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Rigueur divisive - La Grèce au bord du chaos

Le premier ministre en appelle à la responsabilité des élus, pendant que la coalition qu'il dirige s'effrite et que la rue s'embrase

À Athènes, un manifestant affronte les forces de sécurité.<br />
Photo : Agence Reuters Giannis Liakos
À Athènes, un manifestant affronte les forces de sécurité.
Athènes — Les Grecs ont entamé hier une grève générale de 48 heures pour dénoncer les nouvelles mesures d'austérité réclamées par les créanciers internationaux et dont Athènes ne pourra faire l'économie, selon le ministre des Finances, Evángelos Venizélos, à moins de quitter la zone euro.

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté place de la Constitution (Syntagma), devant le parlement, mais les manifestations, relativement peu suivies, se sont globalement déroulées dans le calme. Le premier syndicat de police, qui accuse le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne de porter atteinte à la démocratie et à la souveraineté nationale, a exprimé sa volonté de ne plus agir contre ses «frères». Un quotidien local publie par ailleurs un photomontage montrant la chancelière allemande Angela Merkel en uniforme nazi.

Les quatre membres du gouvernement issus du LAOS, parti d'extrême droite qui appartient à la coalition gouvernementale, ont présenté leur démission pour protester contre les exigences des créanciers internationaux, rapporte l'agence de presse ANA. Georges Karatzaféris, chef de file du mouvement, avait auparavant exclu de donner son aval au nouveau plan d'austérité. Le LAOS compte 15 députés sur les 300 du Parlement grec, ce qui signifie que son opposition au plan de sauvetage n'empêcherait pas son adoption.

La secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Marilisa Xenogiannakopoulou, membre du Parti socialiste (Pasok), a également présenté sa démission, mais le mouvement a invité ses élus à soutenir le plan. «Nous ne pouvons laisser la Grèce faire faillite. Notre priorité est de faire le nécessaire pour adopter le nouveau programme économique et le nouvel accord de prêt. Il va sans dire que ceux qui sont en désaccord et ne votent pas pour le nouveau programme ne peuvent rester au gouvernement», a déclaré le premier ministre, Lucas Papadémos, en conseil des ministres.

Pour Evángelos Venizélos, la Grèce ne peut qu'accepter les conditions du nouveau plan d'aide de 130 milliards d'euros pour éviter la faillite des comptes publics qui se profile pour le mois prochain. «Le moment est venu pour nous de trancher. Malheureusement, nous devons choisir entre des sacrifices et des sacrifices encore plus importants», a-t-il déclaré à Bruxelles.

Ses homologues de la zone euro ont exigé que le Parlement se prononce sur le plan d'austérité. Le vote pourrait avoir lieu dimanche ou lundi. Ils ont donné six jours au gouvernement Papadémos pour adopter certaines mesures essentielles et ils réclament des garanties sur la mise en oeuvre de l'ensemble du plan après les élections législatives d'avril.

Le dispositif prévoit notamment une baisse de 22 % du salaire minimum, la suppression de 150 000 postes dans la fonction publique et une réduction des pensions de retraite. Pour de nombreux Grecs, appauvris par cinq années de récession, dans un pays où le chômage touche un actif sur cinq, où les magasins ferment les uns après les autres, ces nouvelles mesures sont inacceptables.

Ce programme s'ajoute à tous les précédents plans d'austérité qui se succèdent depuis mai 2010 en Grèce empilant hausses d'impôts, coupes dans les salaires et retraites, au nom du nécessaire assainissement budgétaire et financier du pays surendetté. Devant être présenté au Parlement en vue d'un vote demain ou lundi, ce plan constitue un programme électoral suicidaire pour n'importe quel parti normalement constitué, d'autant que la zone euro exige que les partis de la coalition au pouvoir apportent des garanties écrites sur leur soutien au plan de rigueur.

«Implosion»

La Grèce au bord de la faillite est confrontée à une crise politique d'ampleur, les plans d'austérité successifs imposés par les bailleurs de fonds du pays conduisant à une «implosion» et une recomposition du système né en 1974 après la chute du régime des colonels.

Voter contre le plan serait une façon de dire au reste de l'Europe que la Grèce refuse son aide financière et qu'elle préfère faire faillite, voire sortir de la zone euro.

