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Investissements dans l'industrie des sables bitumineux - Pourquoi la Caisse persiste-t-elle à se mettre la tête dans le sable?

Éric Pineault, Professeur de sociologie à l'UQAM et François L'Italien, Doctorant en sociologie à l'Université Laval  20 février 2012  Actualités économiques
Le soutien de la Caisse de dépôt et placement au développement des sables bitumineux est paradoxal. Alors que Québec a adopté en 2007 une stratégie visant à réduire l’émission des gaz à effet de serre et qu’un vaste mouvement de contestation des énergies fossiles s’organise en Amérique du Nord, la Caisse réaffirme que sa politique de placement n’est commandée que par la recherche de rendement.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le soutien de la Caisse de dépôt et placement au développement des sables bitumineux est paradoxal. Alors que Québec a adopté en 2007 une stratégie visant à réduire l’émission des gaz à effet de serre et qu’un vaste mouvement de contestation des énergies fossiles s’organise en Amérique du Nord, la Caisse réaffirme que sa politique de placement n’est commandée que par la recherche de rendement.
La société québécoise a-t-elle perdu le contrôle des orientations de son «bas de laine»? C'est la question que nous avons posée la semaine dernière à travers une note de recherche publiée à l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) sur les placements de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans l'industrie des sables bitumineux. À voir la réaction de la Caisse à la publication de cette note, il semble visiblement que ce soit le cas.

En effet, la Caisse a alors réaffirmé que sa politique de placement n'était commandée que par la recherche de rendement. Or, cette position nous apparaît comme une application étriquée du mandat de la Caisse. Elle fut constituée comme un levier de développement économique du Québec et comme un fonds devant faire fructifier de manière stratégique notre épargne collective. Si l'objectif n'était que de faire grossir le bas de laine, pourquoi ne pas avoir confié les flux d'épargne à des gestionnaires indépendants en vue d'un placement passif de type indiciel, comme le fait le Régime de pensions du Canada (RPC)?

Parce que les dirigeants de la Caisse ont longtemps cherché à faire tenir les deux volets du mandat dans une politique cohérente de développement du Québec, comme en témoignent les exemples du financement des installations hydroélectriques, ainsi que de nos infrastructures sociales lors de la Révolution tranquille. Mais depuis l'échec de sa politique d'appui aux rêves de grandeur du Québec inc., à la fin des années 1990, on a tenté de neutraliser la Caisse comme outil d'intervention économique au Québec. Avec Henri-Paul Rousseau, la politique de placement a perdu sa direction économique pour adopter une orientation financière: le rendement. Or, force est de constater que ce glissement est fondé sur un paradoxe et pose une série de questions décisives pour l'avenir économique du Québec.

Le paradoxe de l'orientation financière en action


L'orientation financière de la Caisse impose un mode de gestion particulier de notre épargne capitalisée. Disons-le d'emblée: les gestionnaires de la Caisse sont compétents dans leur domaine d'expertise: la gestion d'un portefeuille d'actifs diversifié en vue d'en maximiser le rendement. Ils expliquent leurs activités dans ce vocabulaire du rendement lorsqu'ils communiquent avec la société québécoise, ils sont rémunérés avec des bonus en fonction de leur capacité à battre l'indice, leur vision du monde n'est pas économique, elle est financière, et actuellement, ni les déposants ni le gouvernement du Québec ne leur demandent de faire autrement.

La Caisse est en effet gérée à l'intérieur des cadres fixés par les modes et tendances de la communauté financière des grandes places boursières de la planète. En 2006-2007, la mode était aux produits structurés adossés à des actifs: la Caisse était là. En 2008, avec l'effondrement de ces produits et la faible performance des bourses d'actions, la mode a été au jeu de casino sur les marchés des produits dérivés, dont les produits pétroliers: la Caisse était là. Et aujourd'hui, nous l'avons montré, le goût du jour au Canada est le boum des sables bitumineux. Et la Caisse est là.

