Crise européenne - La BCE lance un appel à la poursuite des efforts
Réuni ce mois-ci à Barcelone, le conseil des gouverneurs a maintenu son principal taux directeur à 1 %, son plus bas historique retrouvé en décembre. À ses yeux la politique monétaire menée actuellement est « accommodante », ce qui dans son vocabulaire signifie que son taux d’intérêt ne bougera pas pendant quelque temps.
M. Draghi n’a par ailleurs rien annoncé de nouveau en terme de mesures anticrise tout en jugeant une nouvelle fois « prématuré » leur abandon, réclamée depuis le début de l’année par la Banque centrale allemande notamment. Pourtant, pour certains analystes la situation actuelle aurait mérité une nouvelle intervention de la BCE, qui n’a pas ménagé sa peine depuis le déclenchement de la crise financière pour tenter de préserver la zone euro.
Mais l’institution monétaire de Francfort estime qu’elle en a assez fait pour l’instant, avec ses prêts illimités et bon marché aux banques de la zone euro pour éviter un effondrement du crédit et son programme de rachat d’obligations publiques sur le marché secondaire qui a permis de mettre un terme à l’envolée des taux consentis par certains pays.
M. Draghi n’a pas évoqué l’éventualité d’un nouveau LTRO (prêt sur trois ans aux banques), estimant que les effets du deuxième, en février, n’avaient pas encore pu être analysés. Quant aux rachats d’obligations, en sommeil depuis début février, la mesure existe, s’est-il contenté de répondre. Il s’est en revanche montré beaucoup plus loquace concernant le « pacte de croissance » qu’il préconise, pour surtout insister sur les devoirs des dirigeants de la zone euro à poursuivre le redressement de leurs finances, tel que décidé avec l’adoption d’un « pacte budgétaire ».
Alors que ces derniers sont de plus en plus nombreux à appeler de leurs voeux la fin de l’austérité à tous crins qui pour l’instant s’est soldée dans certains pays par l’aggravaton de la récession et du chômage, M. Draghi s’est fait l’écho de cette demande, renouvelant son appel à un « pacte de croissance ». « Nous devons remettre la croissance au centre de l’agenda » européen, a-t-il dit.
Marché du travail
À ses yeux, cette croissance ne devait pas être synonyme de programmes de relance et de dépenses supplémentaires. « Arrêter le redressement des comptes publics ne serait pas d’une grande aide », a-t-il mis en garde, préconisant en revanche de « faciliter les activités des entrepreneurs », jugeant que « la création de nouvelles entreprises et la création d’emplois sont cruciales ».
Il faut « accroître la flexibilité, accroître la mobilité et, troisièmement, également accroître la justice sur le marché du travail », a-t-il ajouté, faisant allusion au chômage des jeunes et aux différents statuts entre travailleurs protégés et ceux qui ne le sont pas.
« Nous avons noté que des progrès sont faits dans beaucoup de pays, mais plusieurs gouvernements doivent être plus ambitieux », a-t-il ajouté. Une manière de signifier que « la BCE n’hésiterait pas à accompagner et adoucir le processus d’ajustement mais que les gouvernements nationaux doivent s’atteler les premiers au sale boulot », estime Carsten Brzeski, économiste d’ING.








