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    Écotech Québec - Après Montréal, Helsinki

    La recherche de partenaires stratégiques se poursuit

    25 avril 2012 |Etienne Plamondon Emond | Actualités économiques
    Le Québec est à l'honneur au Cleantech Venture Day de Lahti, en Finlande. Cet événement, réunissant des entreprises de technologie propre de la Scandinavie, s'amorce aujourd'hui. Le Devoir a joint par téléphone Denis Leclerc, président et chef de la direction d'Écotech Québec, lorsqu'il venait à peine de mettre le pied à Helsinki pour participer à ce rendez-vous en compagnie d'une délégation québécoise.

    «La Finlande nous a invités et a même mis le Québec à l'honneur lors de cet événement », dit Denis Leclerc depuis l'autre côté de l'Atlantique. Un certain retour d'ascenseur, car en août dernier, en marge du sommet mondial Écocité, un Cleantech Dialogue avait été organisé avec des entreprises du Québec et des intervenants de la Finlande. « Ils nous ont demandé si on était intéressé à ce qu'ils organisent un événement pour le Québec lors du Cleantech Venture Day. C'était difficile de refuser cette belle vitrine, pour nos entreprises et notre expertise, mais aussi pour mieux saisir ce qui se passe dans les pays nordiques, parce qu'ils sont reconnus pour être les précurseurs en technologie propre. » La délégation québécoise tentera du même coup d'organiser plusieurs rencontres d'affaires personnalisées avec des investisseurs chinois, indiens et européens qui seront présents à cet événement d'envergure mondiale.

    Mais les Québécois qui sont du voyage en Finlande cherchent surtout des réponses aux deux questions suivantes : est-ce que leur expertise peut compléter celle qu'on a développée au Québec ? Et quelles sont les occasions d'affaires pour nos entreprises ? Aussi, la délégation vient « pour comprendre comment fonctionnent les incubateurs d'entreprises innovantes. On nous dit qu'ils ont un modèle très percutant avec des résultats très intéressants », souligne Denis Leclerc.

    Technologies propres

    Avant d'atterrir en Finlande, la délégation a aussi été invitée par une grappe danoise de technologie propre à passer deux jours à Copenhague pour y visiter, entre autres, des sites de production d'électricité générant de l'énergie à partir de matières résiduelles. Une destination qui tombait à point. Car, dans ce pays, on chercherait de moins à moins à brûler les déchets, mais plutôt à les valoriser, « ce que les Danois n'avaient pas l'habitude de faire, note Denis Leclerc. C'est une belle occasion pour nos innovateurs du Québec qui ont développé toutes sortes de façons de faire en gestion des matières résiduelles. » D'ailleurs, une étude sur les technologies propres menée par la firme Deloitte Samson Bélair & Touche, pour le compte d'Écotech Québec, a identifié en mars dernier les matières résiduelles comme l'un des secteurs porteurs dans lesquels le Québec pourrait tirer son épingle du jeu sur le marché mondial.

    Cette même étude, en pesant les forces, les faiblesses, les menaces et les occasions dans chacune des filières des technologies propres développées ici, a permis de cibler, outre les matières résiduelles, trois autres domaines dans lesquels le Québec possède des avantages concurrentiels : la biomasse, l'efficacité énergétique et l'hydroélectricité.

    Or, pour les Danois, « la question de l'efficacité énergétique des bâtiments est devenue une priorité, constate Denis Leclerc.

    Au Québec, c’est encore un secret bien gardé, mais on a des innovateurs particulièrement aguerris et chevronnés en efficacité énergétique. Ça peut être de belles occasions de partenariats et d’affaires pour nos entreprises. » M. Leclerc souligne que, du côté de la biomasse, Jean Moreau, le président de l’entreprise de fabrication de nanocellulose cristalline CelluForce, fait partie du voyage « pour sonder le terrain » finlandais et tâter le pouls de l’expertise et du marché.
     
    De la Scandinavie au Brésil

    Plus au sud, Écotech Québec coordonne aussi les activités d’une nouvelle alliance dans le domaine des technologies propres entre le Québec et l’État de São Paulo, au Brésil. « Pour Écotech Québec, ce fut une occasion à saisir pour permettre à nos entreprises de pouvoir profiter de ce marché en croissance », dit Denis Leclerc, qui assure que les demandes en technologie propre au Brésil correspondent à notre offre. « Le premier enjeu là-bas, c’est la gestion des matières résiduelles. Ensuite, c’est le traitement de l’eau. On a aussi une bonne expertise en traitement de l’eau au Québec. Le troisième enjeu, c’est l’efficacité énergétique. »
     
    Tout a commencé lorsque le ministre de l’Environnement de l’État de São Paulo a été invité par Écotech Québec au sommet Écocité. Ce dernier est ensuite retourné au Brésil avec le désir de créer une grappe de technologie propre sur le modèle d’Écotech Québec. Denis Leclerc a ensuite participé à une mission au Brésil en octobre dernier, où il a proposé cette alliance. Une entente signée par le premier ministre Jean Charest et le gouverneur de l’État de São Paulo, Geraldo Alckmin, a concrétisé ce partenariat le 12 avril dernier.
     
    « De leur côté, ils sont très intéressés à mieux saisir les innovations qu’on a développées au Québec et même à s’établir au Québec afin de s’attaquer au marché nord-américain. Le Québec deviendrait une plaque tournante ou un tremplin pour les entreprises brésiliennes », croit Denis Leclerc.
     
    S’il semble souvent être en déplacement, Denis Leclerc assure que « l’idée d’Écotech Québec, ce n’est pas de s’éparpiller, c’est d’essayer de trouver des régions qui peuvent devenir des partenaires stratégiques. Nous aussi, au Québec, on a des besoins », dit-il, en rappelant l’objectif de réduire de 20 % les gaz à effet de serre pour 2020. « Au Québec, on a une bonne matière grise et de bonnes innovations, mais parfois, quand on est capable de créer un partenariat avec une autre entreprise étrangère qui a une innovation complémentaire, ça vient solidifier davantage l’offre de services de nos entreprises […]. Entre grappes, on ne se voit pas com-me des concurrents, on se voit plus comme des collaborateurs », clame-t-il.
     
    Et, dans ses valises, Denis Leclerc rapporte quelques idées au Québec. Le 15 mai prochain, Écotech dévoilera une nouvelle analyse inspirée des appuis accordés à l’industrie des technologies propres qui ont été observés dans d’autres pays. « On s’aperçoit que, dans d’autres marchés, dans d’autres pays, les gouvernements, ainsi que les organismes publics et parapublics, ont développé une façon de faire pour participer à la croissance de ce secteur de l’économie verte. Nous, on a regardé à différents endroits et on va proposer certaines façons de faire pour les décideurs publics afin d’accélérer ce déploiement des technologies propres », annonce-t-il. Le dernier budget du Québec, quant à lui, a annoncé en mars dernier la création d’un nouveau fonds de capital-risque réservé aux technologies propres.
     
    Collaborateur
    Le Devoir












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