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CGI a aiguisé son appétit

La multinationale québécoise se remet en mode acquisition après avoir bien digéré celle de l'américaine Stanley

Michael Roach et Serge Godin, respectivement chef de la direction et président exécutif de CGI.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Michael Roach et Serge Godin, respectivement chef de la direction et président exécutif de CGI.
Ayant bien intégré sa plus récente acquisition, l'américaine Stanley, la firme de services informatiques CGI est prête à prendre une nouvelle bouchée cette année.

Serge Godin, cofondateur de la multinationale montréalaise, a souligné hier que les prix des entreprises ont rarement été aussi bas. «Ça annonce deux ou trois ans de consolidation dans notre industrie et comme on n'a jamais voulu être sur le menu, on est en position de lire le menu», a lancé M. Godin dans une entrevue accordée à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires.

Il ne faut donc pas voir dans la décision de CGI de renouveler son programme de rachat d'actions, annoncée hier, une intention de mettre la pédale douce sur les acquisitions. «Notre stratégie a toujours été double [rachat d'actions et investissements dans la croissance], a rappelé l'homme de 62 ans. C'est une belle façon de gérer le risque en matière de développement.»

Pour ses prochaines acquisitions, CGI entend cibler le marché commercial américain et l'Europe. Pour l'instant, l'entreprise ne tire que 6 % de ses revenus du Vieux Continent. Stanley, acquise en 2010 pour 1 milliard, est surtout présente dans le marché gouvernemental américain. «La priorité aujourd'hui, c'est le premier qui sera à vendre [aux États-Unis ou en Europe]», a déclaré Serge Godin.

Pour réaliser des acquisitions, CGI dispose d'une cagnotte de 1,25 milliard, dont 64 millions en liquidités.

Entre-temps, CGI poursuit sa croissance au Québec. Au cours des prochains mois, la firme prévoit embaucher de 500 à 1000 employés à Montréal, Québec, Saguenay et Sherbrooke grâce à l'obtention de nouveaux contrats canadiens et internationaux. CGI emploie actuellement quelque 7500 personnes au Québec. «Si on gagne un contrat d'impartition informatique avec une grande banque à New York, des emplois sont créés ici», a illustré M. Godin. Il y a quelques mois à peine, pourtant, CGI a licencié 200 personnes, ce qui lui avait coûté 11,4 millions en indemnités de départ.

Serge Godin s'est par ailleurs prononcé hier sur la récente controverse entourant le français comme langue de travail au Québec. On avait alors appris que des vice-présidents de la Banque Nationale et d'Ivanhoé Cambridge ne maîtrisaient pas le français. Or, le p.-d.g. de CGI, Michael Roach, ne parle pas la langue officielle du Québec. «Les activités au Québec, ça se passe toujours en français», a insisté M. Godin. «Je n'ai jamais demandé à Michael Roach de parler français parce que je suis là [à titre de président exécutif du conseil d'administration]», a-t-il ajouté.

Au cours de son premier trimestre, qui a pris fin le 31 décembre, CGI a enregistré des profits nets de 106,5 millions (40 ¢ par action), en chute de 15,9 % par rapport aux 126,7 millions (45 ¢ par action) dégagés pendant la même période de l'an dernier. Les revenus ont reculé de 5,6 % pour atteindre 1,03 milliard. La baisse du bénéfice net découle en partie d'un redressement fiscal favorable inscrit l'an dernier alors que la diminution des revenus s'explique principalement par la fin de contrats et la cession de la participation de CGI dans la firme québécoise CIA.

Pendant le trimestre, CGI a signé pour 1,39 milliard de dollars de nouveaux contrats, ce qui est supérieur à la période correspondante de l'an dernier et aux attentes des analystes. À la fin décembre, le carnet de commandes de CGI se chiffrait à 13,6 milliards, contre 13,5 milliards trois mois plus tôt.
 
 
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