Un soutien paradoxal

Or, en ciblant les placements de la Caisse dans les sables bitumineux, nous avons montré que cette recherche exclusive des rendements exerce, paradoxalement, une fonction de développement économique majeure. En effet, la Caisse agit dans ce secteur en véritable pilier à travers une part importante de ses placements en actions. Comme le montre le tableau ci-dessous, au 31 décembre 2011, la Caisse détenait un important portefeuille de titres dans le capital d'entreprises au coeur du complexe des sables bitumineux. Elle y occupe aussi une place importante dans la controversée Enbridge, appelée à jouer un rôle déterminant dans le développement du secteur.

Exercé sous le couvert d'une politique de rendement, ce soutien au développement des sables bitumineux est paradoxal et nous semble problématique. Alors que le gouvernement du Québec a adopté en 2007 une stratégie visant à réduire l'émission des gaz à effet de serre, alors qu'un vaste mouvement de contestation des énergies fossiles s'organise en Amérique du Nord et prend pour cible les projets d'oléoducs d'Enbridge à l'ouest (Northern Gateway) et à l'est (Trailbreaker), la Caisse persiste à se mettre la tête dans le sable. Il nous semble donc important de déboulonner le mythe de la «neutralité» de cette poursuite de rendement, qui ne cesse de produire des effets délétères sur notre économie, notre habitat naturel et notre société.

Le fétichisme du rendement


L'annonce de «rendements» par la Caisse où est déposée une partie significative de notre épargne collective peut paraître rassurante pour ce nombre croissant de Québécois qui s'approchent de la retraite. Surtout dans un contexte où un climat d'insécurité concernant leurs rentes s'est développé et est entretenu de diverses manières. Par un effet psychologique typique, plus le sentiment d'insécurité économique va s'intensifier, plus s'imposera l'importance d'aller chercher du rendement. Telle est la fonction fétichiste du rendement financier. Une richesse virtuelle compense une situation d'insécurité présente.

Mais le fétichisme du rendement purement financier va beaucoup plus loin. Un vieux dicton veut que l'argent ne pousse pas dans les arbres et qu'il ne fasse pas de petits. Du point de vue économique, un rendement n'est qu'une façon de prélever sur une activité économique réelle (celle des gens qui travaillent et consomment) une part de revenu. Du point de vue macroéconomique, on espère que ce prélèvement correspond à une part raisonnable des gains ou de la croissance de l'activité réelle. On souhaite que cette ponction financière n'ait pas pour effet d'écraser ou de handicaper le développement de l'économie réelle sous-jacente. Cela est d'autant plus important que la valorisation financière est essentiellement une ponction sur la croissance future de l'économie réelle.

Même en finance, on n'échappe pas à cette loi économique du capitalisme énoncée par Friedman: «There is no free lunch.» Avec quelle activité voulons-nous donc nous payer nos retraites? Quelle économie de demain voulons-nous produire par nos politiques de placement aujourd'hui? Au moment de la création de la Caisse, ce sont des questions auxquelles Jacques Parizeau soumettait des réponses claires et précises qui ralliaient une majorité de Québécois autour d'un projet de développement collectif. Or, la direction actuelle de la Caisse ne donne pas de réponses claires et précises à ces questions aujourd'hui.

Retour à une vision économique et écologique

Dans notre note de recherche, nous avons présenté une vision économique qui pourrait orienter la politique de placement de la Caisse. Elle renoue en partie avec l'idée à l'origine de cette institution: faire de notre épargne collective un levier de développement économique collectif. En 1965, notre souveraineté économique passait par le développement de notre potentiel hydroélectrique et par l'autonomie financière de l'État québécois, afin qu'il puisse procéder aux investissements publics nécessaires à la Révolution tranquille. L'électrification de notre base énergétique nous place aujourd'hui en position favorable pour nous engager collectivement dans une transition écologique de notre économie.

Grâce à notre hydroélectricité publique, la moitié du chemin est fait. Il s'agit maintenant de terminer la décarbonisation de notre économie par le truchement d'une politique industrielle de transition, où le secteur public aurait un rôle central à jouer. Utilisons les gains économiques de ces rendements écologiques pour générer la rente financière de demain. Voilà l'esprit et la lettre de notre rapport. Cette logique de repositionnement de la Caisse s'imposerait aussi au secteur des ressources naturelles, afin de transformer la politique de «bar ouvert» du Plan Nord actuel, en politique de partage collectif et de contrôle public de ce développement.

