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Libre opinion - Réplique au «mensonge vert»

Rosalie Vendette - Conseillère principale en investissement responsable au Mouvement Desjardins  6 février 2012  Actualités économiques
Le Devoir a publié le 1er février dernier une lettre d'opinion de M. Ugo Monticone intitulée «Le mensonge vert» dans laquelle il s'interroge sur plusieurs dimensions éthiques des placements du Fonds Desjardins Environnement (FDE).

Ce fonds investit dans des titres canadiens de grande capitalisation, à l'exclusion des secteurs de l'armement, du tabac et du nucléaire, comme la plupart des fonds d'investissement responsables canadiens. Cela dit, faire coexister l'investissement socialement responsable et le marché boursier canadien nous place face à plusieurs dilemmes.

Si nous nous retirions des secteurs de l'énergie et des ressources, il y aurait encore moins de leviers de changement. Et c'est ici qu'entre en ligne ce qu'on appelle l'actionnariat engagé. Première mesure, il existe depuis la création du FDE, en 1990, un Groupe consultatif en environnement des Fonds Desjardins composé d'experts indépendants dont le rôle est d'évaluer les pratiques environnementales des entreprises visées, puis de les réévaluer périodiquement. Pourrait-on exclure ces deux secteurs, dont la société pourrait difficilement se passer et qui comporte des risques non négligeables pour l'environnement? Hélas non, car il représente à lui seul près de la moitié du marché canadien. L'exclure conduirait donc à répartir tout le risque du portefeuille sur moins de 50 % du marché. Cela exposerait les épargnants à un risque que nous ne sommes pas prêts à faire assumer par nos membres.

En outre, ce dilemme n'est pas proprement canadien. Par exemple, en Angleterre, si des fonds de retraite ou de placement — responsables ou pas — s'étaient retirés du secteur de l'énergie après l'accident du golfe du Mexique, en 2010, l'apparence de morale aurait peut-être été sauve, mais certainement pas la retraite de millions de citoyens britanniques.

Actionnariat engagé

Lorsque les membres du Groupe considèrent qu'un placement est à risque pour cause de mauvaise gestion environnementale, ils recommandent au FDE diverses mesures.

D'abord, ils exigent plus de transparence et de reddition de comptes de ces entreprises. Ensuite, s'ils l'estiment nécessaire, ils recommandent un dialogue avec les dirigeants sur les améliorations requises.

En dernier lieu, Desjardins exerce ses droits de vote aux assemblées annuelles des actionnaires. Le FDE peut procéder seul ou en coalitions, nationales ou internationales, et, au besoin, médiatiser ses interventions. Plusieurs entreprises pétrolières nord-américaines et européennes actives dans les sables bitumineux albertains ont été ainsi interpellées.

M. Monticone mentionne les exemples des sociétés d'énergie Talisman et Suncor Energy. Dans le premier cas, des discussions ont eu cours, notamment à propos de la fracturation hydraulique et de la réglementation qui sera mise en place au Québec. Quant à Suncor, plus de transparence est exigée de l'entreprise, par exemple quant à la façon dont elle entend financer le fonds de restauration du territoire.

Des interventions de ce type, encore une fois seul ou en coalition, font des Fonds Desjardins l'un des fonds de placement les plus actifs au Canada au chapitre de l'actionnariat engagé. Desjardins a toujours fait preuve de transparence quant au mandat de ce fonds.

***

Rosalie Vendette - Conseillère principale en investissement responsable au Mouvement Desjardins
 
 
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  • Vic - Inscrit
    6 février 2012 05 h 24
    Jeter le bébé . . .
    On ne demande pas à Desjardins de se retirer du secteur de l’Énergie, seulement de ne pas investir dans des entreprises dont les pratiques environnementales sont déplorables.
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  • Jacques Brisson - Abonné
    6 février 2012 07 h 28
    Bien sûr mais...
    Lorsque j'investis dans ce Fonds, je ne VEUX PAS que mes sous soient investis dans Suncor, Barrick. C'est aussi simple que ca.
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  • celljack - Inscrit
    6 février 2012 09 h 04
    Responsabilité personnelle
    "[...] le secteur de l'énergie et des ressources naturelles [...] représente à lui seul près de la moitié du marché canadien. L'exclure conduirait donc à répartir tout le risque du portefeuille sur moins de 50 % du marché. Cela exposerait les épargnants à un risque que nous ne sommes pas prêts à faire assumer par nos membres. "

    C'est donc que d'investir dans le secteur de l'alimentation, c'est autant l'agriculture bio que dans les aliments cancérigènes. Investir dans le secteur manufacturier, c'est aussi faire déménager l'usine où je travaille, question de maximiser les profits sur mon investissement. C'est ça?

