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    Mouvement Desjardins - L'institution québécoise est au 18e rang du World's 50 Safest Banks

    Hors Québec, Desjardins rejoint près de huit millions de personnes dans une trentaine de pays

    31 mars 2012 |Jessica Nadeau | Actualités économiques
    Aujourd’hui, le Mouvement Desjardins, compte 5,6 millions de membres, 422 caisses au Québec et en Ontario, plus de 44 000 employés et possède un actif de plus de 190 milliards, dont 401 millions ont été retournés aux membres et dans la collectivité.<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Aujourd’hui, le Mouvement Desjardins, compte 5,6 millions de membres, 422 caisses au Québec et en Ontario, plus de 44 000 employés et possède un actif de plus de 190 milliards, dont 401 millions ont été retournés aux membres et dans la collectivité.
    La petite caisse populaire fondée à Lévis par Alphonse Desjardins, il y a plus d'un siècle, a fait bien du chemin au fil des décennies. Aujourd'hui, le modèle coopératif de Desjardins est exporté dans plusieurs pays en émergence et reconnu comme l'une des institutions financières les plus sécuritaires au monde. Le secret du succès? La force de son réseau. Portrait d'une institution québécoise légendaire.

    C'est en 1897 qu'Alphonse Desjardins a le déclic. L'idée de la coopérative n'a pas encore germé, mais déjà il tente de trouver une solution au problème des prêts usuraires. Sténographe à la Chambre des communes à Ottawa, Alphonse Desjardins est scandalisé lorsqu'il entend le député montréalais Michael Quinn affirmer qu'un individu a été condamné par la cour à payer 3000 % d'intérêt sur un prêt de 150 $.

    «C'est là le point de départ de la quête d'Alphonse Desjardins. Il veut trouver un modèle pour donner accès au crédit aux gens qu'on appelait à l'époque les populations laborieuses», explique Richard Lacasse, porte-parole du Mouvement Desjardins.

    Après Wolf


    L'idée de la coopérative lui vient du Britannique Henry Wolf, auteur du livre People's Banks et premier président de l'Alliance coopérative internationale (ACI). Ce dernier met Desjardins en contact avec différents coopérateurs belges, français et italiens pour qu'il puisse s'inspirer des modèles européens et élaborer sa propre recette à la sauce québécoise.

    «L'autre élément historique très important, c'est le rôle des femmes dans le développement des caisses Desjardins, rappelle Richard Lacasse. Comme Alphonse Desjardins est à Ottawa six mois par année, c'est sa femme, Dorimène, qui reçoit les membres de la caisse dans la résidence familiale de Lévis. Elle est la gérante de facto, alors que, juridiquement, les femmes mariées n'ont pas de statut et sont considérées comme des mineures en vertu de la loi antérieure à 1964. Et elle n'est pas la seule. En milieu rural, il y a beaucoup de caisses qui sont gérées par des femmes sans titre ni salaire, parce que le mari n'a pas le temps de recevoir les dépôts.»

    Très rapidement, le modèle coopératif de Desjardins prend son envol. De 1908 à 1915, il fonde personnellement 156 caisses, dont 9 aux États-Unis et 18 en Ontario. L'appui de l'Église, qui voit d'un bon oeil le modèle coopératif comme modèle social, lui donne un bon coup de main.

    «Dès le départ, Alphonse Desjardins a une idée qui diffère du modèle qu'on voit ailleurs au Canada anglais: c'est la mise en réseau des caisses, qui sont des établissements juridiquement autonomes, mais regroupés en réseau au sein de la fédération des caisses. C'est cette mise en réseau qui a vraiment permis à Desjardins de se développer et de devenir le leader de marché qu'on connaît au Québec.»

    18e au classement mondial


    Aujourd'hui, le Mouvement Desjardins, ce sont 5,6 millions de membres, 422 caisses au Québec et en Ontario, plus de 44 000 employés et un actif de plus de 190 milliards, dont 401 millions ont été retournés aux membres et dans la collectivité.

    C'est aussi une présence dans 1100 écoles primaires, la caisse scolaire permettant à plus de 100 000 jeunes d'être initiés à l'épargne et de créer une habitude de sécurité financière à long terme. Sans oublier les bourses d'études.

    À travers sa société de développement international (DID), Desjardins soutient une vingtaine de réseaux coopératifs dans le monde et rejoint près de huit millions de personnes dans une trentaine de pays, notamment au Burkina Faso, au Sénégal, au Paraguay et en Haïti.

    «Desjardins est vu dans le monde comme un des grands modèles de la coopération dans le secteur financier, en raison de sa solidité financière, de ses pratiques de gouvernance et de sa rigueur dans la gestion des prêts, clame fièrement Richard Lacasse. Il y a une tradition de prudence chez Desjardins, et c'est un peu normal parce qu'on prête l'argent de nos membres, et non l'argent qu'on a ramassé à la Bourse.»

    Depuis quelques années, la solidité financière de Desjardins est reconnue par la revue new-yorkaise Global Finance. Lors du dernier classement, en mars 2012, l'institution québécoise s'est hissée au 18e rang du World's 50 Safest Banks. C'est une reconnaissance dont Richard Lacasse est fier. «Nous sommes l'un des établissements financiers les mieux capitalisés au Canada, voire en Amérique du Nord.»

    Près des gens

    Au-delà des chiffres, le porte-parole affirme que le Mouvement Desjardins mise d'abord et avant tout sur les gens, dans le respect du concept imaginé il y a plus de 100 ans par Alphonse Desjardins lui-même. Ce dernier voulait être près des gens qui n'avaient pas traditionnellement accès au crédit.

    Aujourd'hui, Desjardins se targue d'être le seul établissement à offrir un service de microcrédit personnel en partenariat avec les associations coopératives d'économie familiale (ACEF) régionales. «Nous permettons à ces gens de réintégrer le réseau normé d'accès au crédit, mais avec un levier additionnel, qui est celui de la sensibilisation financière», précise Richard Lacasse.

    Outre les ristournes et la gouvernance démocratique, l'aspect coopératif de l'établissement financier se traduit par son fort enracinement dans le milieu, estime le porte-parole. «Les caisses ne sont pas des succursales d'un établissement, elles sont le coeur du Mouvement Desjardins. Parce qu'elles sont autonomes et enracinées dans leur milieu, elles sont aux premières loges de tout ce qui bouge au Québec. Que ce soit pour la restauration d'une église en région éloignée ou pour le financement de l'équipe de soccer locale, les gens se tournent vers la caisse.»

    Les affaires semblent aller bon train, mais, pour les dirigeants élus, il n'est point question de relâcher la vigilance. «Desjardins doit constamment innover, développer de nouvelles solutions [...] pour mieux répondre aux besoins évolutifs de nos membres, notamment en matière de transactions électroniques.»

    Selon Richard Lacasse, Desjardins est présentement en mode de croissance — une croissance prudente dans un contexte économique fragilisé — et veut accroître sa présence dans le Grand Montréal, de même que dans les autres provinces canadiennes. Desjardins se dit même ouvert à des acquisitions, pour autant que ce soit compatible avec son modèle d'affaires coopératif.

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    Collaboratrice du Devoir
     
     
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