Perspectives - Femmes au travail
Les progrès réalisés par les femmes sur la voie de l'égalité avec les hommes ont été impressionnants depuis un quart de siècle, aussi bien dans les pays riches que les pays pauvres. Les écarts restent cependant désespérément grands en certaines matières, au détriment de la justice, mais aussi de l'objectif — plus intéressé et terre-à-terre — de croissance économique.
«L'égalité entre les hommes et les femmes est un objectif de développement fondamental en soi. Elle est aussi un atout pour l'économie», rappelait cet automne la Banque mondiale, en introduction de la plus récente version de son Rapport sur le développement dans le monde. «Les pays qui améliorent les opportunités et la situation des femmes et des filles peuvent accroître leur productivité, améliorer les conditions de vie de leurs enfants, rendre leurs institutions plus représentatives et renforcer les perspectives de développement pour tous.»
Les progrès réalisés en matière d'éducation, d'accès au marché du travail, de droits civiques, de revenus ou encore de qualité de vie ont été impressionnants à plus d'un égard depuis les 25 ou 30 dernières années, notait-on. Le retard qu'accusaient les filles sur les garçons en matière d'éducation est en voie de disparaître — pour ne pas dire s'inverser — dans presque tous les pays. Les femmes vivent plus longtemps que les hommes dans toutes les régions du monde depuis 1980. Plus d'un demi-milliard de femmes sont également entrées dans la population active au cours des 30 dernières années, ce qui explique en partie la «réduction sans précédent de la fécondité» aussi bien dans les pays riches que dans de nombreux pays pauvres.
En moyenne, plus de 96 % du retard en matière de santé et 93 % du retard en éducation sont désormais comblés, estime le Forum économique mondial de Davos dans son dernier rapport sur le sujet qui se penche sur le cas de 135 pays. L'écart reste toutefois beaucoup plus marqué en matière de participation économique (59 %) et de pouvoir politique (18 %). Du côté économique, on estime, par exemple, que le taux de participation des femmes équivaut encore, à l'échelle de la planète, à 68 % de celui des hommes, que leurs revenus sont moitié moins élevés (52 %), que leur présence dans les emplois professionnels et techniques équivaut presque aux deux tiers (64 %) de celui de leurs confrères masculins, mais que cette proportion tombe à 26 % pour les postes de gestion et de direction.
Ces retards économiques persistants s'observent aussi bien dans les pays en voie de développement que dans les pays riches et sont attribuables à un ensemble de facteurs complexes. On pense, entre autres, à des freins culturels ainsi qu'à la résistance, plus ou moins déclarée, des hommes. Un récent dossier spécial de la revue The Economist mentionnait aussi le fait que les modes de fonctionnement des organisations publiques et privées gardent souvent les traces d'anciennes conceptions du monde — comme le partage des tâches entre les hommes et les femmes — longtemps après leur disparition dans la société. Certains avancent que le fait de porter des enfants vient retarder la progression de plusieurs femmes dans leur carrière, alors que d'autres encore les disent desservies par un tempérament moins compétitif ou un manque d'intérêt pour les sciences et les technologies.
Le prix des inégalités
Quoi qu'il en soit, ces inégalités économiques entre les hommes et les femmes ont un prix, préviennent les experts.
Aux pays en voie de développement, on répète que de tous les investissements qu'ils peuvent faire, le plus payant sera celui qu'ils consacreront à l'éducation des filles en raison de ses effets positifs sur la réduction du taux de natalité, la santé des familles, l'éducation des futurs enfants, la participation féminine au marché de l'emploi et la santé économique des communautés locales. De plus, il suffirait, selon l'ONU, de traiter sur un même pied les agriculteurs et les agricultrices en matière d'accès aux ressources productives pour augmenter d'un coup la production agricole des pays en voie de développement de 2,5 % à 4 %.
Aux pays développés qui voient, avec angoisse, vieillir leur population et monter la menace de pénurie de main-d'oeuvre, on rappelle que des mesures de conciliation travail-famille, comme des garderies, ont le double avantage d'augmenter le nombre d'enfants et la participation des femmes au marché du travail. Or, il suffirait de combler le retard des femmes en matière de taux d'emploi pour augmenter le produit intérieur brut des États-Unis de 9 %, celui de la zone euro de 13 % et celui du Japon de 16 %.
Il est d'autant plus bête de sous-utiliser la main-d'oeuvre féminine que les femmes s'avèrent souvent les plus scolarisées et que les pays riches sont justement censés se diriger vers une économie du savoir. Quant aux réticences qu'auraient les femmes à jouer du coude pour se tailler une place dans un monde professionnel réputé sans pitié, les nouveaux gourous de la gestion répondent que c'est elles, au contraire, qui sont adaptées aux besoins de la nouvelle économie avec leur approche plus collaborative et moins hiérarchique.