La vision de transition écologique de notre économie dépasse le seul secteur de l'énergie, elle concerne la façon dont nous produisons nos biens de consommation et nos services, construisons nos maisons et nos édifices, organisons notre territoire et nos déplacements. Les besoins de financement de l'investissement sont importants et les «gains» économiques potentiellement importants. Évidemment, la Caisse ne pourra demain matin retirer toutes ses billes des secteurs carbonifères pour les placer dans des occasions d'investissements qui, actuellement, n'existent pas encore. Il s'agit de les provoquer et de les structurer dans le cadre d'une politique de transition écologique et solidaire plus large. Et l'avenir se situe là, pas du côté des «fossiles».y

***

Éric Pineault, Professeur de sociologie à l'UQAM et François L'Italien, Doctorant en sociologie à l'Université Laval
 
 
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  • Marc-Antoine Daneau - Abonné
    20 février 2012 04 h 49
    Nomination politique
    "La société québécoise a-t-elle perdu le contrôle des orientations de son «bas de laine»?"

    Qui est président de la Caisse? Par qui a't-il été nommé? Que je résultat soit tout croche, le contraire serait étonnant!
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  • Andre Metivier - Abonné
    20 février 2012 07 h 23
    Quel rendement? Pour nous ou pour les autres?
    Le rendement comprend 8 synonymes: amortissement, efficience, production, productivité, produit, rapport, recette, récolte.

    Pourquoi aller faire du rendement dans le carré de sable des autres? Pourquoi ne pas investir dans notre propre développement durable? Si, en qualité de Québécois, nous n'avons pas l'argent pour faire de l'argent, pour développer nos propres ressources humaines, notre expertise nationale et internationale, nos ressources naturelles, comment allons-nous accroître notre productivité et alimenter notre Caisse à plus long terme. Le rendement se mesure non seulement en amont mais aussi en aval. Avec seulement 10% du capital de la Caisse investi au Québec, nous jetons notre argent par les fenêtres, nous exportons du 2 par 4 et nos richesses dans la cours des autres.
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  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit
    20 février 2012 07 h 49
    Le rendement d'abord, disait calamité Charest
    En 2004, le gouvernement à modifié la Loi sur la gouvernance de la Caisse (Loi 78) : Le rendement d'abord.

    C'est ainsi qu'un fond de pension a été transformé en fond spéculatif (J Parizeau).

    La Caisse s'est ainsi sur exposé au risques (PCAA, etc).

    Le résultat c'est que la Caisse a perdu 40 milliards(2008), alors que si elle avait eu un rendement comparable aux autres fond de mêmes catégories, elle aurait perdu 30 milliards. Donc sous performance de 10 milliards pour 2008 ; et sous performance de 5 milliards en 2009

    Sous performance de 15 milliards pour 2008-09 attribuable au changement de la loi de 2004, par calamité Charest.

    Justement celui qui se présentera à la prochaine élection comme le champion de l'économie.

    ....

    Message aux auteurs de ce texte : Consulté d'allocution de M. Sabia du 5 octobre 2011 (site de la Caisse). Il nous annonce que la Caisse redirige son attention sur le Québec... et ses ressources. Au profit de qui vous pensez.
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    20 février 2012 08 h 08
    Parfaitement d'accord !
    Ça fait du bien de lire un texte intelligent de temps en temps.

    Serge Grenier
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  • Francois - Inscrit
    20 février 2012 09 h 09
    Charest un pur et dur sophiste
    En politique c'est l'image qui compte et non la vérité qui domine. Je n'ai jamais été capable de croire à la sincérité de M. Charest sur sa position de Kyoto. J'ai toujours jugé comme une mascarade les voyages pour défendre Kyoto, payé au frais des contribuables. C'est qu'il n'avait aucune possibilité de tirer profit des sables bitumineux voilà le vice caché. Redorer son image et faire croire qu'il allait dans le sens de la volonté du peuple québécois. M. Charest est un pur et dur sophiste et trompeur.
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  • Bernard Morin - Abonné
    20 février 2012 09 h 15
    TOUT À FAIT D'ACCORD!
    Je partage entièrement le commentaire de monsieur Grenier: c'est un texte intelligent, concis et d'une grande clarté.
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  • Jean_Yves - Abonné
    20 février 2012 10 h 11
    «ni les déposants ni le gouvernement du Québec ne leur demandent de faire autrement»
    Vous avez quoi comme engagement de la part de votre employeur pour votre régime de retraite ?