Un scénario inimaginable, selon la plupart des analystes, car le gouvernement en place, dirigé par l'ex vice-président de la Banque centrale européenne, Lucas Papademos, a précisément été nommé pour éviter ce scénario. Il disposait jusqu'à la défection du Laos de 252 sièges sur 300. Sans le parti d'extrême droite, la majorité se réduit à 236, ce qui reste confortable. «Le départ de Karatzaferis ne met pas en cause le résultat des votes, mais il alourdit le climat et crée des conditions psychologiques beaucoup plus difficiles pour les autres députés», estime le politologue Georges Sefertzis.

En annonçant son départ du gouvernement, il a eu un discours «qui a touché la majorité des Grecs, en se montrant hostile à l'égard de l'Allemagne d'Angela Merkel et en faisant référence à l'occupation allemande pendant la guerre», ajoute-t-il.

Un bon nombre des quelque 153 députés Pasok (socialistes) risquent eux aussi de faire défection. «Ils n'ont plus rien à perdre, ils savent qu'ils n'ont aucune chance d'être réélus», analyse M. Nikolakopoulos qui en a déjà recensé une vingtaine. Quant aux élus de droite de la Nouvelle Démocratie, le parti en tête des intentions de vote dans les sondages, ils semblent désormais contraints de voter pour le plan, après que leur chef, Antonis Samaras, eut fini, du bout des lèvres, par donner son consentement au plan d'austérité.

Selon M. Nikolapopoulos, «tout le système est en train d'imploser c'est sûr».

***

Avec l'Agence France-Presse
 
 
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  • Pierre Cossette - Inscrit
    11 février 2012 05 h 08
    Rire dans sa barbe ...
    dans le système économique mondial actuel, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Je décèle à peine le petit sourire de notre grand mulâtre du sud face aux déboires de la zone euro, surtout qu'il vient de promulguer sa fatwa contre le régime islamique d'Ahmadinedjab. On a là les deux ennemis les plus évidents du pouvoir Youesse, l'un parce qu'il posait une alternative crédible à la valeur étalon de la devise américaine à l'international, l'autre parce qu'il détient la clef de l'énigme du transit pétrolier au Moyen-Orient. À moins bien sûr que les Chinois qui possèdent 10% des réserves de dollars U.S. décident de leur faire la peau au moment jugé opportun. On voit bien qu'on assiste à la débâcle du système financier international qui s'affale tel un interminable effet domino.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    11 février 2012 06 h 06
    La Grèce.
    Il semble que ce pays est en train de tomber entre les mains d'un ogre qui est là pour le bien commun, mais l'histoire ne dit pas encore s'il le fait pour la population ou pour des privilégiés.

    Le temps est proche qu'on saura peut-être si c'est comme le Brésil, avant Lula. Je lisais récemment, sommes-nous témoin d'un certain féodalisme, en train de vouloir renaître de ses cendres?
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    11 février 2012 06 h 14
    La faillite du FMI
    Cette faillite n'est pas causée pas la population grecque mais par le système mis en place par les prédateurs du 1% pour piller les biens du 99%. Après la Grèce, ce sera un autre pays, puis un autre, jusqu'à ce que nous y passions tous... avec la bénédiction des gens qui trouvent que la politique c'est ennuyeux et qu'on devrait plutôt s'occuper seulement de l'économie.

    Serge Grenier
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    11 février 2012 06 h 25
    Quitter la zone euro et nationaliser les banques!
    La Grèce devrait tout simplement quitter la zone euro, faire faillite, nationaliser les banques sans compensations, et laisser se démêler les banques allemandes et françaises avec leur vaste chaîne de Ponzi internationale. Il devrait prendre exemple sur les Islandais dont on ne parle pratiquement nulle part et qui pourtant peuvent offrir des possibilités d'avenir autrement plus judicieuses.

    http://interobjectif.net/revolution-pacifique-en-i

    @BGadoua
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  • Notsag - Abonné
    11 février 2012 08 h 56
    Comptabilité à sens unique
    Ce fameux plan va réduire les dépenses. Celles-ci sont faciles à comptabiliser.

    Mais a-t-on également comptabiliser la baisse de revenus que cela va engendrer? Quand on coupe les salaire et les pensions, la consommation diminue, ce qui signifie une réduction de l'activité économique, et donc moins de revenus en impôts et taxes

    En bout de ligne, quel est le bilan?

