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Analyse - Le nouveau modèle du capitalisme reste à inventer

Le Monde   6 février 2012  Actualités économiques
S’il existe une région du monde pouvant servir de modèle, c’est vers la Scandinavie qu’il faut se tourner, à en croire la présentation faite à Davos par la première ministre du Danemark, Helle Thorning-Schmidt (notre photo), qui a brillamment expliqué que «la prospérité n’exclut pas la solidarité, et que la solidarité n’exclut pas la prospérité».<br />
Photo : Agence France-Presse Georges Gobet
S’il existe une région du monde pouvant servir de modèle, c’est vers la Scandinavie qu’il faut se tourner, à en croire la présentation faite à Davos par la première ministre du Danemark, Helle Thorning-Schmidt (notre photo), qui a brillamment expliqué que «la prospérité n’exclut pas la solidarité, et que la solidarité n’exclut pas la prospérité».
Davos n'est pas, à proprement parler, l'endroit qui reflète le mieux la crise du capitalisme. Ici, tout fleure bon l'helvétisme, dans ce qu'il a de plus achevé: l'opulence et le cocon alémaniques, sécurisés par un brin de rigidité. Même les «indignés» locaux, autorisés à dresser leur iglou à l'entrée de la station de ski pendant la réunion du Forum économique mondial, du 25 au 29 janvier, ont un petit air propret qui tranche caricaturalement avec l'anarchie des camps des «Occupy» américains.
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  • Denis Gobeille - Abonné
    6 février 2012 08 h 04
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    «Depuis des siècles, les hommes ont essayé de gouverner le monde, et ils en ont fait un désastre. Essayons avec l'autre moitié.»

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  • France Marcotte - Abonnée
    6 février 2012 08 h 30
    On cherche, on cherche
    "...le modèle nordique repose sur trois concepts: la confiance, la sécurité et la liberté."
    "Mais ce modèle est-il exportable dans des sociétés où la confiance sociale fait défaut?"

    La confiance sociale? Comment la définit-on? Comment cela peut-il ne pas exister?

    On cherche, on cherche un modèle dit-on. En attendant de "trouver", pourquoi ne pas se pencher sur ce qui, de toute évidence, nuit, détruit.

    "Le Danemark se trouve être le pays qui compte la plus forte présence de femmes dans le monde du travail. L'archevêque Desmond Tutu voit là un début de solution: «Depuis des siècles, les hommes ont essayé de gouverner le monde, et ils en ont fait un désastre. Essayons avec l'autre moitié.»"

    Sans surprise, on garde le plus dérangeant pour la fin.
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  • Roland Berger - Abonné
    6 février 2012 10 h 16
    Dérisoire et illusoire
    Chercher à réinventer le mal qui ronge l'humanité est aussi dérisoire qu'illusoire. Mais il faut occuper la tête de ses victimes à autre chose, pour qu'elle ne voit pas.
    Roland Berger
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    6 février 2012 10 h 17
    L'ancien modèle a la peau dur.
    «Dans les dix années à venir, 300 millions de jeunes vont arriver sur le marché du travail, souligne Ben Verwaayen, p.-d.g. d'Alcatel-Lucent. Il ne suffit plus de sécuriser des emplois. Il faut en créer.»

    Pendant ce temps, des travailleurs de l'usine Rio Tinto Alcan à Alma sont mis en lockout par l'une des plus grosses compagnies minières au monde. White Birch à Québec. ferme parce que les ouvriers ont refusé leurs dernières offres dérisoires. À Montréal Mabe ferme pour se relocaliser ailleurs, peut-être aux USA. Et ça continue. le vieux modèle du capitalisme sauvage, sans âme se maintient en place, malgré la crise, ou peut-être même à cause d'elle, pour en profiter un peu plus. Selon feu Michel Chartrand ces compagnies sont sans âme, asociale et apatride. Ce sont des machines à faire des profits uniquement. C'est ça l'absurde du capitalisme actuel.
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  • Nelson - Inscrit
    6 février 2012 18 h 22
    Plus d'argent, plus de dépenses publiques anti-récession, plus de contrôle de la finance, réduction graduelle des déficits et dettes.

    Et c'est ça que est en train de se passer.

    USA et Europe impriment plus des billets pour sauver les banques, permettre le crédit aux consommateurs, sauver des emplois, sortir et éviter des récessions.

    Parce que sans argent les banques et les gens feraient faillite, et les économies couleraient.
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  • MJ - Inscrite
    6 février 2012 18 h 28
    Même en Allemagne...
    J’entendais ce week-end à la première chaîne de Radio-Canada une entrevue portant sur la précarité du travail, un phénomène social marginal peu connu en Allemagne mais qui prend de l’ampleur. L’Allemagne n’est pas, selon ce que plusieurs en pensent, ce pays monolithique économiquement et prospère pour tous ses citoyens. Il existe aussi des victimes du travail précaire qui deviennent isolées socialement, faute de moyens financiers. Or, on n’entend peu ou pas parler de ces gens car ils ne sont pas dans les statistiques. Un exemple qui peut sembler anodin mais qui est tout de même significatif pour un enfant et son développement socio-affectif: plutôt que d’aller à une fête d’anniversaire d’un camarade de classe, un enfant demeurera à la maison, ses parents ne pouvant se permettre d’offrir un cadeau...
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  • parade21 - Abonné
    6 février 2012 19 h 15
    le capitalisme? Peut-être mais sous haute surveillance
    Laissez le capitalisme à lui-même et il nous emmènera toujours dans la même direction. Des crises économiques successives, plus ou moins importantes et différentes selon les époques. Comment inventer un nouveau capitalisme? Et y a-t-il contradiction dans les termes? Est-ce que nous pouvons véritablement réinventer le capitalisme? Il a sa logique propre. Il faut bien comprendre cette logique qui carbure à l’accumulation sans fin des profits. Profits qu’il ne partage pas au sein des différentes classes sociales. Dès qu’il a pu trouver une nouvelle source d’accumulation, fondée sur l’exploitation des travailleurs, il n’a pas hésité un seul instant. Il s’est déplacé en Chine, en Inde, en Afrique ou en Amérique latine. Il y a trouvé un bassin de main-d’œuvre à bon marché ou meilleur marché que celle de l’Amérique du Nord ou de l’Europe de l’Ouest. Toutes les luttes syndicales des travailleurs seront bientôt choses du passé si nous n’intervenons pas pour calmer l’appétit systémique du capitalisme.

    Une taxe sur les transactions financières serait déjà un pas dans la bonne direction. Et un observatoire permanent du capitalisme serait aussi une voie à explorer. L’État a encore de beaux jours devant lui. Mais un État sous le contrôle démocratique des peuples et des nations pas sous la domination du capitalisme et de ses serviteurs.

    Le politique doit dominer l’économique. Pas le contraire.
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