    Donc si je comprends bien, y'a pas personne chez Desjardins qui est assez intelligent pour faire la distinction à l'intérieur d'un secteur d'investissements entre une entreprise de gaz de schiste et une entreprise d'éoliennes?

    Parfois, défendre les intérêts financiers d'un client, c'est aussi nuire ses intérêts généraux. Le banquier devrait avoir un rôle d'éducation à jouer, redonner la responsabilité à l'épargnant et arrêter de proposer une solution magique préfabriquée.
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  • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit
    6 février 2012 09 h 20
    Ah! la transparence
    Tellement plaisant ce nouveau jargon managérial. L'éloge de la transparence et de la reddition de compte comme la vertu même.

    Parlant de transparence, pourrions-nous connaître de façon exhaustive la teneur de ces «discussions» avec les compagnies soupçonnées de ne pas aimer l'environnement? Surtout, l'impact de ces mises en garde et le degré d'impartialité des experts?

    Enfin, dans le cas de Barrick, avec les nombreuses poursuites auxquelles ils font face en Amérique du Sud, il faudrait vraiment veiller à ce que la transparence dont ils font preuve ne nous empêche pas de les voir...
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  •  
  • Nimporte quoi - Inscrit
    6 février 2012 09 h 42
    @Rosalie Vendette, on ne fait pas de profits sur le dos de l'éthique!
    J'ai quasiment eu une larme en lisant votre papier. Mais vous êtes une entreprise, pas une politicienne. Et le client a toujours raison, ça vous dit quelque chose ;- )) Ça s'appelle de la seine compétition.

    C'est vraiment super votre équilibre des marchés ;-))

    À vous lire, votre client est davantage le secteur énergétique que moi et tous les membres! Pire, contrairement aux entreprises conventionnelles, vos clients sont aussi vos patrons, ne l'oubliez pas!

    Alors où sont les vrais fonds verts (ou ceux qui savent cacher leurs véritables intérêts) qu'ont investissent? Qu'on aiguise un peu de notre sens critique!

    En fait, Desjardins n'est pas capable de faire des omelettes sans casser des œufs. Et bien on va investir ailleurs c'est tout.

    Quant à Desjardins maintenant! À vouloir tout, on néglige l'essentiel. Vous vendez de l’assurance maintenant. Chercher l'erreur! Une coopérative pour ces membres, voilà votre avantage, à vous de faire votre marketing en conséquence. Personnellement, votre réponse m'aide beaucoup à faire mon choix.

    L'étique implique inévitablement une baisse de revenu. Chose totalement incompatible avec votre commerce.

    Desjardins se fou de ses membres, se fou de l'environnement. Desjardins a une seule ambition, celle de faire des profits, voilà tout.

    Personnellement je cherche une vraie banque éthique (une banque, une simple banque) pas pour faire de l'argent, mais pour le service de base. Mais impossible à trouver. Ça n'existe pas!

    Merci
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  • egodin - Inscrit
    6 février 2012 09 h 47
    Oui mais (bis)
    Tiré du site de Desjardins, (Fonds environnement) :

    http://www.fondsdesjardins.com/fr/produits/fonds-a

    Sélection de titres à partir d’une liste, regroupant le nom de sociétés canadiennes respectueuses de l’environnement, approuvée par un comité consultatif d’experts actifs dans le domaine de l’environnement.

    -------------------------

    Si une part du portefeuille des fonds environnement Desjardins contient des actions d'exploiteur/explorateur des gaz dans les shales (http://www.talisman-energy.com/operations/north_am je ne vois pas comment cela peut se qualifier de société canadienne respectueuse de l'environnement. Qu'est-ce que ce titre fait dans ce fond ? Si le nom du fond aurait été plutôt : exploitation-énergie ok je dis pas, mais dans le cas présent, au mieux c'est malhonnête et au pire c'est de la fausse représentation...

    Desjardins, même si votre participation aux assemblées d'actionnaires sont pleins de bonnes intentions, ce ne sont pas les compagnies d'exploitation qui donnent des noms à vos fonds ni qui décident de leur composition, ne nous prenez pas pour des idiots svp, merci.
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  • G Danis - Abonné
    6 février 2012 10 h 50
    Pas fort
    Et Barrick Gold, qui a traîné dans la boue les auteurs de Noir Canada avec une poursuite-baîllon ? En tant que gestionnaire de fonds, on est obligé d'investir dans cette compagnie ?
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  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné
    6 février 2012 14 h 06
    Cette « réplique » est un 2ème « mensonge vert »
    Il est faux de prétendre que par de supposées actions dites d’ « actionnariat engagé », les placements du Fonds Desjardins Environnement (FDE) deviennent "ipso facto" éthiquement valables et acceptables.

