Accord entre les partis de la coalition gouvernementale en Grèce - Prudence en zone euro
Les Grecs doivent faire la preuve de leur détermination à mener à bien les réformes, dit Olli Rehn
Photo : Agence France-Presse John Thys
Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, discute avec Evangelos Vénizélos, ministre grec des Finances.
Bruxelles — Les ministres des Finances de la zone euro se sont montrés prudents au sujet de l'accord trouvé en Grèce sur un nouveau programme de réformes et indiqué qu'aucune décision définitive sur un second plan d'aide à Athènes n'interviendrait hier.
À leur arrivée à une réunion extraordinaire de l'Eurogroupe, ils ont surtout insisté sur leur volonté de débattre en profondeur de ce second programme, qui doit également recevoir l'aval de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et des créanciers privés de la Grèce. «Je ne pense pas que nous ayons une décision finale et définitive ce soir. Nous devons discuter plusieurs éléments des propositions qui nous seront soumises», a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a jugé que l'accord au niveau technique obtenu hier dans l'après-midi à Athènes devait désormais être présenté et défendu par le ministre grec Evangelos Vénizélos. «Il revient au gouvernement et au parlement grecs de convaincre leurs partenaires européens via un engagement fort et des actions concrètes visant à assurer la consolidation fiscale et les réformes structurelles», a dit le commissaire finlandais.
Auparavant, le ministre grec avait déclaré qu'il espérait désormais enregistrer un accord politique de l'Eurogroupe. Il doit présenter à ses pairs de la zone euro des mesures d'économie de l'ordre de 3,3 milliards d'euros cette année afin de les convaincre de continuer d'aider la Grèce.
Les trois partis de la coalition au pouvoir à Athènes ne se sont entendus qu'en début d'après-midi sur les réformes réclamées en échange du versement du deuxième plan d'aide, qui permettrait à Athènes d'éviter de se retrouver en cessation de paiement en mars. À l'exception de la baisse des pensions, les autres demandes de la troïka ont été approuvées, dont une baisse de 22 % du salaire minimum (ainsi ramené autour de 586 euros bruts sur 14 mois) et le licenciement de 15 000 employés dans la fonction publique.
Ce nouveau tour de vis dans un pays qui entame sa cinquième année de récession sera «le tombeau de la société grecque», estiment les syndicats qui ont d'ores et déjà appelé à quarante-huit heures de grève générale aujourd'hui et demain, trois jours après une première mobilisation, mardi, qui a vu défiler plus de 20 000 personnes.
Dans le même temps, l'Autorité des statistiques grecques (ASE) a annoncé que le cap du million de chômeurs, pour 11 millions d'habitants, avait été dépassé en novembre, portant le chômage au niveau record de 20,9 %, jamais atteint depuis l'entrée du pays dans la zone euro en 2000. Près d'un jeune sur deux de 15 à 24 ans est sans emploi (48 %), partageant avec les femmes, frappées à 24,5 %, le statut de principales victimes du chômage.
La presse grecque s'est déchaînée jeudi sur la «potion amère» imposée au pays, jusqu'au quotidien financier Naftemboriki qui a évoqué un «violent ajustement des règles sur l'autel de l'Eurozone».
D'importants détails doivent encore être finalisés qui portent sur la participation des créanciers privés à la restructuration de la dette grecque, le montant des financements publics fournis par les 16 autres pays de la zone monétaire unique et le coup de pouce qui pourrait être donné par la BCE. Les banques et autres créanciers privés de la Grèce se sont entendus avec Athènes sur la base d'une décote de 70 % de leurs actifs dans le cadre d'un échange des obligations grecques qu'ils détiennent contre de nouveaux titres. Les pays de la zone euro doivent quant à eux apporter 130 milliards d'euros de prêts publics et le président de la BCE, Mario Draghi a ouvert la porte hier à ce que l'institut de Francfort redistribue aux États les bénéfices tirés des avoirs obligataires grecs.
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Avec l'Agence France-Presse
À leur arrivée à une réunion extraordinaire de l'Eurogroupe, ils ont surtout insisté sur leur volonté de débattre en profondeur de ce second programme, qui doit également recevoir l'aval de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et des créanciers privés de la Grèce. «Je ne pense pas que nous ayons une décision finale et définitive ce soir. Nous devons discuter plusieurs éléments des propositions qui nous seront soumises», a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a jugé que l'accord au niveau technique obtenu hier dans l'après-midi à Athènes devait désormais être présenté et défendu par le ministre grec Evangelos Vénizélos. «Il revient au gouvernement et au parlement grecs de convaincre leurs partenaires européens via un engagement fort et des actions concrètes visant à assurer la consolidation fiscale et les réformes structurelles», a dit le commissaire finlandais.
Auparavant, le ministre grec avait déclaré qu'il espérait désormais enregistrer un accord politique de l'Eurogroupe. Il doit présenter à ses pairs de la zone euro des mesures d'économie de l'ordre de 3,3 milliards d'euros cette année afin de les convaincre de continuer d'aider la Grèce.
Les trois partis de la coalition au pouvoir à Athènes ne se sont entendus qu'en début d'après-midi sur les réformes réclamées en échange du versement du deuxième plan d'aide, qui permettrait à Athènes d'éviter de se retrouver en cessation de paiement en mars. À l'exception de la baisse des pensions, les autres demandes de la troïka ont été approuvées, dont une baisse de 22 % du salaire minimum (ainsi ramené autour de 586 euros bruts sur 14 mois) et le licenciement de 15 000 employés dans la fonction publique.
Ce nouveau tour de vis dans un pays qui entame sa cinquième année de récession sera «le tombeau de la société grecque», estiment les syndicats qui ont d'ores et déjà appelé à quarante-huit heures de grève générale aujourd'hui et demain, trois jours après une première mobilisation, mardi, qui a vu défiler plus de 20 000 personnes.
Dans le même temps, l'Autorité des statistiques grecques (ASE) a annoncé que le cap du million de chômeurs, pour 11 millions d'habitants, avait été dépassé en novembre, portant le chômage au niveau record de 20,9 %, jamais atteint depuis l'entrée du pays dans la zone euro en 2000. Près d'un jeune sur deux de 15 à 24 ans est sans emploi (48 %), partageant avec les femmes, frappées à 24,5 %, le statut de principales victimes du chômage.
La presse grecque s'est déchaînée jeudi sur la «potion amère» imposée au pays, jusqu'au quotidien financier Naftemboriki qui a évoqué un «violent ajustement des règles sur l'autel de l'Eurozone».
D'importants détails doivent encore être finalisés qui portent sur la participation des créanciers privés à la restructuration de la dette grecque, le montant des financements publics fournis par les 16 autres pays de la zone monétaire unique et le coup de pouce qui pourrait être donné par la BCE. Les banques et autres créanciers privés de la Grèce se sont entendus avec Athènes sur la base d'une décote de 70 % de leurs actifs dans le cadre d'un échange des obligations grecques qu'ils détiennent contre de nouveaux titres. Les pays de la zone euro doivent quant à eux apporter 130 milliards d'euros de prêts publics et le président de la BCE, Mario Draghi a ouvert la porte hier à ce que l'institut de Francfort redistribue aux États les bénéfices tirés des avoirs obligataires grecs.
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Avec l'Agence France-Presse
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