    Sans doute, pas assez positif. Alors, on augmente les impôts. Mais si on augmente les impôts de 10% sur des revenus qui on décrus de 20%, on recule encore.

    On n'a plus le crédit qui serait nécessaire afin de faire des investissements pour relancer l'économie.

    Dans un tel contexte, je vois mal comment la faillite sera évitable.
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    11 février 2012 09 h 44
    Dehors Merkel, crie le peuple grec.
    Le peuple grec souffre. Il en a marrerde toutes ces coupures. Et la mère fouettarde continue à le fouetter. Comment alors ne pas invoquer le passé nazi, de l'occupation de la Grèce par les troupes de Hitler ? je sais bien que madame Merkel n'est pas de l'extrême droite allemande, mais sa vision néolibérale, commune à la droite politique du monde entier, y compris Harper, fait de la classe dominante de la finance internationale le nouveau Fûhrer des gouvernements nationaux, particulièrement dans la CEE où la souveraineté nationale est de plus en plus «partagée» avec Bruxelles.
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  • André Michaud - Inscrit
    11 février 2012 09 h 49
    résultat du laxisme de L'état et des citoyens ??
    L'état grecque a fait preuve de mauvaise gestion pendant des lustres, évitant de faire payer aux citoyens le juste prix de leurs demandes pour se faire réélire, et aujourd'hui la population en paye le prix...

    Avec L'Italie, la Grèce est des pays ou les citoyens font tout ce qu'ils peuvent pour éviter de payer impôts , taxes etc...et ce comportement anti social et égocentrique n'est pas lui non plus étranger à cette crise..

    Trop facile de seulement blâmer les banques . Tous les pays européens et le Canada ont souffert de la mauvaise gestion de banques américaines, mais ils avaient une meilleure gestion et peuvent mieux faire face à la crise. Comme ceux qui N'ont pas d'économies comme citoyens seront toujours plus vulnérable...

    Mon père avec une petite job à PETIT salaire a réussi toute sa vie à faire des économies et quand en 1980 les taux d'intérêt ont grimpé , il a fait un peu de sous en intérêt. Mais il n'a jamais eu d'auto, ou mangé au restaurant ou acheté plein de gadjets ou vêtement chers... Ses amis ayant une auto, allant au restaurant souvent , faisant des voyages...étaient TOUS endettés! Il faut faire des choix dans la vie et les assumer au lieu de toujours blâmer les autres et nier sa liberté.
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  • Samuel Pothier - Inscrit
    11 février 2012 09 h 50
    Divisive : le mot est-il français ?
    On me donne "divisive" comme étant un mot proprement anglais signifiant « déchirant, qui sème la discorde ».
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  • Kris13104 - Inscrit
    11 février 2012 10 h 41
    imbroglio grec
    On ne parle jamais de la solution islandaise qui a consisté à décider après deux référendums à supprimer une fois pour toutes les dettes publics du pays. Cela a fait quelques remous, mais le calme est vite revenu dans le monde de la finance.
    Pour la Grèce, le problème parait bien différent: pendant plus d’une décennie, les comptes publics ont été falsifiés avec l'aide des banques, en particulier étrangères, ce qui a permis une politique démagogique invraisemblable: des miettes pour «le peuple» et les plus grands profits des nantis avec, en fond, l’assurance que l'Euro paiera.
    Sauf que les citoyens européens sont sans doute prêts à accepter d'aider un pays dans la difficulté mais qui consent les efforts pour s'en sortir, mais n'accepte pas de financer un système mafieux généralisé, des combines, des trafics, la corruption et une fiscalité inefficace, voire inexistante.
    En réalité, il ne fallait pas, accueillir au sein de la zone Euro. Ce pays réellement sous-développé, car le sous développement concerne d'abord les mentalités.
    Les grecs ont eu le sentiment de faire un cadeau à l'Europe en s’y joignant! «Timeo danao et dona ferentes» (je crains les grecs, surtout quand ils font des cadeaux, rappelait Virgile, citant Homère). Cela n'a toujours pas changé.
    Pour l’instant, la formule de Clémenceau s’impose cruellement aux grecs : «La liberté, c'est l'art de se discipliner soi-même pour ne pas se faire discipliner par les autres». C’est vrai que la mise en tutelle déguisée du pays est douloureuse. Cependant, la Grèce a démontré que sans réforme, elle est incapable de profiter des aides financières de l'UE et du FMI pour redresser sa situation. Ces réformes nécessairessont douloureuses réclament des efforts non seulement financiers mais surtout des modes de pensée différents. La plus grande revendication vise l’égalité de l’effort: faire participer les mieux nantis à hauteur de leurs richesses.
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  • Carole Dionne - Inscrite
    11 février 2012 11 h 54
    On continue à payer pour la Grèce?
    Je dis immédiatement aux coeurs sensibles: " oui j'ai de la compassion. (il y en a toujours une qui me la sort celle-là)," mais on a deux choix: on continue de payer et eux continuent leur socialisme déguisé ou on ne fourni plus de fonds et ils vont avoir plus de misère.


    Je suis plutot d'accord avec Sannzalure. Que les 99% de moins riches allent sortir l'argent des 1% les plus riches. Aie tout un système la Grèce: les riches ne paient pas du tout d'impôt car ainsi ils dépensent plus et font marcher l'économie J'ai une poignée dans le dos. Je l'ai déjà entendu quelque part: un dénommé BUSH.

    Oui désolé pour la classe moyenne grecque mais prenez-vous en à votre classe de très très riche, pas aux banques. La Grèce n'avait qu'à ne pas emprunter si elle ne voulait pas être sous le joug des banques.

    La meilleur façon de se soustraire de l'emprise de quelqu'un est de ne lui rien devoir. En passant, si vous pensez que de faire faillite et de ... vous oubliez que les autres pays vont avoir peur de leur vendre à crédit et dans votre vie personnelle, quand on a besoin d'argent de temps en temps, on aime bien avoir du crédit pour palier aux imprévues, la Grèce comme tout le monde
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  • augustodunum - Inscrit
    11 février 2012 12 h 22
    à Samuel Pothier
    Non le mot "divise" seul n'existe pas en français (conjugaison du verbe diviser) et diviser signifie séparer les choses, les gens ou les objets. Peut-être existe-t-il en anglais, mais moi, vieux gaulois, l'anglais connait pas bien.
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  • Richard Evoy Richard Evoy - Abonné
    11 février 2012 12 h 31
    Tous esclaves de la dette
    Y a t-il quelqu'un pour voir que ce qui est en train d'arriver aux grecs va nous arriver aussi un jour ou l'autre?

    Pas à cause d'un grand complot mais bien parce que la mathématique derrière la chose économique y conduit inexorablement.

    Le système monétaire et financier mondial est basé sur le paiement d'une dette avec intérêt qui présuppose qu'il y aura toujours, éternellement, assez de ressources, de nouveaux marchés et d'énergie pas cher (aujourd'hui ce veut dire du pétrole) pour soutenir une croissance économique infinie.

    Or il est évident que nous ne vivons pas sur une planète ayant la capacité de fournir les ressources pour nourrir la bête.

    La société de consommation et le système monétaire qui la permet et qui se base sur cette illusion de la croissance infinie commence à sentir qu'il y a un grave problème, qu'elle a un cancer incurable et qu'elle va disparaître.

    Il faut juste rester vigilant qu'elle ne nous tuent pas tous dans ses derniers spasmes. L'humanité en a vue d'autre et si elle prend conscience à temps de la réalité de cette fin prochaine et qu'elle s'attaque en pleine conscience et avec détermination aux véritables défis sociaux et environnementaux de notre époque il 'y aura plus grand chose pour nous arrêter dans notre évolution et l'Univers entier sera notre demeure.

    À vrai dire, nous avons déjà toutes les connaissances, les compétences et les outils techniques pour le faire et le seul obstacle est entre nos deux oreilles. Vivement pour que nous fassoons la transition vers une véritable Économie Basée sur les Ressources.

    www.thezeitgeistmovement.com
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  • Samuel Pothier - Inscrit
    12 février 2012 08 h 58
    @augustodunum
    Le titre de l'article porte le mot «divisive» et non «diviser», ou sa conjugaison «divise».

    Je persiste à croire que l'emploi de ce mot est une erreur : « L'adjectif divisif, construit par calque de l'anglais divisive « qui divise, qui sème la discorde, qui crée de la dissension, fractionnel », n'existe pas en français. »
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