Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Fermeture d'Aveos - Québec menace de poursuivre Ottawa

Les ex-travailleurs d’Aveos ont fait le trajet jusqu’à Québec afin de sensibiliser les élus au sort que leur a réservé leur entreprise. Ci-dessus, ils discutent avec le ministre Sam Hamad.<br />
Photo : Clément Allard - Le Devoir Les ex-travailleurs d’Aveos ont fait le trajet jusqu’à Québec afin de sensibiliser les élus au sort que leur a réservé leur entreprise. Ci-dessus, ils discutent avec le ministre Sam Hamad.
Québec — Le premier ministre Jean Charest envisage toutes les possibilités pour empêcher la perte des 2400 emplois d'Aveos, y compris de poursuivre devant les tribunaux le gouvernement Harper.

«Nous allons tout, tout mettre en oeuvre pour garder les opérations ouvertes, pour voir de quelle façon on peut aider les travailleurs et aider l'entreprise, et nous allons effectivement examiner tous les recours qui nous sont disponibles, incluant la possibilité de prendre des recours juridiques contre le gouvernement fédéral», a déclaré Jean Charest lors de la période de questions à l'Assemblée nationale.

Aveos détenait le contrat de révision — la maintenance lourde — de la flotte d'avions d'Air Canada. Lundi, Aveos a annoncé qu'elle se plaçait sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers ainsi que la cessation totale de ses activités au Canada. Elle fermait ses installations de Montréal, de Mississauga, en banlieue de Toronto, et de Winnipeg. En vertu de la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada de 1988, Air Canada est tenue de faire la maintenance de ses avions à Montréal, à Toronto et à Winnipeg. Aveos comptait 1800 mécaniciens et 600 employés de soutien à Montréal.

Dans une conférence téléphonique hier en fin de journée, le ministre fédéral des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités, Denis Lebel, a lu une déclaration affirmant que «la loi, c'est la loi». Il ajoutait qu'«Air Canada a l'obligation de maintenir des centres d'entretien et de révision à Montréal, Mississauga et Winnipeg». Mais quand un journaliste lui a demandé ce que le gouvernement fédéral comptait faire après qu'il eut reconnu qu'Air Canada ne respectait pas la loi, Denis Lebel a répondu sèchement: «Qui vous a dit qu'Air Canada contrevenait à la loi?» Bref, Ottawa attend toujours des avis juridiques.

Au terme de la période de questions, c'est à l'unanimité que l'Assemblée nationale a adopté une motion, présentée conjointement par le député de Gouin, Nicolas Girard, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Sam Hamad, et le député de Mercier, Amir Khadir, de Québec solidaire, invitant le gouvernement québécois «à prendre dans les plus brefs délais tous les recours juridiques possibles pour le maintien des centres de révision et d'entretien d'Air Canada à Montréal».

Devant le parlement hier, ils étaient une centaine d'employés d'Aveos, représentés par l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), à manifester. La chef du Parti québécois, Pauline Marois, est venue leur donner l'assurance que tous les parlementaires étaient derrière eux. «Le gouvernement du Québec doit agir», a-t-elle dit. Sam Hamad leur a également adressé la parole. «Vous avez une bonne cause, a-t-il dit. Notre objectif, c'est de maintenir Aveos ouverte.»

Le ministre s'est entretenu avec deux autres ministres, ontarien et manitobain, pour tenter de faire front commun devant Air Canada et Ottawa.

Selon Jean Poirier, le vice-président du local 1751 de l'AIMTA, la stratégie d'Air Canada est de se débarrasser de la maintenance lourde. «Le gouvernement Harper est de même avec la compagnie. On s'est présentés en commission parlementaire et c'était clair qu'eux autres, ils ne nous aideraient pas.» Jean Poirier a rappelé qu'Air Canada a créé une entreprise indépendante pour ses services techniques. En 2007, elle vendait cette entreprise à Aveos, mais les employés gardaient leur lien d'emploi avec Air Canada. Puis, en juillet dernier, le Conseil canadien des relations industrielles statuait que les mécaniciens d'Air Canada étaient des employés d'Aveos.

Après une rencontre avec des travailleurs d'Aveos, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a dit que Jean Charest devait s'engager «personnellement» à négocier une entente avec Air Canada, Aveos n'étant qu'une coquille vide dont 90 % du chiffre d'affaires provenait de cette seule compagnie aérienne. Une aide financière devrait être consentie à Air Canada pour préserver ces 2400 emplois, juge le chef caquiste.
Les ex-travailleurs d’Aveos ont fait le trajet jusqu’à Québec afin de sensibiliser les élus au sort que leur a réservé leur entreprise. Ci-dessus, ils discutent avec le ministre Sam Hamad.<br />
La chef du Parti québécois est allée à la rencontre des ex-travailleurs d’Aveos.<br />
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel