Capitale nationale - Charlevoix veut devenir le jardin de Québec
Pour attirer les congressistes, les organismes de tourisme régionaux savent qu'ils doivent se démarquer par ce petit je-ne-sais-quoi qui fait leur charme et leur réputation à l'extérieur des murs du congrès.
Nouvelle venue sur le marché du tourisme de congrès, la région de Charlevoix joue la carte de la nature à l'état sauvage et se fait aguichante pour séduire les organisateurs. Si elle compte d'abord et avant tout sur le vent de dynamisme qui souffle sur la région, elle s'appuie également sur une plus grande collaboration avec sa consoeur et voisine, Québec.
Jusqu'à tout récemment, la région de Charlevoix ne disposait pas des infrastructures nécessaires pour se lancer dans le marché du tourisme de congrès. Il y avait bien sûr le Manoir Richelieu, qui faisait des efforts en ce sens, mais c'était le seul établissement de la région à pouvoir accueillir des congressistes. Ce marché n'était donc pas une priorité pour Tourisme Charlevoix. Mais cela est en train de changer.
«Nous essayons de plus en plus de développer le congrès à Charlevoix, explique Sylvie Marquois Dandurand, la nouvelle directrice générale de Tourisme Charlevoix. Nous avons remarqué qu'il s'agissait d'une clientèle qui était très intéressée par Charlevoix, une destination qui sort du cadre de travail traditionnel.»
En plus du Manoir Richelieu, qui dispose de 400 chambres et de salles de travail pouvant accueillir jusqu'à 1000 convives, la directrice générale compte sur l'arrivée imminente d'un tout nouveau joueur, l'Hôtel du Massif, de même que sur le Domaine Forget, dont les salles de réception seront désormais mises à contribution pour la tenue de congrès.
«Nous en sommes vraiment aux tout débuts, parce qu'auparavant nous n'avions pas les structures, précise Sylvie Marquois Dandurand. Maintenant que nous avons trois joueurs dans la région qui pourront recevoir des congrès, nous commençons à nous positionner. C'est un bon timing, on vient combler les attentes des congressistes.»
Entre mer et montagne
Elle parle de tendance et de marketing. Car elle sait que, pour rivaliser dans ce marché tout aussi lucratif que féroce, elle doit vendre un peu de rêve aux organisateurs.
«Nous apportons une offre nouvelle et venons changer la donne pour les organisateurs de congrès qui ont toujours les mêmes destinations à proposer. Nous apportons un peu de fraîcheur dans tout cela. Nous essayons de renouveler l'offre en proposant des tours nature dans l'arrière-pays et en faisant découvrir les saveurs particulières de la région. Nous essayons de nous revamper, mais surtout d'être sexy vis-à-vis de ces congressistes.»
Elle mise donc sur l'énergie de la région, sa luminosité, ses paysages et la dualité entre la mer et la montagne. Les attraits supplémentaires, offerts aux congressistes et à leurs conjoints, passent par les expéditions de motoneige ou de ski, les randonnées et le trekking dans les parcs de la Sépaq, sans oublier les baleines, les circuits culturels et l'agrotourisme.
«On essaie toujours de proposer quelque chose d'attractif pour que le congrès ne soit pas juste un centre de réunion, mais la découverte d'une région très riche et diversifiée où il y a beaucoup de choses à faire, tant pour le tourisme d'affaires que pour le tourisme familial. On essaie de faire vivre l'expérience Charlevoix par tous les biais possibles.»
Le but, c'est de faire venir les congressistes dans un premier temps — idéalement avec leurs conjoints et leurs familles — de les séduire, de les convaincre de rester un peu plus longtemps et de les fidéliser afin de les amener à revenir pour du tourisme d'agrément.
Évidemment, Charlevoix ne dispose pas des infrastructures de sa voisine, la région de Québec, qui compte à elle seule deux centres de congrès et un très grand nombre d'hôtels pouvant héberger leurs propres événements. Dans la capitale nationale, c'est toute la communauté d'affaires qui s'est regroupée pour attirer les congressistes du monde entier. Il s'agit d'un marché de 125 millions de dollars pour quelque 225 000 visiteurs par année. Un monstre, en comparaison avec la région de Charlevoix, qui compte, bon an, mal an, quelque 25 000 nuitées attribuables au tourisme de congrès.
Malgré la concurrence, les deux voisines s'entendent bien et s'entraident, car elles connaissent leur marché respectif et savent tirer avantage de la situation de l'autre. Par exemple, après un congrès à Québec, les voyageurs peuvent aller se reposer et profiter de la nature à Charlevoix. «Ce que nous aimerions faire, c'est travailler davantage en synergie avec l'Office du tourisme de Québec, explique Sylvie Marquois Dandurand. Il est évident que Charlevoix peut devenir un complément. On pourrait devenir le jardin de Québec.»