    Vous avez une garantie de confort financier qui couvre toute votre vie.
    Et même post mortem.

    Pourquoi alors s’étonné de la financiarisation d’un pactole accumulé pour financer le futur de vos finances? Le principe même de prestations de retraites, déterminés et garantie des décennies à l’ avance, implique un objectif financier qui surpasse toutes considérations sociales. Le principe de la prestation déterminé exige d’être au dessus de l’économie réelle, peu importe la situation de cette économie réelle.


    Même les fonds des travailleurs, qui n’existent que par l’évitement massif de l’impôt, investissent dans des hedge fund !

    http://tinyurl.com/7hs98h6


    C’est beau d’exiger de pieux principes de la part de la Caisse, encore faudrait-il accepter d’assumer les risques financiers qui viennent avec ces nobles principes.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    20 février 2012 10 h 19
    Les années quatre-vingts, prise II
    Les uqamistes souhaitent une économie de transition où les pouvoirs publics auraient un rôle central à jouer. On se retrouverait aux beaux jours du socialisme à la François Mitterand qui n'aura duré que dix-huit mois, avant qu'il ne soit obligé de déréglementer et dénationaliser à nouveau. Depuis, la France traîne derrière l'Allemagne tout en comptant ses heures libres.
    Mais enfin, cela aura permis à des idéologues issus des strates supérieures des Universités et des Grandes Écoles de toucher des émoluements importants pendant un certain temps, et d'écrire leurs mémoires par la suite.
    Trente années plus tard, les sociologues de l'UQAM récidivent. Back to the future.
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  • plan sud - Inscrit
    20 février 2012 10 h 44
    Notre argent
    Il ne faut pas oublier que les Caisses Desjardins aussi ont quelques $ investis dans des actions bitumineuses.
    Je me demande si certains des dirigeants des Caisses D ont eux aussi une vie sociale à Sagar, ce lieu de détente où il n'est jamais question d'affaires...
    J’imagine que bientôt nous tous pourrons visiter ce lieu en formule Club
    tout inclus puisque nous non plus nous ne parlons jamais affaire, placement...
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  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné
    20 février 2012 11 h 33
    La gouvernance de la CDPQ est mortifère pour la LDD
    Cette gouvernance de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) viole la lettre et l’esprit de la Loi sur le développement durable (LDD) adoptée en 2006.

    Qui plus est, elle ne respecte pas la Stratégie gouvernementale de développement durable 2008-2013 du Québec, initiée le 12 décembre 2007 par le premier ministre du Québec, M. Jean Charest, et adoptée pour mettre en œuvre un élément clé de ladite Loi.

    Par sa vision, ses orientations stratégiques et ses objectifs, ladite Stratégie constitue le cadre de référence de la démarche gouvernementale de développement durable qui convie à l’action tous les ministères et organismes, et qui invite la société à y participer.

    En anglais, c'est l'expression "People, Profit and Planet" qui résume fort bien la philosophie du développement durable où le rendement financier de l'économie n'est que l'un de ses trois piliers à garder en équilibre avec les deux autres, le sociologique et l'écologique.

