Rencontre des partenaires du marché du travail - Plus d'argent sera consacré à la formation de la main-d'oeuvre
Une certification sera développée pour les employeurs engagés dans la formation
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Accompagné des ministres Julie Boulet, Clément Gignac et Sam Hamad, Jean Charest a annoncé une nouvelle initiative pour encourager la formation de la main-d’œuvre.
Le gouvernement du Québec et ses «partenaires du marché de l'emploi» lancent une nouvelle initiative visant à encourager les entreprises à investir dans la formation de leurs employés.
Appelée Investissement-Compétences, l'initiative englobera l'ensemble des budgets déjà consacrés à cette mission, auxquels seront ajoutés 55,5 millions supplémentaires pour un total de 361 millions en trois ans. Destinée notamment aux PME, elle offrira un éventail de programmes de formation et décernera un «certificat» aux entreprises qui s'engageront à «intégrer la formation continue dans leurs valeurs et leurs pratiques d'affaires».
«La formation continue de la main-d'oeuvre sera un facteur essentiel de la future croissance économique du Québec», a déclaré en point de presse le premier ministre québécois, Jean Charest, au sortir d'une réunion avec les représentants gouvernementaux, patronaux, syndicaux, scolaires et communautaires membres du Conseil des partenaires économiques et de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT). «L'incertitude du contexte économique extérieur [et] le problème de pénurie de main-d'oeuvre nous obligent à faire plus, à faire mieux en la matière.»
Pourrait faire mieux
La «loi sur les compétences» oblige déjà, depuis plusieurs années, les entreprises, dont la masse salariale dépasse 1 million, d'en consacrer au moins 1 % à la formation de leurs employés ou de verser cet argent aux fonds administrés par la CPMT. Des représentants du monde des affaires admettaient volontiers hier que ses résultats ont été mitigés en partie à cause de la crainte des chefs d'entreprise de voir leurs employés passer à un concurrent aussitôt leur nouvelle formation acquise.
«Il est impératif que les entreprises prennent conscience des enjeux actuels et qu'elles réalisent l'impact économique de ces enjeux sur leurs activités à court, moyen et long termes», a déclaré hier le président de la CPMT, Jean-Luc Trahan. Le développement des compétences et la formation ne doivent plus être considérés comme des dépenses, mais bien comme un investissement.»
On espère atteindre ainsi 20 000 entreprises. On vise particulièrement les PME, 93 % des entreprises de 100 employés et plus ayant offert de la formation à leurs employés en 2009 contre 75 % pour celles de 20 à 99 employés, et 43 % pour celles de 5 à 19 employés. Au total, environ 23 % des Québécois de 25 à 64 ans ont eu droit à de la formation liée à l'emploi en 2008, alors que la moyenne canadienne dépasse les 30 %.
ISO-formation
La certification offerte aux entreprises participantes se voudra une forme de reconnaissance et de promotion. «C'est un peu un "ISO-formation" ou comment peut-on faire la promotion de la culture de la formation continue au Québec, tant pour les entreprises [...] que pour les travailleurs», a expliqué la ministre de l'Emploi, Julie Boulet.
L'initiative devrait aussi aider les «travailleurs expérimentés» à avoir «le choix» de retarder leur retraite de quelques années ou pas, à l'heure où l'on parle de pénurie de main-d'oeuvre et de manque d'épargne-retraite, a souligné Jean Charest.
L'initiative a été relativement bien reçue par les syndicats. «Oui, on est satisfaits, mais on veut toujours plus, hein, a déclaré le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer. Ça va relativement bien au Québec, on ne fera pas de cachette. [...] Toutefois, il y a des efforts à faire, parce qu'il y a des signes qui ne trompent pas, dans le secteur manufacturier et dans le secteur de la forêt. [...] Investissement-Compétences est une partie de la grande solution globale.»
Le premier ministre a tenu à préciser que l'économie québécoise continuait malgré tout de se porter relativement mieux que presque partout ailleurs. Les dernières statistiques, rapportant la création de presque 17 000 emplois en janvier au Québec, sont venues corriger la fausse impression donnée par trois mois de hausse des chiffres du chômage alors que «tous les autres indicateurs économiques étaient au vert».
