millions à Pierre Duhaime, qui a démissionné de la présidence au mois de mars, mais elle a ajouté hier que les enquêtes ont entraîné jusqu’ici des coûts de 5,4 millions.


    En conférence de presse après l’assemblée, M. Bourne a rappelé que M. Duhaime avait un contrat avec l’entreprise et que le document précisait les montants à être versés en cas de départ.


    La société montréalaise, dont les revenus ont atteint 1,79 milliard lors du trimestre, en hausse de 9 %, recrute fréquemment des « agents commerciaux » à l’étranger. Leur mission consiste à aider la société à décrocher des projets. Or, deux contrats - liés à des commissions de 56 millions - n’ont pas été déclarés selon les règles internes et ont été attribués à des projets auxquels ils ne semblaient pas se rapporter. Essentiellement, le directeur des finances de SNC-Lavalin aurait refusé d’effectuer les versements, le président décidant alors de donner l’ordre à un autre haut dirigeant.


    Lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers, le président par intérim, Ian Bourne, a dit hier qu’il ne serait pas surpris si les enquêtes policières en cours permettaient de déterrer d’autres éléments. Il ne s’est pas avancé dans les détails.


    D’ici là, a-t-il dit, le conseil d’administration a approuvé une mise à jour du code d’éthique et d’autres mesures correctives ont déjà été apportées.


    La société continue de chercher un président pour remplacer M. Duhaime, un exercice qui prendra trois mois, a dit M. Bourne.

     

    Retourner en Libye


    Mais le carnet de commandes est bien garni et la société maintient ses prévisions financières pour l’année en cours.


    « Nous cherchons activement une façon de retourner en Libye », a affirmé M. Bourne lors de la conférence téléphonique marquée principalement par des questions de nature purement opérationnelle. « Le gouvernement a un paquet de projets qui étaient en cours et qui ont été perturbés, particulièrement dans le créneau pétrolier et gazier, et du travail d’irrigation à l’aéroport de Benghazi. »


    Le soulèvement populaire contre le régime Khadafi qui a marqué le début de 2011 a forcé SNC-Lavalin à évacuer tout son personnel. En 2010, les activités de la société dans ce pays avaient compté pour près de 7 % du chiffre d’affaires.


    SNC-Lavalin est depuis longtemps considérée comme un des fleurons canadiens à l’étranger, et mène des activités dans une centaine de pays où elle est devenue, au fil du temps, un acteur majeur.


    Les dernières semaines ont été marquées par une perquisition de la GRC au siège social de l’entreprise, boulevard René-Lévesque à Montréal, la compagnie indiquant alors que le mandat concernait « certains individus qui ne sont pas ou plus à l’emploi de la société ».


    De plus, une demande de recours collectif a été déposée en Cour supérieure du Québec au début du mois de mars.


    Depuis l’éclatement du scandale, les marchés ont délaissé l’action de SNC-Lavalin à la Bourse de Toronto. Le titre accuse maintenant une baisse de 30 % sur trois mois, chose qui a fait dire à M. Bourne que le conseil d’administration « n’est pas heureux » du niveau de l’action. Celle-ci reviendra à ses anciens niveaux, a-t-il toutefois ajouté, car la société ne manque pas de contrats. Elle a terminé la séance en baisse de 2,8 %, à 36,99 $.


    Prié par une analyste de décrire le moral des employés, le président a affirmé qu’il est bon. Certains concurrents cognent effectivement à la porte pour en ravir, mais il n’y a pas eu d’exode du personnel, a dit M. Bourne. SNC-Lavalin compte 28 000 employés.


     
     
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