    La CDPQ nageant à contre-courant, tel un dinosaure égaré, des grandes orientations stratégiques du développement durable du Québec, ses dirigeants doivent être de toute urgence, à défaut de pouvoir les incarcérer en prison pour non-respect de la Loi, ramenés à la raison.
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  • Laforestverte - Inscrit
    20 février 2012 12 h 51
    C'est le temps que ça change !
    Les auteurs devraient aussi viser le gouvernement Charest, qui donne les directives générales au CA de la Caisse. Il ne faut pas oublier que c'est le gouvernement qui a nommé Robert Tessier comme président du CA. Robert Tessier est un ancien de Gaz Métro et ami de Thierry Vandal, à Hydro-Québec. Ce détournement de la caisse et du modèle québécois est tout simplement scandaleux, j,ai hâte que les Québécois allument et qu'ils réalisent qu'ils se font voler sous leurs yeux.
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    20 février 2012 13 h 11
    Sables bitumineux
    @plan sud
    ''Je me demande si certains des dirigeants des Caisses D ont eux aussi une vie sociale à Sagar, (...)''
    La joyeuse famille qui réside à Sagard est dans les sables bitumineux jusqu'aux mollets grâce à sa participation de contrôle dans la pétrolière Total. Ne pas se surprendre si Michael Sabia se fasse tirer l'oreille pour sortir de ce secteur.
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  • camelot - Inscrit
    20 février 2012 13 h 22
    Bravo !
    J'appuie totalement les propos de m. Grenier. Il faut récidiver et persister monsieur Grenier. Merci.
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  • MJ - Inscrite
    20 février 2012 17 h 50
    Merci MM. Pineault et l'Italien
    D’accord avec cet exposé clair et sensé qui devrait rallier tous les Québécois.
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  • gilbert troutet - Inscrit
    20 février 2012 19 h 06
    Excellente analyse
    Excellent texte, MM Pineault et L'Italien, en dépit de ce que peuvent en dire les Jacques Saint-Cyr de ce monde pour qui la nationalisation d'Hydro-Québec doit paraître comme du dangereux socialisme. (Depuis, Hydro Québec est malheureusement devenue un empire hors de contrôle, avec les dérives qu'on voit aujourd'hui).

    Je m'inquiète aussi de l'attitude des Caisses Desjardins, qui se comportent de plus en plus comme les banques et je ne suis pas sûr qu'on puisse faire confiance à l'éthique de leurs fonds communs de placement. La finance est un outil indispensable pour l'économie, mais elle ne devrait pas être une fin en soi : il existe des casinos pour ça.
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  • parade21 - Abonné
    20 février 2012 20 h 12
    Déposer à la CDPQ est, d'abord, un acte social et politique
    Je verse depuis des années une part importante de mon revenu à un régime public de retraite, le RREGOP. Ces sommes sont versées à la CDPQ. La direction de la Caisse fait des placements, à même mon bas de laine, afin que celui-ci génère suffisamment de rendement pour m’assurer une retraite confortable. Et je tiens à dire que je ne vivrai pas riche comme le clament les libertariens et le réseau Québécor média.

    Mais la Caisse n’est pas une organisation privée. Ce n’est pas une banque. Elle a été créée pour soutenir le développement économique du Québec. Jean Charest en a détourné le sens social et politique en demandant d’abord que la CDPQ génère du rendement. Et on voit où cela nous a menés en 2008. Un trou béant de 40 milliards. Il est temps que la CDPQ revienne à un équilibre entre, premièrement, le soutien à l’économie du Québec sans ignorer le rendement.

    Comme le disait Laure Waridel, acheter c’est voter. Et j’ajouterais c’est définir le monde dans lequel je veux vivre. Mes placements ne sont pas désincarnés et ceux de la CDPQ non plus. Si la Caisse place dans les sables bitumineux, elle pose un geste qui a des conséquences importantes sur l’environnement.

    Il se peut que cela ne ralentisse pas l’exploitation des sables bitumineux. Mais d’un autre côté, si je favorise l’électrification des transports individuels et collectifs, j’agis dans les deux directions. Je me donne ainsi une chance, comme civilisation, de survivre à l’Apocalypse environnementale qui s’annonce.

    J’espère que les syndicats, siégeant sur le conseil d’administration de la Caisse, sauront parler en notre nom pour donner aux placements de la CDPQ un sens social, politique, économique et environnemental aux placements de la Caisse sans en ignorer le rendement.

    J’espère aussi que M. Sabia saura faire taire le sifflement continu de MM. Desmarais et Charest à ses oreilles. Là est l'origine de son acouphène
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  • Boileau - Abonné
    21 février 2012 02 h 26
    L'argent doit être un outil, pas un but
    Tant que l'on ne pensera qu'à l'argent, qu'à aller chercher des profits, on en manquera. C'est ce que fait Charest.

    Il ne se rend pas compte qu'il ne fait que nous endetter davantage. C'est un avocat, pas un administrateur. Prend-t-on des administrateurs pour plaider en cour? M. Séguin a perdu sa chèvre.