Le Québec ne peut pas, toutefois, faire abstraction du contexte économique extérieur, alors que la moitié de son économie dépend de son commerce avec les pays étrangers ou les autres provinces canadiennes. Or, comme chacun sait, l'Europe se porte mal, les États-Unis se relèvent de la crise avec difficulté et la croissance ralentit dans les économies émergentes.
Appelée Investissement-Compétences, l'initiative englobera l'ensemble des budgets déjà consacrés à cette mission, auxquels seront ajoutés 55,5 millions supplémentaires pour un total de 361 millions en trois ans. Destinée notamment aux PME, elle offrira un éventail de programmes de formation et décernera un «certificat» aux entreprises qui s'engageront à «intégrer la formation continue dans leurs valeurs et leurs pratiques d'affaires».
«La formation continue de la main-d'oeuvre sera un facteur essentiel de la future croissance économique du Québec», a déclaré en point de presse le premier ministre québécois, Jean Charest, au sortir d'une réunion avec les représentants gouvernementaux, patronaux, syndicaux, scolaires et communautaires membres du Conseil des partenaires économiques et de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT). «L'incertitude du contexte économique extérieur [et] le problème de pénurie de main-d'oeuvre nous obligent à faire plus, à faire mieux en la matière.»
Pourrait faire mieux
La «loi sur les compétences» oblige déjà, depuis plusieurs années, les entreprises, dont la masse salariale dépasse 1 million, d'en consacrer au moins 1 % à la formation de leurs employés ou de verser cet argent aux fonds administrés par la CPMT. Des représentants du monde des affaires admettaient volontiers hier que ses résultats ont été mitigés en partie à cause de la crainte des chefs d'entreprise de voir leurs employés passer à un concurrent aussitôt leur nouvelle formation acquise.
«Il est impératif que les entreprises prennent conscience des enjeux actuels et qu'elles réalisent l'impact économique de ces enjeux sur leurs activités à court, moyen et long termes», a déclaré hier le président de la CPMT, Jean-Luc Trahan. Le développement des compétences et la formation ne doivent plus être considérés comme des dépenses, mais bien comme un investissement.»
On espère atteindre ainsi 20 000 entreprises. On vise particulièrement les PME, 93 % des entreprises de 100 employés et plus ayant offert de la formation à leurs employés en 2009 contre 75 % pour celles de 20 à 99 employés, et 43 % pour celles de 5 à 19 employés. Au total, environ 23 % des Québécois de 25 à 64 ans ont eu droit à de la formation liée à l'emploi en 2008, alors que la moyenne canadienne dépasse les 30 %.
ISO-formation
La certification offerte aux entreprises participantes se voudra une forme de reconnaissance et de promotion. «C'est un peu un "ISO-formation" ou comment peut-on faire la promotion de la culture de la formation continue au Québec, tant pour les entreprises [...] que pour les travailleurs», a expliqué la ministre de l'Emploi, Julie Boulet.
L'initiative devrait aussi aider les «travailleurs expérimentés» à avoir «le choix» de retarder leur retraite de quelques années ou pas, à l'heure où l'on parle de pénurie de main-d'oeuvre et de manque d'épargne-retraite, a souligné Jean Charest.
L'initiative a été relativement bien reçue par les syndicats. «Oui, on est satisfaits, mais on veut toujours plus, hein, a déclaré le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer. Ça va relativement bien au Québec, on ne fera pas de cachette. [...] Toutefois, il y a des efforts à faire, parce qu'il y a des signes qui ne trompent pas, dans le secteur manufacturier et dans le secteur de la forêt. [...] Investissement-Compétences est une partie de la grande solution globale.»
Le premier ministre a tenu à préciser que l'économie québécoise continuait malgré tout de se porter relativement mieux que presque partout ailleurs. Les dernières statistiques, rapportant la création de presque 17 000 emplois en janvier au Québec, sont venues corriger la fausse impression donnée par trois mois de hausse des chiffres du chômage alors que «tous les autres indicateurs économiques étaient au vert».
Le Québec ne peut pas, toutefois, faire abstraction du contexte économique extérieur, alors que la moitié de son économie dépend de son commerce avec les pays étrangers ou les autres provinces canadiennes. Or, comme chacun sait, l'Europe se porte mal, les États-Unis se relèvent de la crise avec difficulté et la croissance ralentit dans les économies émergentes.
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