Du côté de l'Office du tourisme de Québec, on concède que l'expansion de l'offre à Charlevoix peut venir gruger une parcelle du marché de Québec. Mais on insiste surtout sur les bénéfices liés au développement de la région de Charlevoix avec, notamment, le Train du Massif. Car la plupart des gens qui se rendent à Charlevoix passent par Québec, ce qui est un avantage considérable pour la région.
Le cachet historique de Québec
La capitale nationale est déjà très bien établie dans le circuit des congrès, sur la scène tant nationale qu'internationale, et on ne compte plus les efforts faits pour maximiser l'offre, en particulier depuis 2008. «Le 400e anniversaire a insufflé un dynamisme nouveau, une volonté d'innover à toutes sortes de points de vue», constate Richard Séguin, délégué commercial de l'Office du tourisme de Québec.
Selon lui, la première chose qui attire les congressistes dans la ville classée au patrimoine mondial par l'UNESCO, c'est sa réputation. Un endroit où il fait bon vivre, où la gastronomie est au rendez-vous et qui regorge d'attractions touristiques. Ce n'est pas pour rien, rappelle-t-il, que les organisateurs de congrès aiment tant tenir leurs événements à Québec.
«Les organisateurs savent que, lorsqu'ils viennent à Québec, ils ont des records de participation, tant des congressistes que des conjoints, et ils s'assurent du succès de leur événement.»
Selon lui, au-delà des infrastructures modernes et conviviales, à la fine pointe de la technologie, c'est l'offre hors congrès qui fait la différence. Et, à ce jeu de la séduction, Québec mise sur son cachet historique et ses fortifications, de même que sur son charme européen et le fait français. «Notre meilleur outil de persuasion pour attirer les congressistes, c'est d'inviter les organisateurs de congrès ici. Je vous jure que ça cogne, ils ont vraiment — mais vraiment! — une bonne impression. C'est, pour eux, une destination exotique, sans qu'ils soient trop dépaysés.»
Richard Séguin s'emballe, énumère les attractions touristiques qui font le bonheur des congressistes et de leurs conjoints: l'incontournable visite guidée, les musées, les excursions à l'île d'Orléans ou sur la Côte-de-Beaupré, le mont Sainte-Anne et ses gondoles, son golf et ses pistes de vélo ou de ski, sans oublier les fameuses chutes Montmorency et le Parc national de la Jacques-Cartier.
Pour lui, il ne fait aucun doute que Québec se démarque vraiment des autres régions en matière d'attraits touristiques. «Si on pense à l'ensemble des activités qu'on peut faire, et ce, en toute saison, c'est extrêmement complet.»
***
Collaboratrice du Devoir
Nouvelle venue sur le marché du tourisme de congrès, la région de Charlevoix joue la carte de la nature à l'état sauvage et se fait aguichante pour séduire les organisateurs. Si elle compte d'abord et avant tout sur le vent de dynamisme qui souffle sur la région, elle s'appuie également sur une plus grande collaboration avec sa consoeur et voisine, Québec.
Jusqu'à tout récemment, la région de Charlevoix ne disposait pas des infrastructures nécessaires pour se lancer dans le marché du tourisme de congrès. Il y avait bien sûr le Manoir Richelieu, qui faisait des efforts en ce sens, mais c'était le seul établissement de la région à pouvoir accueillir des congressistes. Ce marché n'était donc pas une priorité pour Tourisme Charlevoix. Mais cela est en train de changer.
«Nous essayons de plus en plus de développer le congrès à Charlevoix, explique Sylvie Marquois Dandurand, la nouvelle directrice générale de Tourisme Charlevoix. Nous avons remarqué qu'il s'agissait d'une clientèle qui était très intéressée par Charlevoix, une destination qui sort du cadre de travail traditionnel.»
En plus du Manoir Richelieu, qui dispose de 400 chambres et de salles de travail pouvant accueillir jusqu'à 1000 convives, la directrice générale compte sur l'arrivée imminente d'un tout nouveau joueur, l'Hôtel du Massif, de même que sur le Domaine Forget, dont les salles de réception seront désormais mises à contribution pour la tenue de congrès.
«Nous en sommes vraiment aux tout débuts, parce qu'auparavant nous n'avions pas les structures, précise Sylvie Marquois Dandurand. Maintenant que nous avons trois joueurs dans la région qui pourront recevoir des congrès, nous commençons à nous positionner. C'est un bon timing, on vient combler les attentes des congressistes.»
Entre mer et montagne
Elle parle de tendance et de marketing. Car elle sait que, pour rivaliser dans ce marché tout aussi lucratif que féroce, elle doit vendre un peu de rêve aux organisateurs.
«Nous apportons une offre nouvelle et venons changer la donne pour les organisateurs de congrès qui ont toujours les mêmes destinations à proposer. Nous apportons un peu de fraîcheur dans tout cela. Nous essayons de renouveler l'offre en proposant des tours nature dans l'arrière-pays et en faisant découvrir les saveurs particulières de la région. Nous essayons de nous revamper, mais surtout d'être sexy vis-à-vis de ces congressistes.»