«Pour prospérer, disait le rapport du Forum de Davos, les pays et les compagnies devront placer les femmes au coeur de l'économie et voir leurs différences comme une source d'innovations qui les aideront à trouver leur voie vers une croissance équitable et durable.»
«L'égalité entre les hommes et les femmes est un objectif de développement fondamental en soi. Elle est aussi un atout pour l'économie», rappelait cet automne la Banque mondiale, en introduction de la plus récente version de son Rapport sur le développement dans le monde. «Les pays qui améliorent les opportunités et la situation des femmes et des filles peuvent accroître leur productivité, améliorer les conditions de vie de leurs enfants, rendre leurs institutions plus représentatives et renforcer les perspectives de développement pour tous.»
Les progrès réalisés en matière d'éducation, d'accès au marché du travail, de droits civiques, de revenus ou encore de qualité de vie ont été impressionnants à plus d'un égard depuis les 25 ou 30 dernières années, notait-on. Le retard qu'accusaient les filles sur les garçons en matière d'éducation est en voie de disparaître — pour ne pas dire s'inverser — dans presque tous les pays. Les femmes vivent plus longtemps que les hommes dans toutes les régions du monde depuis 1980. Plus d'un demi-milliard de femmes sont également entrées dans la population active au cours des 30 dernières années, ce qui explique en partie la «réduction sans précédent de la fécondité» aussi bien dans les pays riches que dans de nombreux pays pauvres.
En moyenne, plus de 96 % du retard en matière de santé et 93 % du retard en éducation sont désormais comblés, estime le Forum économique mondial de Davos dans son dernier rapport sur le sujet qui se penche sur le cas de 135 pays. L'écart reste toutefois beaucoup plus marqué en matière de participation économique (59 %) et de pouvoir politique (18 %). Du côté économique, on estime, par exemple, que le taux de participation des femmes équivaut encore, à l'échelle de la planète, à 68 % de celui des hommes, que leurs revenus sont moitié moins élevés (52 %), que leur présence dans les emplois professionnels et techniques équivaut presque aux deux tiers (64 %) de celui de leurs confrères masculins, mais que cette proportion tombe à 26 % pour les postes de gestion et de direction.
Ces retards économiques persistants s'observent aussi bien dans les pays en voie de développement que dans les pays riches et sont attribuables à un ensemble de facteurs complexes. On pense, entre autres, à des freins culturels ainsi qu'à la résistance, plus ou moins déclarée, des hommes. Un récent dossier spécial de la revue The Economist mentionnait aussi le fait que les modes de fonctionnement des organisations publiques et privées gardent souvent les traces d'anciennes conceptions du monde — comme le partage des tâches entre les hommes et les femmes — longtemps après leur disparition dans la société. Certains avancent que le fait de porter des enfants vient retarder la progression de plusieurs femmes dans leur carrière, alors que d'autres encore les disent desservies par un tempérament moins compétitif ou un manque d'intérêt pour les sciences et les technologies.
Le prix des inégalités
Quoi qu'il en soit, ces inégalités économiques entre les hommes et les femmes ont un prix, préviennent les experts.
Aux pays en voie de développement, on répète que de tous les investissements qu'ils peuvent faire, le plus payant sera celui qu'ils consacreront à l'éducation des filles en raison de ses effets positifs sur la réduction du taux de natalité, la santé des familles, l'éducation des futurs enfants, la participation féminine au marché de l'emploi et la santé économique des communautés locales. De plus, il suffirait, selon l'ONU, de traiter sur un même pied les agriculteurs et les agricultrices en matière d'accès aux ressources productives pour augmenter d'un coup la production agricole des pays en voie de développement de 2,5 % à 4 %.
Aux pays développés qui voient, avec angoisse, vieillir leur population et monter la menace de pénurie de main-d'oeuvre, on rappelle que des mesures de conciliation travail-famille, comme des garderies, ont le double avantage d'augmenter le nombre d'enfants et la participation des femmes au marché du travail. Or, il suffirait de combler le retard des femmes en matière de taux d'emploi pour augmenter le produit intérieur brut des États-Unis de 9 %, celui de la zone euro de 13 % et celui du Japon de 16 %.
Il est d'autant plus bête de sous-utiliser la main-d'oeuvre féminine que les femmes s'avèrent souvent les plus scolarisées et que les pays riches sont justement censés se diriger vers une économie du savoir. Quant aux réticences qu'auraient les femmes à jouer du coude pour se tailler une place dans un monde professionnel réputé sans pitié, les nouveaux gourous de la gestion répondent que c'est elles, au contraire, qui sont adaptées aux besoins de la nouvelle économie avec leur approche plus collaborative et moins hiérarchique.
«Pour prospérer, disait le rapport du Forum de Davos, les pays et les compagnies devront placer les femmes au coeur de l'économie et voir leurs différences comme une source d'innovations qui les aideront à trouver leur voie vers une croissance équitable et durable.»








