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    Les entreprises du Canada mal préparées

    L’aide des gouvernements sera nécessaire pour permettre l’adaptation des entreprises aux changements climatiques, révèle une étude.
    Photo : Agence Reuters J.P. Moczulski L’aide des gouvernements sera nécessaire pour permettre l’adaptation des entreprises aux changements climatiques, révèle une étude.
    Les entreprises canadiennes sont mal préparées pour faire face aux impacts inévitables des changements climatiques, tout comme pour en tirer profit d’ailleurs. L’aide des gouvernements sera nécessaire pour permettre la nécessaire et pressante adaptation, constate la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRN) dont la mort prochaine a été décidée dans le dernier budget fédéral.

    Quel que soit le succès des luttes futures contre les émissions de gaz à effet de serre, un certain degré de changement climatique est désormais inévitable compte tenu des émissions passées, observe l’organisme consultatif composé d’experts, d’environnementalistes et de gens d’affaires dans deux rapports dévoilés vendredi. « La capacité des entreprises à agir et les mesures qu’elles prennent pour s’adapter aux effets des conditions climatiques changeantes - de normales à extrêmes - détermineront la prospérité économique future du Canada. »


    Malheureusement, si les entreprises se disent de plus en plus sensibles à la question, on constate qu’elles confondent encore trop souvent les enjeux liés à la réduction des gaz à effet de serre et l’adaptation, proprement dite, aux changements climatiques. Dans les faits, « relativement peu de sociétés semblent adopter une méthode structurée et explicite pour intégrer la gestion des risques et l’adaptation en matière de changement climatique dans leurs activités commerciales régulières ». Celles qui en font le plus se contentent souvent de se préparer à l’avènement d’événements climatiques exceptionnels, comme il s’en est toujours produit durant l’histoire, plutôt que de chercher à s’organiser en vue d’une nouvelle réalité.

     

    Attention, dangers


    Les risques et les possibilités liés au bouleversement du climat pourraient pourtant être nombreux, disent les deux rapports de 150 et 42 pages ayant pour titre commun : Face aux éléments : renforcer la résilience des entreprises au changement climatiques. À l’ère de la mondialisation, une sécheresse dans un pays où se trouve un fournisseur important ou des tempêtes sur une route maritime peuvent venir compromettre toute une chaîne d’approvisionnement. L’impact de températures extrêmes sur la demande et le prix de l’énergie, les difficultés financières d’un client exposé aux caprices de la météo, les dommages causés aux infrastructures par la hausse du niveau de la mer ou encore la concurrence grandissante entre les entreprises et les populations pour l’accès à l’eau potable sont autant de phénomènes qui pourraient coûter très cher à ceux qui ne les auront pas anticipés. D’un autre côté, on peut s’attendre, par exemple, à ce que les compagnies les plus résilientes devant ces nouveaux défis gagnent des parts de marché sur les autres, à ce qu’il y ait une forte demande de financement pour des projets verts et à ce que le réchauffement du Grand Nord ouvre toutes sortes d’occasions d’affaires.


    Le retard des compagnies canadiennes à entreprendre le virage nécessaire tient à différents facteurs notamment aux coûts d’adaptation, à leur vision à trop court terme et à l’incertitude qui entoure encore le phénomène de changement climatique. « Il est difficile de planifier en fonction de risques qui ne se matérialiseront que dans 20 à 40 ans et encore plus difficile de justifier de dépenser de l’argent maintenant pour des risques que les gens ne comprennent pas », dit un observateur cité dans l’un des rapports.

     

    Gouvernements demandés


    La TRN en appelle à l’action des gouvernements. Le refus des entreprises de s’adapter aux réalités climatiques futures, prévient-elle, finira par se répercuter « sur leurs résultats nets, sur leurs investisseurs, sur la clientèle, sur la main-d’oeuvre et, en fin de compte, sur notre économie et notre société ». Cette négligence met aussi en danger la fiabilité de services essentiels, comme les réseaux d’électricité, d’Internet, de téléphone cellulaire ou encore de transports. Elle constituerait, de plus, une terrible chance de développement économique perdue.


    Pour encourager les transformations nécessaires, les gouvernements devraient commencer par encourager la recherche et le partage d’informations directement utiles aux entreprises, grandes et petites. Il faudrait aussi imposer aux compagnies des règles en matière d’évaluation et de divulgation des risques liés aux changements climatiques. Les gouvernements devront également s’occuper plus sérieusement de la résilience des infrastructures critiques. Une augmentation du financement de la recherche et du développement de nouvelles technologies et nouveaux secteurs d’affaires sera aussi essentielle.


    Créée il y a près de 25 ans afin que les Canadiens apprennent « à voir d’un autre oeil la relation entre l’environnement et l’économie, et à agir en conséquence », la TRN est passée sous le couperet du dernier budget du gouvernement Harper. Selon le Globe and Mail de samedi, elle devrait produire encore deux études, dont l’une faisant l’évaluation des politiques climatiques des provinces, avant de fermer ses portes, le 31 mars prochain.

     
     
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