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Caisse de dépôt - Rien n'est acquis

La Caisse de dépôt et placement du Québec a réalisé un rendement de 4 % en 2011. Une performance somme toute acceptable, mais qui laisse place à l'amélioration. Après tout, si la Caisse n'est pas capable de battre l'indice de référence de la bourse canadienne, il y a de quoi se poser des questions sur l'efficacité de son équipe d'experts.

Avec un rendement global de 4 %, la Caisse a mieux fait que les grands fonds privés canadiens, qui ont enregistré 1,6 % de hausse en 2011, en excluant toutefois les résultats à venir de ses deux premiers comparateurs que sont le Régime de pensions du Canada et celui des enseignants de l'Ontario.

En chiffres absolus, l'actif de la Caisse atteint maintenant 158,9 milliards, contre 151,7 milliards l'an dernier. C'est bien, mais de loin inférieur au rendement de 7 % par année en moyenne que la Caisse doit fournir pour satisfaire aux objectifs de ses déposants, la Régie des rentes, la CSST, la SAAQ et les différents régimes des employés de l'État. Si la Caisse avait maintenu ce rythme de 7 % depuis 2007, année qui a précédé la crise, ses actifs seraient aujourd'hui supérieurs d'au moins 50 milliards! C'est dire qu'il reste beaucoup à faire pour rattraper le terrain perdu depuis 2008.

Ces faits nous ramènent à l'obligation pour les dirigeants d'atteindre leurs objectifs, voire de les dépasser, pour justifier l'énorme et coûteuse organisation mise à leur disposition. En 2011, la Caisse a dépensé 14 % de plus que l'année précédente en salaires et avantages sociaux, ce qui n'est quand même pas rien!

À la lumière des derniers résultats, un doute subsiste, car le premier facteur explicatif du rendement de 4 % enregistré cette année est, curieusement, la composition de plus en plus conservatrice, voire passive, du portefeuille de la Caisse.

Ainsi, alors que les résultats indiquent que la Caisse a enregistré 6 milliards de bénéfices nets en 2011, elle a tiré 2 milliards de plus, soit 8 milliards, de ses placements les moins risqués — les obligations, les infrastructures, les immeubles et la dette immobilière —, mais perdu 2 milliards de ses investissements en actions gérés de façon active par sa petite armée de spécialistes. Le rendement de -10,6 % de son portefeuille d'actions canadiennes, pour lequel ellle est a priori le plus compétente, s'est même révélé inférieur de 2 points de pourcentage à l'indice de référence de la bourse canadienne.

Ce qui pose encore la question de la pertinence pour notre Caisse de prendre autant de risques à l'interne, au lieu de s'en remettre davantage à une gestion passive bâtie autour des indices, ce qu'elle fait déjà depuis deux ans avec les 35 milliards $ investis dans les actions américaines et mondiales et les obligations à rendement réel.

Quant à la répartition géographique, 26 % du portefeuille de la Caisse est investi au Québec. Certains diront que c'est encore trop peu, mais compte tenu de l'importance de la diversification dans la gestion de tout portefeuille, il serait malsain de concentrer plus d'investissements au Québec. La Norvège, que l'opposition aime citer en exemple, interdit carrément à son fonds du patrimoine d'investir ses 500 milliards au pays, de peur de déstabiliser les marchés et d'influencer artificiellement les décideurs.

Depuis l'arrivée de Michael Sabia, la Caisse prend du mieux, malgré le niveau de risque réduit. Pour le moment, cela donne raison à ceux qui accusaient ses prédécesseurs de jouer aux apprentis sorciers avec le bas de laine des Québécois.
 
 
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  • Jean_Yves - Abonné
    24 février 2012 08 h 09
    Vous avez parfaitement raison.
    Pour comprendre ou en sont les actifs de la Caisse et comment ils répondent a l'attente qu'on en a il faut appliquer le taux de rendement moyen attendu et promis par nos paliers de gouvernement envers leurs employés.

    Et la réponse est autour de 50 milliards$ de déficit accumulés juste depuis 2007.

    Cela n'a juste pas de bon sens.

    La question qui doit suivre, qu'elle est la pertinence social, et de justice élémentaire de maintenir ce principe de régime de retraite a prestation déterminés qui sont ni plus ni moins qu'une forme de privatisation de nos gouvernements?


    Et jusqu'ici on n’entend pas souvent nos politiciens, tous bénéficiaires de ce traitement de caste, se faire questionner a ce sujet qui est pourtant le plus important a l'heure actuel et dont toutes autres attentes envers les services gouvernementaux sont tributaires.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    24 février 2012 10 h 14
    La Norvège gère deux fonds
    La Norvège gère séparément deux fonds distincts. Celui auquel il faudrait comparer notre Caisse de retraite, c'est le Statens pensjonsfond Norge (fonds étatique de retraite - Norvège). Ce fonds investit uniquement en Scandinavie, et principalement en Norvège (85% des investissements). Il a autant pour but de faire fructifier les cotisations de retraite des cinq millions de Norvégiens que de soutenir l'économie nationale et régionale.

