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Fondaction et Caisse d'économie solidaire - Des acteurs financiers savent être responsables!

Pour «une meilleure équité et une recherche de mieux-être des personnes»

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	Léopold Beaulieu, p.-d.g. de Fondaction, estime que l’heure est venue de procéder à des changements en profondeur sur la façon de penser l’économie.</div>
Photo : Source Fondaction
Léopold Beaulieu, p.-d.g. de Fondaction, estime que l’heure est venue de procéder à des changements en profondeur sur la façon de penser l’économie.
S'ancrer dans l'économie réelle pour une véritable conversion écologique de l'économie. C'est ce vers quoi tendent deux grands établissements financiers québécois, soit la Caisse d'économie solidaire et Fondaction, qui tentent, par leurs offres de services respectives, de repenser l'avenir dans une perspective de développement durable.

«Je crois que la crise financière qui a commencé en 2008 et qui s'étire dans certains coins de la planète a fait ressortir un point de rupture», estime Léopold Beaulieu, p.-d.g. de Fondaction.

«Les changements climatiques, c'est un défi sans précédent pour l'humanité. La disponibilité des ressources naturelles est en déclin. Les inégalités entre les riches et les pauvres, que ce soit au Nord ou au Sud, donnent le signal de troubles sociaux qui sont à venir. Les affres de la crise alimentaire réapparaissent dans plusieurs coins de la planète...», ajoutera-t-il.

Selon lui, c'est le signe que l'heure est venue de procéder à des changements en profondeur sur la façon de penser l'économie. Il cite Einstein, qui soutenait que la folie était de toujours se comporter de la même manière et de s'attendre à un résultat différent.

«Il faut cerner de nouvelles impulsions motrices de développement économique pour créer des emplois et stimuler les innovations, affirme Léopold Beaulieu. Je parle ici d'une approche de développement durable, d'une économie qui serait déterminée par une meilleure équité et une recherche de mieux-être des personnes. Ça veut dire revenir aux principes de base de la finance, une finance liée à l'économie réelle ayant une perspective à long terme et visant des rendements qui soient raisonnables, en lien avec l'évolution économique générale.»

Un tel retour à l'économie de base passe nécessairement par une autre forme de gouvernance, qui reconnaisse les parties prenantes de l'entreprise, tant à l'interne qu'à l'externe, plutôt que de s'appuyer sur la recherche exclusive du profit à court terme, croit Léopold Beaulieu.

«Il faut adopter une approche différente de faire des affaires et développer des entreprises pour répondre aux exigences incontournables de ce siècle. On ne peut plus penser l'économie sans tenir compte des impacts écologiques, l'environnement sans tenir compte des activités sociales et le social sans tenir compte des pratiques économiques. C'est un changement culturel en profondeur de la manière d'entreprendre et de faire des affaires. Et c'est à ça que Fondaction cherche à contribuer.»

Être économique, social et écologique

Chez Fondaction, on finance des projets en apportant du capital de développement, avec un objectif inhérent au développement durable de triple reddition de comptes économiques, sociaux et écologiques. Selon son p.-d.g., les projets sont choisis en fonction de leur potentiel d'amélioration sur ces trois volets.

Et comme on veut «mettre les bottines du côté des babines», Fondaction tente elle-même de donner l'exemple. C'est ce qu'elle a fait en inaugurant, il y a deux ans, ses nouveaux bureaux de Québec, un édifice de six étages tout en bois — le plus haut en Amérique du Nord — qui détient à la fois les certifications LEED et FSC (Forest Stewardship Council).

«C'est un geste de soutien à l'industrie forestière, qui a besoin de se réorganiser et de se renouveler. Et c'est un geste qui, sur le plan écologique, est important, parce que c'est un bénéfice carbone de 1350 tonnes de CO2, donc l'équivalent des gaz à effet de serre produits par 270 automobiles dans un an. C'est un immeuble qui a un peu une valeur d'icône en ce moment et qui s'inscrit en harmonie avec notre préoccupation, qui est à la fois économique, écologique et sociale.»

À la Caisse d'économie solidaire

À la Caisse d'économie solidaire, on s'inscrit depuis longtemps dans ce mode de pensée, en finançant des entreprises en économie sociale dans un dessein de partage de la richesse ayant un impact sur le bien-être des Québécois. «On assiste actuellement à un système éclaté entre l'économie, le social et l'écologique, déplore le directeur général de la Caisse, Paul Ouellet. Ce sont des entités autonomes qui ne sont pas vues comme complémentaires par le grand monde financier. Et il n'y a pas de meilleur exemple de ça que ce qui se passe autour des denrées alimentaires, qui deviennent des enjeux spéculatifs où les prix varient selon des fluctuations créées de toutes pièces par la financiarisation. Il n'y a pas de lien direct avec l'économie réelle. C'est complètement catastrophique.»

À la Caisse d'économie solidaire, on affirme être en réaction par rapport à cette économie artificielle et tenter, par les moyens dont on dispose, de construire un nouveau modèle.

Avec les Rencontres du Mont-Blanc, qui représentent les dirigeants de l'économie sociale de tous les continents et qui seront représentées à Rio+20, la Caisse tente de trouver des solutions pour une nouvelle approche économique qui intégrerait les trois volets du développement durable.

«Il faut voir ces trois dimensions comme des entités non pas qui s'opposent l'une à l'autre, mais qui doivent s'allier pour construire un écosystème où l'intégration des trois dimensions crée une synergie qui permet de répondre aux besoins réels des populations.»

Pour une biodiversité entrepreneuriale

Selon Paul Ouellet, la solution passe notamment par la biodiversité entrepreneuriale, soit un mélange d'économie privée, d'économie publique et d'économie sociale. C'est le pont entre ces trois économies qui va créer une société plus riche, tant sur le plan financier que social et écologique, estime Paul Ouellet.

«Pour favoriser une économie qui assume le développement durable, il y a deux avenues. Il y a les entreprises qui ont des activités économiques plus traditionnelles et qui se doivent d'intégrer la dimension sociale ou écologique. Et il y a la deuxième avenue, qui est en développement et à laquelle il faut porter une attention particulière, qui est celle où des entreprises, qu'elles soient privées ou collectives, développent une activité économique créant un meilleur environnement.»

Paul Ouellet donne l'exemple des coopératives forestières qui s'intéressent à la biomasse, ou des entreprises qui se spécialisent dans l'éolien, les nouvelles sources d'énergie ou l'agriculture biologique. «Nous assistons à une recherche de création d'entreprises de deuxième niveau, et c'est cette deuxième avenue qui est vraiment porteuse d'une économie nouvelle.»

À la Caisse, on tente d'assumer ses responsabilités, tant à l'interne qu'à l'externe. On offre des bourses, on fait des assemblées carboneutres, on obtient des certifications. Et on tente d'aider les entreprises financées en leur offrant des outils pour tenter d'améliorer leur gouvernance et leurs performances sur le plan du développement durable.

Même si on tente d'être toujours le meilleur possible, rien n'est jamais parfait, concède Paul Ouellet. «La transition écologique de l'économie, ce n'est pas un état qu'on atteint une fois. C'est une démarche qu'on poursuit. C'est une vision, et ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir des conflits d'intérêts à l'occasion, mais c'est un processus dans lequel on doit s'inscrire.»

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Collaboratrice du Devoir
 
 
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