Elle mise donc sur l'énergie de la région, sa luminosité, ses paysages et la dualité entre la mer et la montagne. Les attraits supplémentaires, offerts aux congressistes et à leurs conjoints, passent par les expéditions de motoneige ou de ski, les randonnées et le trekking dans les parcs de la Sépaq, sans oublier les baleines, les circuits culturels et l'agrotourisme.
«On essaie toujours de proposer quelque chose d'attractif pour que le congrès ne soit pas juste un centre de réunion, mais la découverte d'une région très riche et diversifiée où il y a beaucoup de choses à faire, tant pour le tourisme d'affaires que pour le tourisme familial. On essaie de faire vivre l'expérience Charlevoix par tous les biais possibles.»
Le but, c'est de faire venir les congressistes dans un premier temps — idéalement avec leurs conjoints et leurs familles — de les séduire, de les convaincre de rester un peu plus longtemps et de les fidéliser afin de les amener à revenir pour du tourisme d'agrément.
Évidemment, Charlevoix ne dispose pas des infrastructures de sa voisine, la région de Québec, qui compte à elle seule deux centres de congrès et un très grand nombre d'hôtels pouvant héberger leurs propres événements. Dans la capitale nationale, c'est toute la communauté d'affaires qui s'est regroupée pour attirer les congressistes du monde entier. Il s'agit d'un marché de 125 millions de dollars pour quelque 225 000 visiteurs par année. Un monstre, en comparaison avec la région de Charlevoix, qui compte, bon an, mal an, quelque 25 000 nuitées attribuables au tourisme de congrès.
Malgré la concurrence, les deux voisines s'entendent bien et s'entraident, car elles connaissent leur marché respectif et savent tirer avantage de la situation de l'autre. Par exemple, après un congrès à Québec, les voyageurs peuvent aller se reposer et profiter de la nature à Charlevoix. «Ce que nous aimerions faire, c'est travailler davantage en synergie avec l'Office du tourisme de Québec, explique Sylvie Marquois Dandurand. Il est évident que Charlevoix peut devenir un complément. On pourrait devenir le jardin de Québec.»
Du côté de l'Office du tourisme de Québec, on concède que l'expansion de l'offre à Charlevoix peut venir gruger une parcelle du marché de Québec. Mais on insiste surtout sur les bénéfices liés au développement de la région de Charlevoix avec, notamment, le Train du Massif. Car la plupart des gens qui se rendent à Charlevoix passent par Québec, ce qui est un avantage considérable pour la région.
Le cachet historique de Québec
La capitale nationale est déjà très bien établie dans le circuit des congrès, sur la scène tant nationale qu'internationale, et on ne compte plus les efforts faits pour maximiser l'offre, en particulier depuis 2008. «Le 400e anniversaire a insufflé un dynamisme nouveau, une volonté d'innover à toutes sortes de points de vue», constate Richard Séguin, délégué commercial de l'Office du tourisme de Québec.
Selon lui, la première chose qui attire les congressistes dans la ville classée au patrimoine mondial par l'UNESCO, c'est sa réputation. Un endroit où il fait bon vivre, où la gastronomie est au rendez-vous et qui regorge d'attractions touristiques. Ce n'est pas pour rien, rappelle-t-il, que les organisateurs de congrès aiment tant tenir leurs événements à Québec.
«Les organisateurs savent que, lorsqu'ils viennent à Québec, ils ont des records de participation, tant des congressistes que des conjoints, et ils s'assurent du succès de leur événement.»
Selon lui, au-delà des infrastructures modernes et conviviales, à la fine pointe de la technologie, c'est l'offre hors congrès qui fait la différence. Et, à ce jeu de la séduction, Québec mise sur son cachet historique et ses fortifications, de même que sur son charme européen et le fait français. «Notre meilleur outil de persuasion pour attirer les congressistes, c'est d'inviter les organisateurs de congrès ici. Je vous jure que ça cogne, ils ont vraiment — mais vraiment! — une bonne impression. C'est, pour eux, une destination exotique, sans qu'ils soient trop dépaysés.»
Richard Séguin s'emballe, énumère les attractions touristiques qui font le bonheur des congressistes et de leurs conjoints: l'incontournable visite guidée, les musées, les excursions à l'île d'Orléans ou sur la Côte-de-Beaupré, le mont Sainte-Anne et ses gondoles, son golf et ses pistes de vélo ou de ski, sans oublier les fameuses chutes Montmorency et le Parc national de la Jacques-Cartier.
Pour lui, il ne fait aucun doute que Québec se démarque vraiment des autres régions en matière d'attraits touristiques. «Si on pense à l'ensemble des activités qu'on peut faire, et ce, en toute saison, c'est extrêmement complet.»
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Collaboratrice du Devoir