    L'autre fonds, celui auquel M. Sansfaçon fait allusion, est le Statens pensjonsfond utland (Fonds étatique de pension - étranger). Ce fonds n'est pas alimenté par les cotisations des Norvégiens, mais par les droits et impôts liés à l'exploration et à l'extraction du pétrole. C'est pour éviter ce qu'on appelle la maladie hollandaise (destruction de la base industrielle provoquée par l'augmentation de la valeur de la devise d'un pays qui exporte des ressources naturelles) que les sommes sont investies hors du pays.

    Cela n'a rien à voir avec les sommes gérées par la Caisse de dépôt. Au contraire, quand on entend M. Charest affirmer que les recettes (encore hypothétiques et trop faibles, mais c'est là un autre débat) engendrées par le Plan Nord serviraient à payer nos services sociaux, on voit que c'est le contraire du bon sens économique. Les recettes de l'exploitation d'une ressource non renouvelables devraient toujours être investies à long terme et non dépensées année après année. Et, dans le cas d'un pays souverain ayant sa propre monnaie, elles devraient être investies à l'étranger. Dans notre cas, on n'en est pas encore là, mais rappelons que la base industrielle du Québec souffre sans aucun doute de l'exploitation du pétrole au Canada, et qu'elle souffrirait même d'une telle exploitation au Québec même.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    24 février 2012 11 h 08
    Par conséquent...
    ...si on veut imiter la Norvège, la Caisse de dépôt devrait investir principalement, sinon presque exclusivement, dans des entreprises québécoises, jusqu'à devenir un joueur important dans tous les domaines économiques. L'argent des Québécois doit rester au Québec. Après tout, il y a plus de Québécois que de Norvégiens!

    Arrêtons donc de prendre l'exemple norvégien pour justifier la fuite de nos capitaux via la Caisse de dépôt. C'est tout le contraire que cet exemple illustre.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    24 février 2012 12 h 56
    @Sylvain Auclair
    Brillant, mon cher Sylvain.
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  • Jean_Yves - Abonné
    24 février 2012 13 h 07
    @ S. Auclair.
    Vous passez sous silence la valeur respective de chacun de ces fonds qui appartiennent aux Norvégiens.

    En 2009 celui venant des cotisations est à 613G Couronnes contre 2,640G pour celui venant du pétrole, soit plus de 4 fois plus gros.

    Si vos chiffres de 85% d'investissement à l’intérieur du pays sur 613G c'est 16% de l'ensemble de la valeur de ces deux caisses (en 2009).

    La Caisse a 41G$ sur 159G$ d'investie au Québec, c'est 25.8%.

    L'exemple Norvégien vaut donc toujours.

    http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    24 février 2012 14 h 13
    Erreur, Jean_Yves
    Il ne faut comparer la Caisse de dépôt qu'au plus petit des deux fonds norvégiens, parce que la Caisse n'investit que des cotisations provenant de poches québécoises. Si la Caisse faisait aussi fructifier des droits d'exploration et d'exploitation minières ou pétrolières, de manière à pérenniser le revenu tiré de ces ressources non-renouvelables, ou si on avait une autre caisse, une Caisse québécoise d'investissement des droits miniers et pétroliers, par exemple, votre exemple aurait du sens, mais ce n'est pas le cas. Les droits miniers, on les verse au Fonds consolidé, comme la TVQ.

    Comparons. Vous dites 613 milliards de couronnes pour le petit fonds, soit autour de 110 milliards de dollars, soit autour de 22 000$ par habitant. La Caisse de dépôt vaut environ 160 milliards de dollars, soit autour de... 20 000$ par Québécois... Comparable, non?

    Par contre, votre exemple tiendrait sans doute si vous l'appliquiez au Alberta Investment Management Corporation, qui gère tant le Alberta Heritage Savings Trust Fund, alimenté par les droits pétroliers (mais seulement 30% de ces droits sont ainsi investis) que des fonds de pension.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    24 février 2012 14 h 35
    Suite du calcul
    Autrement dit, via leurs caisses respectives, un Québécois investit un peu plus de 5000$ au Québec, alors qu'un Norvégien investit un peu moins de 19000$ (un peu plus de 100 000 couronnes), soit environ quatre fois plus. Comme la CDDQ investit 26% de son avoir ici...
    CQFD, je crois.
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  • Jean_Yves - Abonné
    25 février 2012 11 h 47
    On en peut pas mettre en silo étanche la gestion de ses capitaux, surtout de cette importance.
    La gestion de ces deux fonds ne s'est pas conçue dans l'ignorance de l'un et l'autre.

    Et ici le titre même indique le mandat, "Caisse de Dépôt et de Placement", c'est à dire un rôle de fiduciaire qui doit gérer avec la prudence que requièrent ses déposants.
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