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Quatre prétendants pour acheter VUE - Vivendi Universal prépare son départ d'Hollywood

L'acquéreur s'assurera un avantage concurrentiel décisif sur le marché américain de la télévision câblée

26 août 2003  Actualités économiques
Paris — Le conseil d'administration de Vivendi Universal (VU) se réunit aujourd'hui pour examiner quatre offres d'achat de sa filiale américaine de divertissement, VU Entertainment (VUE), et se prépare à faire ses adieux à Hollywood.

La cession de VUE, qui devrait être bouclée fin septembre, sera l'une des plus importantes transactions financières et stratégiques de l'année aux États-Unis par son montant et ses implications sur le paysage télévisuel américain. L'acquéreur de VUE s'assurera un avantage concurrentiel décisif sur le marché américain de la télévision câblée, qui connaît une nouvelle vague de concentration. VUE dispose du 5e réseau câblé aux États-Unis.

Besoin d'argent

VU, qui a un urgent besoin d'argent frais pour accélérer son désendettement et revenir dans la catégorie «investissement» des agences de notation financière, a fait de la cession de VUE un «enjeu majeur» pour 2003. Il s'est engagé à vendre pour sept milliards d'euros d'actifs en 2003, mais n'en a cédé jusqu'à présent que pour 2,9 milliards.

Le p.-d.g. de VU, Jean-René Fourtou, espère tirer quelque 14 milliards $US de sa filiale américaine regroupant les studios de cinéma Universal, des parcs d'attraction et la chaîne de télévision câblée USA Networks. VUE a réalisé en 2002 un chiffre d'affaires de 6,9 milliards d'euros pour un résultat d'exploitation de 946 millions. Ses actifs sont inscrits pour 15 milliards de dollars américains au bilan de VU.

Américains seulement

Quatre prétendants, tous américains, ont déposé des offres: NBC, filiale média de General Electric, Edgar Bronfmann Jr, ancien propriétaire des studios Universal, Liberty Media et Viacom. Ces offres valorisent la totalité de VUE entre 12 et 13 milliards de dollars, mais seules celles de NBC et de Bronfmann portent sur la totalité du périmètre en vente.

M. Bronfman est à la tête d'un consortium formé de deux fonds de capital risque (Thomas H. Lee et Blackstone) et de la chaîne de télévision Cablevision (chaînes Women's Entertainment, Americain Movie Classic et Independent Film Channel). Il est adossé aux banques Merrill Lynch et Wachovia. Il avait fusionné en 2000 les studios Universal de Hollywood avec Vivendi pour créer Vivendi Universal avec Jean-Marie Messier.

Le conseil d'administration de VU doit établir une «liste restreinte»de deux candidats au plus, ou, selon l'état d'avancement des discussions préalables, annoncer dès aujourd'hui l'ouverture d'une négociation exclusive avec le prétendant le mieux-disant, indique-t-on de source proche du dossier.

Liberty Media et Viacom apparaissaient hier à la veille de ce conseil d'administration crucial, comme des «outsiders» entre les mains de VU. La corde était tenue par NBC et M. Bronfmann.

Selon des sources proches du dossier, l'offre de M. Bronfmann comporte un volet en numéraire de 5,5 milliards de dollars, plus une reprise de dette de 2,5 milliards, (soit huit milliards, au total) et une association avec VUE dans la télévision câblée, dans laquelle VU aurait une participation minoritaire. Ce montage valoriserait VUE à quelque 13 milliards au total et permettrait une sortie rapide de VU en cas de besoin.

L'autre favori, NBC, propose la création d'une association avec VUE, mais offrirait moins de numéraire que M. Bronfmann.

Présente dans l'information financière au travers de CNBC et l'information en continu au travers de MSNBC, NBC s'est enrichi il y a un an en rachetant deux réseaux: Telemundo (hispanophone) et Bravo (divertissement). Elle souhaite compléter sa palette par l'absorption des studios Universal (cinéma) et des chaînes câblées de loisirs (USA Networks et SCI-FI) de VUE. Elle atteindrait ainsi une taille comparable sur le marché américain du câble à celle de Viacom.
 
 
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