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    Aide aux entreprises - Un plan pour le Sud!

    Depuis 2000, le Québec a perdu 150 000 emplois dans le secteur manufacturier, souvent au profit de l'Asie et du Mexique, mais aussi d'États américains prêts à consentir mer et monde pour courtiser des entreprises. Malgré le fait que le Québec soit la province qui consacre le plus d'argent à ce chapitre, le nombre d'emplois manufacturiers a diminué autant qu'en Ontario, toutes proportions gardées. Un plan pour le Nord, c'est bien, mais un plan pour le Sud, ce serait mieux.

    Ottawa et à Queen's Park, les gouvernements ont annoncé qu'ils procéderaient à des réformes en profondeur de leurs programmes de soutien à l'entreprise, notamment de ces fameux crédits d'impôt à la recherche dont les études ont montré qu'ils étaient aussi coûteux qu'inefficaces.

    Au Québec, province très généreuse en la matière, les ministères à vocation économique ont déjà entrepris de faire le ménage en fusionnant l'ancienne SGF et Investissement Québec, en éliminant certains programmes désuets et en en regroupant d'autres pour offrir des services intégrés.

    Lancé dans la foulée du retour à l'équilibre budgétaire en 2013-2014, l'exercice devrait aussi permettre d'économiser 300 millions $ par année, estime le Conseil du trésor. Ce qui assez peu, quand on sait que le Québec consent chaque année plus de 3,3 milliards $ sous forme de crédits d'impôt, près d'un milliard en subventions, prêts et garanties de prêts et sûrement autant en rabais d'électricité aux entreprises les plus énergivores.

    C'est dire que le gouvernement québécois accorde, chaque année, davantage à quelques milliers d'entreprises — souvent les mêmes — que les 4 milliards $ qu'il perçoit chez l'ensemble des sociétés en impôts sur leurs profits.

    Cela dit, il est entendu qu'un petit pays comme le Québec doit soutenir ses entreprises comme le font tous les gouvernements de la planète. Reste à savoir comment et lesquelles.

    Dans le cadre du Plan Nord, ce sont des centaines de millions, voire des milliards, de dollars en fonds publics qui seront injectés pour favoriser l'exploitation des ressources. Selon une projection modélisée publiée récemment par SECOR, cet ex-employeur de l'actuel ministre des Finances, les 28 milliards d'investissements miniers projetés dans le cadre du Plan Nord créeraient ou maintiendraient l'équivalent de 37 000 emplois au cours des 25 prochaines années. Ce qui exclut Hydro-Québec, dont les 47 milliards $ d'investissements seront effectués de toute façon, Plan Nord ou pas!

    37 000 emplois maintenus, ce n'est pas rien! Mais ce n'est pas non plus la panacée, quand on sait que le Québec doit créer, chaque année, au moins deux fois ce nombre de nouveaux emplois et les maintenir par la suite pour faire face aux besoins. Sur 25 ans, nous aurons donc besoin d'au moins un million de nouveaux emplois permanents!

    L'exploitation minière étant cyclique, nous ferions preuve d'aveuglement en misant surtout sur les mines et la forêt pour l'avenir. Si les ressources ont toujours occupé une place importante, leur apport ne peut pas se substituer à une économie de transformation, de fabrication et de services de pointe. Comme cela s'est fait par le passé, le gouvernement québécois doit innover dans sa façon d'inciter les entreprises qui le méritent, et seulement celles-là, à créer et commercialiser des biens et services à valeur ajoutée. Pour y parvenir, une révision stratégique et scientifique des programmes d'aide s'impose, au lieu de l'exercice technocratique à huis clos auquel les sous-ministres se sont livrés depuis deux ans.












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