    Il est hypocrite et même, à la limite, mensonger de tenter de nous faire accroire qu’une quelconque intervention d’un actionnaire minoritaire (ici le porte-parole attitré, si et lorsque présent, de Desjardins avec son FDE) à l’assemblée générale annuelle des actionnaires d’un grand pollueur industriel (canadien ou étranger, tels que Talisman ou Suncor) puisse transformer, comme par magie, ledit pollueur en citoyen corporatif éthiquement et/ou socialement et/ou environnementalement responsable.

    Écolocordialement,

    DANIEL CLAPIN-PÉPIN
    Écologiste humaniste altermondialiste coopérativiste postcapitaliste
    Professeur de gestion, éthique et comptabilité environnementales
    au Département des sciences comptables
    de l'École des sciences de la gestion de l’UQAM
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  • Moteur - Inscrit
    6 février 2012 14 h 31
    Oh! Une vrille suivit d'un piqué et d'une perte de contrôle!
    Finalement cette réponse est comme du patinage de politicien spécialisé dans les vœux pieux pour pallier au manque d'arguments!

    Des gens veulent faire profiter la société de leur avoir tout en espérant en retirer quelques bénéfices. Nous avons plusieurs secteurs d'activités très dynamiques et on nous répond que sans les entreprises au profil discutable du point de vue éthique, la rentabilité est compromise de façon significative?

    L'argument d'un manque de choix, me parais simpliste et celui des discussions avec les entreprises qui alimentent le questionnement, n'a rien pour me convaincre si je tiens compte du premier argument.
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  • André Lorimier - Inscrit
    6 février 2012 15 h 17
    Desjardins et l'éthique
    On ne peut demander à Desjardins d'être éthique quand on la haute direction rrecherche le profit le plus grand possible et que la présidente d'un mouvement soi-disant coopératif gagne trois millions de dollars par an. Rappelez-vous; en 2011, Desjardins la reçu le titre de meilleure banque au pays..
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  • Jean-Guy Nadeau - Abonné
    6 février 2012 16 h 10
    Maintenant c'et clair. Encore le profit avant tout
    La conseillère principale en investissement responsable au Mouvement Desjardins nous écrit : « Lorsque les membres du Groupe considèrent qu'un placement est à risque pour cause de mauvaise gestion environnementale, ils recommandent au FDE diverses mesures. »

    C’est clair. Desjardins tient compte de la gestion environnementale quand elle pourrait accroître le risque du placement. Et elle appelle ça de l’ « actionnariat engagé ». Ouch ! Gardez la citation, ils risquent de changer le texte.

    On n’a pas compris que des citoyens sont prêts à prendre plus de risques pour avoir un placement vert. Ou, un placement ‘honnête’ sans bullshit, expropriations sauvages, poursuites baillons, refus de payer les dégâts, et j’en passe.
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  • Albert Descôteaux - Abonné
    7 février 2012 00 h 30
    Lâchez les fonds de banques!
    Il n'y a rien de tel que de contrôler ses placements qu'en achetant et gérant soi-même ses actions. Vous décider où vous investissez en accord avec votre éthique et vos principes.

    Desjardins ou n'importe quelle autre banque, c'est du pareil au même. Les états d'âmes des épargnants n'est surement pas la première chose à laquelle pensent les gestionnaires de fonds des institutions financières lorsqu'ils se lèvent le matin. Donc, prenez-vous en main, informez-vous. Claude Chiasson tient une excellente chrinque sur les investissements personnel dans le Devoir du samedi.
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  • Moteur - Inscrit
    8 février 2012 12 h 36
    Répondre à la demande
    @Albert Descôteaux

    On ne peut pas demander de tout le monde d'être mécano alors c'est pour cette raison qu'il existe des forfaits pour l'entretien des autos.

    Proposer de réparer soi-même son auto n'est pas une réponse valable quand le sujet est sur la vente d'un produit qui ne correspond pas a sa description.

    Si il y a une demande pour le placement éthique, la moindre des choses est d'offrir un produit qui correspond a ce critère, ce que Desjardins ne semble pas faire et c'est là qu'il y a un questionnement.
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  • Philippe Denis - Abonné
    29 février 2012 12 h 57
    Desjardins: pourquoi ne pas laissez vos clients choisir?
    En affirmant que le fait d'exclure le secteur de l'énergie exposerait les épargnants à un risque que vous n'êtes pas prêts à faire assumer par vos membres, vous laissez-sous entendre que vos membre ne sont pas capable de faire preuve de jugement et de sens critique.

    Si vous voulez offrir un fonds réellement "vert", établissez sa composition de façon juste et honnête en évitant ces faux compromis, et laissez donc vos membres choisir d'eux-mêmes s'il sont prêts à y investir leur argent.
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