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    Il est possible de remettre l'économie sur ses rails

    Les coopératives du monde créent plus d'emplois que les multinationales

    Les coopératives maintiennent sur la planète 100 millions d’emplois, soit beaucoup plus que les multinationales, et leur chiffre d’affaires, même si on ne prend en compte que les 300 plus grandes d’entre elles, en fait, mis en référence aux pays, la neuvième puissance économique planétaire.<br />
    Photo: Newscom Les coopératives maintiennent sur la planète 100 millions d’emplois, soit beaucoup plus que les multinationales, et leur chiffre d’affaires, même si on ne prend en compte que les 300 plus grandes d’entre elles, en fait, mis en référence aux pays, la neuvième puissance économique planétaire.
    L'Occident est en crise. Et si terroristes à l'œuvre il y a, ils sont pour plus d'un inscrits dans une mouvance, celle dite capitaliste. Aussi, au moment où tout semble vaciller, quand les gouvernements ne semblent avoir d'autre modèle de correction financière que celui qui refile les factures des erreurs passées aux classes moyennes, voici qu'un autre discours se fait entendre: il décrit une autre économie où la priorité est accordée à la personne et non à la recherche du simple profit. Place à l'aventure collective en cette Année internationale des coopératives.

    Au Québec, le modèle coopératif est inscrit dans la vie quotidienne. Il est d'ailleurs impossible de traverser une ville ou un village, et, dans les grands centres, même une agglomération, sans que le regard enregistre une enseigne où le vert domine: les caisses populaires, après un premier local ouvert à Lévis par un Alphonse Desjardins en 1900, sont devenues une composante quasi naturelle du paysage québécois. Et qui est fermier ne peut non plus oeuvrer sans méconnaître l'existence d'une Coop fédérée. Et qui est ministre, du budget surtout, ne peut déposer une planification sans qu'un représentant des coopératives d'habitation dénonce toute proposition s'il n'est alors pas fait état d'une mesure qui permette l'augmentation du parc locatif communautaire.

    Et ainsi de suite, quand on aborde ailleurs le monde artistique où, s'il y a là des compagnies à l'oeuvre, plus d'une se voit être la propriété de ses membres: le réseau des galeries d'art parallèles est à cet égard exemplaire.

    Pérennité

    Et la formule coopérative est une formule heureuse. Comme le rapporte Étienne Plamondon Émond, «au Québec, le taux de survie des coopératives est établi à 44,3 % après dix ans, alors que celui de l'ensemble des entreprises n'atteint que 19,5 % pour la même période de temps. Après cinq ans, ce sont 65 % des coopératives qui demeurent en activité, comparativement à 44,3 % des entreprises québécoises».

    Aussi, quand les Aveos ferment, quand MABE (une entreprise qu'autrefois CAMCO avait héritée de General Electric) déménage ou que Shell ferme ses raffineries et que AtraZeneca décide de rationaliser ses activités, c'est à coups de 1800, de 740, de 800 ou de 132 emplois perdus qu'il faut capitaliser les profits. Devant une telle situation, que faire? «Il faut s'intéresser directement à l'économie, puisque l'économie ne s'intéresse pas à nous! C'est-à-dire qu'elle nous laisse en plan, sur le bord du chemin, comme chômeurs... Il y a heureusement des solutions de rechange, dont les mouvements coopératifs», dira alors Louis Favreau, du GESQ, le Groupe d'économie solidaire du Québec.

    Intervention


    Et si dans une entreprise il y actionnariat, il peut être maîtrisé par ses membres: alors qu'autant il est difficile de se faire entendre lors des réunions des grandes banques, autant il est possible, et chacun est invité à répétition à le faire, d'intervenir dans les assemblées des caisses, comme des divers fonds de travailleurs.

    Là, il sera question d'oeuvrer d'abord au profit du bien commun plutôt que de sacrifier des «biens», souvent humains, à la seule recherche d'un éventuel profit: il y a plus d'avantages à faire affaire avec des sociétaires plutôt qu'avec des actionnaires.

    Puissance

    On parle donc d'un modèle coopératif. Et les données qui le décrivent impressionnent. L'Alliance coopérative internationale rappelle d'ailleurs que les coopératives maintiennent sur la planète 100 millions d'emplois, soit beaucoup plus que les multinationales, et que leur chiffre d'affaires, même si on ne prend en compte que les 300 plus grandes d'entre elles, en fait, mis en référence aux pays, la neuvième puissance économique planétaire!

    Pourtant, cela n'a pas empêché dans un passé récent qu'un secteur comme celui de l'assurance a vécu une vague de démutualisation: faut-il voir là un hasard quand on apprend que Sun Life vit présentement des jours difficiles?

    Solution

    Il faut remettre l'économie sur ses rails. Pour certains, ce sera un «plan Nord» qui peut se résumer à une simple dilapidation des ressources naturelles. Pour d'autres, il s'agira de recapitaliser des banques devenues frileuses, qui ne prêtent alors plus. Certains auront même une formule plus radicale encore: étrangler des pays en les obligeant à emprunter à fort taux d'intérêt et à aussi couper dans les «dépenses», ces sommes qui seraient normalement mises au service des personnes.

    Et alors, on n'«investit» plus dans les personnes, en éducation ou en santé, mais on soutient par des transferts financiers des entreprises à numéros où l'anonymat règne dès qu'il est question d'identifier un dirigeant.

    Nous en sommes là. Il y un choix à faire: ou on parle de solidarité et d'initiatives locales, ou on dépend d'un modèle économique qui se décrit en termes de cotes boursières, là où la mesure des choses n'est pas l'intérêt collectif, mais le gain en capital. Et que ce gain soit fait au détriment de qui travaille et de qui est l'usager, cela importe peu, pourvu que gain il y a.

    Qui gagne alors dans un tel jeu? Et qui peut aussi se permettre d'ignorer qu'au Québec sept citoyens sur dix sont membres d'une entreprise inscrite dans le mouvement coopératif?
     
     
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