    Quand le PM administrera une population et non des fonds, nous ne manquerons plus de fonds. Quand l'argent retrouvera son rôle d'outil notre économie se stabilisera. Tant qu'on essaiera d'établir une économie pour faire de l'argent, tant que l'argent sera le but de notre économie, on en manquera. Parce qu'on en gaspille trop pour en retirer peu.

    La loterie en est un exemple : créée pour nous enrichir, elle nous appauvrit individuellement et collectivement. Cessons cette hémorragie d'argent et nos pauvres vont vivre mieux avec cet argent dans leurs poches ou pour se procurer d'autres satisfactions. La loterie crée de l'insatisfaction à répétition sans jamais remplir ses promesses.

    La loterie est une vaste arnaque. 1° On vous vend quelques centaines de milliers de billets et souvent plusieurs fois la même série mais le tirage ne se fait pas seulement dans les billets vendus, mais dans toutes les milliards de possibilités. 2° Les machines gobe-sous sont programmées pour ne retourner qu'un faible pourcentage des mises.

    La Taxe Volontaire de Jean Drapeau, elle, était honnête: Il y avait un nombre limité de billets et le tirage se faisait dans les numéros vendus seulement.

    Et Charest n'a que plus d'argent à dilapider en d'autres promesses et en bonis exagérés. Ce qui ne nous rapporte rien. En plus de vendre nos richesses pour des peanuts.

    Que dire de Harper qui continue à financer les Sables bitumineux à coups de milliards alors que ça ne commencera à rapporter qu'en 2017 quand nos autos seront électriques.

    Je rêve du jour où les avocats ne pourront plus se faire élire à des postes administratifs gouvernementaux.
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  • Jeannot Vachon - Inscrit
    22 février 2012 07 h 15
    Sables bitumineux : ange ou démon?

    On a eu récemment un mini scandale en apprenant que notre Caisse de dépôt avait des placements dans les sables bitumineux. On comprend que des groupes écologistes essaient de faire pression pour que la Caisse se retire d’une industrie aussi polluante. Mais du point de vue d’un citoyen qui veut que son fonds de pension soit géré d’une façon rentable tout en gardant un certain sens de l’éthique, ce n’est pas aussi évident.

    Les sables bitumineux enrichissent déjà les Québécois grâce à la péréquation. Y’a-t-il eu au Québec de grosses manifestations pour cracher sur cet argent? Si oui, ça n’a pas fait la une des médias et aucun député ne s’est fait élire en misant sur une telle bataille.
    Le problème des sables bitumineux repose sur le contrôle de la pollution et non sur le principe d’exploiter cette industrie. Hors, ce contrôle est fait par notre gouvernement canadien démocratiquement élu (même si ça fait grincer des dents).

    Si nous ne ramassons pas notre part de ce profit, d’autres la ramasseront, mais nous ramasserons quand même les dommages à l’environnement local et mondial.

    On pourrait toujours faire des pressions politiques pour influencer la Caisse sur ce type de placement. Mais il faudrait aussi être cohérent et demander au Fédéral d’extraire de nos transferts la valeur monétaire tirée de cette industrie et assumer la perte à même nos impôts. Personnellement j’accepterais, mais je doute que notre conscience collective se rende jusque-là.
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  • Pierre-Luc Gilbert - Inscrit
    22 février 2012 13 h 32
    Maîtres chez nous
    Il est temps que nous redevenions maîtres chez nous...
    Il faudra regarder les investisements de la Caisse dans les affaires à Desmarais, on ne serait pas surpris d'en apprendre sur les rencontres à Sagard
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  • François Beaulé - Abonné
    23 février 2012 15 h 46
    Redéfinir la gauche politique
    Les auteurs intègrent les dimensions d'économie, de protection de l'environnement et de mode de vie. Rares sont les économistes qui le font, hélas. Il est donc nécessaire, vital, que des sociologues s'en mêlent.

    La question n'est donc pas seulement de savoir si l'État doit intervenir dans l'économie. Il faut aussi que l'État définisse un mode de vie pérenne environnementalement et des objectifs qui permettent de façonner progressivement ce mode de vie et de production de biens.

    Le projet doit être social et environnemental.

    Le gouvernement fédéral actuel semble croire que le marché seul peut permettre une évolution correcte. En fait, les croyances du gouvernement Harper sont accessoires. Harper est dévoué aux intérêts des compagnies pétrolières.
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